De feu et de glace - L'intégrale

Adeline Alexandre · Chapitre 15 sur 126

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De feu et de glace - L'intégrale

Lisea

Il est près de 17 heures lorsque Maddie me dépose à l’orée de la forêt. J’ai passé une excellente après-midi avec elle et j’ai hâte que l’on se revoie la semaine prochaine.

– C’est bon pour toi, alors ?

– Oui, je serai là à la même heure, ça m’a fait un bien fou de te voir Maddie. Tu es toujours aussi folle dingue et je suis contente de t’avoir retrouvée.

Maddie me serre contre elle et murmure tout bas :

– Si tu as le moindre souci, appelle-moi. Tu n’as pas tari d’éloges sur ce fameux N.J, mais prends garde quand même, il est plus âgé que toi.

– Je ne suis pas naïve, je sais que cette histoire est loin d’être simple et il n’y a que l’avenir qui nous dira si j’ai fait le bon choix.

Maddie soupire et je sors de la voiture, lui faisant de grands signes jusqu’à ce qu’elle disparaisse.

Je pousse un soupir de soulagement, il est encore tôt. J’ai le temps de me changer et de trottiner quelques kilomètres avant le retour de N.J.

Je me change derrière un arbre puis me mets à courir, le sac à dos sur mes épaules. Je suis contente de moi, j’ai récupéré mes quelques affaires et surtout ma carte d’identité.

Lorsque je sens que je transpire bien, je reprends la direction de la maison en espérant que l’heure tardive n’aura pas inquiété Maria.

Au portail, je me fige, je sens au fond de moi un malaise, l’orage menace au loin et il est temps que je rentre avant que la pluie n’arrive.

J’ouvre la porte d’entrée et monte rapidement l’escalier pour rejoindre la chambre.

Lorsque j’ouvre la porte, je me retrouve face à N.J qui affiche un air si calme que je me pétrifie sur place. Je sens qu’il bout à l’intérieur de lui, sa mâchoire est crispée et ses yeux sont d’un vert si prononcé qu’un éclair de peur me traverse et je sens que je vais passer un mauvais quart d’heure.

Malgré sa fureur sous-jacente, je ne peux m’empêcher de l’admirer. Il a enlevé sa veste de costume et remonté les manches de sa chemise comme s’il était déjà prêt à combattre. Il est si beau que je fonds devant lui, admirant la courbe de sa mâchoire, ses cheveux bruns coupés court si disciplinés. N.J est impressionnant et je baisse les yeux avant de commencer :

– Je sais, j’arrive tard, mais je pensais que tu ne finissais qu’à 18 heures. Je vais me doucher, je viens de courir.

Je relève la tête et N.J ne bronche toujours pas. Je m’avance alors vers lui et dépose sur ses lèvres un léger baiser avant de reculer.

– Lisea, prononce-t-il d’une voix doucereuse.

– Oui ?

– Où étais-tu passée ?

À peine j’ouvre la bouche pour lui répondre, qu’il me coupe brutalement et gronde d’une voix basse et dangereuse :

– Et je veux la vérité.

Mes jambes se mettent à trembler et je recule pour m’asseoir sur le bord de la méridienne. Je passe mes mains sur mon visage pour reprendre du courage pour l’affronter, car la discussion risque d’être houleuse et je crains fortement sa réaction, car je sais que sous la carapace de l’homme posé se cache un feu qui ne demande qu’à se propager.

Je relève courageusement la tête et lui avoue :

– J’ai passé l’après-midi avec Maddie. Je devais récupérer mes papiers d’identité laissés chez elle. C’était juste pour ça, je te le jure.

Il me regarde et crie soudainement :

– Tu crois que je vais te croire ? Elle pouvait très bien les déposer ici sans que tu ne partes avec elle. Bon sang, Lisea, je te faisais confiance.

Furieuse, je me lève de la méridienne et hurle à mon tour :

– Je n’ai pas à me justifier, je peux très bien partir en ville sans que cela ne tourne au drame. J’en ai marre de rester enfermée ici, je veux vivre, je veux sortir… Je n’ai que dix-huit ans. Que faisais-tu à cet âge ?

– Je travaillais dur, je faisais des études, siffle-t-il entre ses dents. Ça ne justifie pas ton comportement, tu sembles oublier quelque chose Lisea. Où serais-tu à l’heure actuelle si je ne t’avais pas ramassée dans cette forêt. Tu crois que tu serais où Lisea ?

Je me masse la tête sentant poindre une migraine, mais je ne me laisse pas faire et déclare d’une voix morne tout en le regardant :

– Je serais certainement morte.

N.J s’avance d’un pas, le regard indéchiffrable et souffle d’une voix plus calme :

– Bon dieu, Lisea. Je ne voulais pas en arriver là. J’espère bon sang, que tu serais saine et sauve. Je tiens à toi, énormément. Je sais que je peux être sévère.

– Et très autoritaire, je lâche en opinant de la tête.

N.J passe sa main dans ses cheveux et réplique :

– C’est pour ton bien, tu en as besoin. Il te faut des règles et des limites pour ne pas que tu fasses de bêtises. Tu es si jeune, je ne veux pas qu’il t’arrive quoi que ce soit. Je ne veux pas t’empêcher de vivre, loin de moi cette idée, mais je veux être averti de tes projets. Je ne connais pas ton amie, je ne peux pas lui faire confiance pour veiller sur ta sécurité.

– Je l’ai connue bien avant toi. C’est une fille super et tu peux lui faire confiance. N.J, j’ai passé une si belle journée, ne gâche pas tout s’il te plaît.

N.J s’approche de moi et prend mon visage en coupe, caressant doucement mon menton.

– Tu es à moi Lisea. Sache-le.

Il se penche sur moi et envahit ma bouche de sa langue gourmande. Il s’impose pour me prouver son ascendant sur moi et bien que la conversation ne soit pas finie, je me laisse envahir par sa douceur.

Il quitte ma bouche et me regarde d’un air conquérant, sûr de son pouvoir sur moi.

– Tu me laisseras la voir ?

Il grogne et reprend ma bouche tout en glissant ses mains sur mes fesses, les caressant avec ardeur.

Je gémis tout bas et me laisse faire, je n’ai aucune volonté. Il est si attirant et je l’aime tellement.

J’écarquille les yeux en prenant conscience que ce qu’il y a entre nous ne peut pas être que du sexe. Je suis si liée à lui lors de nos ébats qu’il est certainement plus qu’un partenaire sexuel. Je l’aime, mon cœur se met à battre si vite que ma tête se met à tourner.

– Oh N.J, prends-moi.

Il s’écarte brusquement de moi et déclare d’une voix rauque :

– Seulement si tu me promets de m’écouter à l’avenir et de m’obéir.

– Oui, mais je ne veux plus être prisonnière de cette maison, je veux pouvoir sortir d’ici et voir du monde.

– À deux. Nous sortirons à deux…

Je fronce les sourcils et soupire d’agacement.

– Jusqu’à ce que je retrouve confiance, mais Maddie pourra venir quand elle le souhaite tant que vous restez sur la propriété.

J’avale ma salive, contente d’avoir gagné une partie de la bataille. Je sais qu’il me faudra du temps avant d’avoir une totale liberté, mais je suis amoureuse de lui et tout ce qui compte à présent est d’être avec lui.