De feu et de glace - L'intégrale
Maddie
Je lui fais signe d’avancer vers la porte hydraulique. J’entends dans mon écouteur, la voix de Cole qui nous assure qu’il n’y a plus aucun homme à l’extérieur. S’il reste des hommes du gang, ils devraient se trouver dans le tunnel.
Franck me fait signe puis d’un commun accord, nous ouvrons la porte sans effort avant de suivre les rails dans la pénombre. Je place mes lunettes à infra-rouge pour repérer d’éventuels hommes puis nous avançons.
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Maddie
Je slalome entre les voitures sur l’autoroute. Ce matin, la circulation est particulièrement dense. La radio émet une musique rythmée que je suis en tapant des doigts sur le volant. Je dois rejoindre ma mère à la maison familiale pour établir avec elle, les derniers points pour la décoration que Lisea et moi avons imaginée pour le bal de charité puisque nous avons eu carte blanche pour établir le thème général.
La musique fait place ensuite aux informations californiennes :
« Un important réseau de trafiquants de drogues a été appréhendé cette nuit. Un tunnel reliant Tijuana au Mexique à San Diego a été découvert. Long de 536 mètres, il comprenait un système sophistiqué d’acheminement fait de rails électriques et de portes hydrauliques. Les forces de police ainsi que la DEA ont trouvé huit tonnes de marijuana et plus de cent quarante kilos de cocaïne dans le tunnel… ».
Entendre les informations relater ce genre de nouvelle, me fait tout de suite penser à Svet et à ses parents. Un frisson s’empare de moi et je change de radio jusqu’à ce que la musique envahisse de nouveau l’habitacle de la voiture.
J’arrive très vite dans le quartier où vit ma mère et je me gare derrière sa voiture. Susan n’a pas l’air d’être là, ce qui me donne le sourire. Je ne tiens pas réellement à la voir. Je sonne à la porte et c’est Marisa qui m’accueille.
– Bonjour Maddie, comment vas-tu ?
– Très bien, merci Marisa. Sais-tu où se trouve ma mère ?
– Elle est dans son bureau, plongée jusqu’au cou dans les préparatifs.
Je longe le couloir avant de frapper à la porte de son bureau. J’ouvre et je la trouve au téléphone avec un fournisseur.
– Oui, je veux que tout soit livré à la salle dès le vendredi. Il y aura du personnel pour vous réceptionner. Très bien.
Ma mère lève les yeux et me sourit avant de raccrocher.
– J’ai un boulot monstre, j’espère que tu ne viens pas me dire que tu te désistes, la matinée a commencé sur l’annulation du groupe de musique.
– Oh zut, j’espère que tu retrouveras très vite un autre groupe. Et Susan, où est-elle ?
Ma mère soupire puis grogne :
– Elle m’a laissé tomber, elle dit ne pas avoir la force en ce moment de m’aider à ce projet. Je crois qu’Hugo doit lui monter la tête comme elle continue de nous fréquenter.
– Pfff, même en prison, il arrive à dicter la conduite de sa mère, je siffle d’une voix dure.
– Oui, c’est terrible. J’ai peur qu’elle plonge dans la déprime avec tout ça, bref, dis-moi que tout est bon de ton côté ?
– Oui, tout est en règle, il ne manque plus que les fleurs, je vais les commander dès cette après-midi.
Je l’observe, détaillant ses traits. Elle semble fatiguée et je le lui fais remarquer :
– Tu sembles à bout. Tu dors bien ?
– Oui ma chérie, ne t’en fais pas. C’est juste que je me retrouve toute seule pour tout gérer.
– Dis-le-moi si tu as besoin d’aide, je le ferai avec plaisir et je suis même sûre que Lisea serait contente que tu lui demandes de l’aide.
– C’est gentil mais ça va aller. J’aurai plus besoin de votre aide samedi pour tout installer et gérer les arrivées de commandes et noter qu’ils sont bien tous venus.
– On le fera, ne t’en fais pas. Nous serons sur le pont dès samedi matin.
– Merci ma puce. Allez viens, allons prendre un café dans la cuisine. Marisa a fait des craquelés au citron pour ta venue.
– Quelle perle Marisa !
Ma mère sourit avant de déclarer :
– Oh oui, je ne pourrais pas faire sans elle.
Lorsque je quitte ma mère, je retourne à l’agence. Lisea étant en rendez-vous pour la matinée, je décide d’aller choisir les fleurs pour le bal de samedi.
Gavin m’accueille d’un gentil sourire.
– Maddie, que fais-tu ici ?
– Je suis venue te passer commande pour samedi prochain. J’aurai besoin d’une trentaine de bouquets dans les tons blancs avec quelques ornements bleus.
Dans son élément, Gavin regarde autour de lui les différentes fleurs disposées puis me demande :
– Tu as des préférences ? En bleu, je peux te proposer des Ancolie, des crocus, des volubilis, même des orchidées.
Cette idée me plaît, j’aime beaucoup les orchidées.
– Pourquoi pas des orchidées. Ce sont de belles fleurs.
– Oui c’est une plante très en vogue et qui, avec des soins particuliers et une bonne exposition peut vivre des mois.
– Parfait, essaye d’accorder des orchidées avec d’autres fleurs, je veux des bouquets de taille moyenne.
– Où faut-il te livrer les bouquets ?
– Au grand Hyatt. Adresse la facture au nom de Moira Spindler.
Gavin se dirige vers la caisse du magasin et note les informations.
– À plus tard Gavin et merci.
– De rien Maddie, c’est avec plaisir.
Je quitte le magasin et retourne à l’agence.
Je suis sur le point d’y entrer quand un homme m’interpelle.
– Madame Spindler ?
Je me retourne et trouve un livreur de colis juste derrière moi.
– Oui, c’est bien moi.
Le livreur me tend une boîte de taille moyenne ne me donnant aucun indice de ce que cela peut être.
– Veuillez signer le reçu s’il vous plaît.
Je signe le feuillet avant d’entrer dans l’agence, le colis ne pesant pas bien lourd sous le bras.
Je trouve un cutter sur le bureau et j’ouvre le colis. J’y trouve une enveloppe portant mon nom. Je hausse un sourcil.
Je lis le petit mot :
« Voici un petit quelque chose. Alessandro. »
Cet homme ne lâche rien. J’ouvre la boîte qui se trouve au fond du colis et j’y découvre un collier de toute beauté venant tout droit de chez Tiffany.
Une chaîne en fin maillon d’or blanc avec un pendentif en forme de clef agrémenté de diamants.
Je suis sûre que ce collier est comme une question masquée. Puis-je accepter ce cadeau ? Si je le mets, n’est-ce pas une autorisation de le laisser me séduire ?
Je ne peux résister à le glisser autour de mon cou. La clef tombe juste avant le creux de ma poitrine.
– Alors, il te plaît ?
Surprise, je me retourne. Alessandro est sur le pas de la porte, grand et extrêmement beau en costume trois pièces, un sourire fend son visage quand il remarque le collier autour de mon cou.
– Je… je l’essayais juste mais…
– Mais il va y rester. Je trouve qu’il te va parfaitement au teint, tu es magnifique ainsi. Tout homme digne de ce nom devrait te couvrir de bijoux et de fleurs.
– Ah non, ne commence pas Alessandro.
Il s’approche de moi et tend une main pour caresser ma joue avec tendresse.
– Si tu voulais bien me laisser t’approcher et te montrer combien tu comptes pour moi…
– Alessandro, dis-je comme à regret.
– Je sais, tu aimes Svet mais où est-il Maddie ?
– C’est un coup bas, je lâche tout bas en reculant d’un pas laissant la main d’Alessandro en suspens.
– Excuse-moi. C’est maladroit de ma part. Je ne sais jamais comment me comporter face à toi. Tout serait plus simple si ton cœur était libre. Peut-être que tu me remarquerais.
Mon cœur se serre en entendant ses paroles. Je sais qu’il a des sentiments pour moi mais il est difficile pour moi de tourner le dos à mon amour pour Svet même s’il ne le mérite pas.
– Je vais te laisser, dit-il en se tournant pour partir.
J’hésite d’un quart de seconde avant de lui demander d’une voix fébrile :
– Serais-tu libre samedi pour m’accompagner à un bal de charité ?
Les épaules d’Alessandro se tendent sous sa veste puis il se retourne avant de me fixer dans les yeux comme pour être sûr de mon invitation.
Un sourire étend ses lèvres puis il hoche la tête.
– Avec plaisir.
Il s’avance vers moi et dépose un léger baiser sur ma joue m’envoyant des ondes assez plaisantes à mon grand étonnement. Que m’arrive-t-il ?
Alessandro remarque mon émoi car son regard se fait plus brûlant. Il ne peut s’empêcher de caresser ma nuque que ma queue de cheval à libérée.
Comme s’il ne voulait pas rompre cet instant par une parole malheureuse, il recule puis d’un petit sourire, il quitte l’agence, me laissant seule, debout et perdue.
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