De feu et de glace - L'intégrale

Adeline Alexandre · Chapitre 4 sur 126

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De feu et de glace - L'intégrale

Chapitre 3

 

Lisea

Après s’être retiré de moi, il s’est éclipsé dans la salle de bains me laissant seule avec une douleur cuisante entre les cuisses. Je me recroqueville en chien de fusil me couvrant de la couette.

Un sanglot remonte le long de ma gorge et avant que je ne puisse me retenir, les larmes se mettent à couler sur mes joues comme un torrent.

Je ne sais plus où j’en suis et ce que mon avenir me réserve après cela.

Que compte-t-il faire de moi ? Jouir de mon corps lorsque l’envie lui prendra ?

En pleine réflexion, les larmes sur mes joues, je sens le matelas qui s’affaisse à côté de moi. Je ne l’ai pas entendu sortir de la salle de bains.

– Pas la peine de te cacher sous la couette Lisea.

Il tire dessus et me découvre les yeux brillants, la goutte au nez.

Ses yeux me sondent pendant quelques secondes avant qu’il ne soupire.

– C’est douloureux la première fois ma douce, c’est normale. Mais la prochaine fois, ça te fera du bien, je te le promets.

Je hausse les sourcils, dubitative. S’il pense que je vais le croire, il se fourre le doigt dans l’œil.

– Bien sûr, je vous crois. Je ne sens plus rien entre mes jambes, à part l’impression d’être passée sous un rouleau compresseur, dis-je avec hargne.

– Tu verras bien par toi-même. Écarte les cuisses maintenant.

Je roule des yeux ne sachant pas ce qu’il me veut. Je resserre au maximum mes cuisses ne voulant pas qu’il me touche une seconde fois, puis je me rends compte qu’il s’est rhabillé.

– Pourquoi êtes-vous habillé ?

Son visage jusque-là sérieux s’éclaire d’un sourire malicieux.

– Aurais-tu déjà envie d’un second round tout de suite ?

Je bredouille un « non » instantanément, puis j’aperçois dans sa main un gant de toilette et une serviette. Je fronce les sourcils en signe d’incompréhension.

– Ça y est, tu as compris ? Allez, laisse-moi m’occuper de toi. Si tu refuses, je vais devoir sévir et cette fois, ce sont tes fesses qui seront endolories.

Ne voulant pas le provoquer, je me détends légèrement, me mets sur le dos puis écarte les cuisses de quelques centimètres.

– Encore.

Il commence à perdre patience, je le sens, alors j’écarte les jambes et pose l’un de mes bras sur mes yeux. Je ne veux pas voir ce qu’il va faire, c’est si intime, si indiscret.

Je l’entends glousser avant de sentir le gant de toilette tout chaud là où ma chair est si sensible.

– Tu es un peu irritée. Je te laisserai tranquille ce soir, ne t’inquiète pas. Cependant, je reprendrai ton éducation dès demain.

Il finit de me nettoyer et me sèche délicatement l’entrejambe avec la serviette. Je baisse mon bras au moment où ses lèvres embrassent mon mont de vénus d’une façon si intime que je ressens malgré tout une pointe de désir au creux de mon ventre.

Il me fixe avec une telle expression de vénération à cet instant que je cligne des yeux, surprise, mais lorsque je le regarde à nouveau, ses yeux sont redevenus comme avant, espiègles et autoritaires à la fois. Le mystère autour de cet homme s’épaissit de plus en plus. Et à cet instant, je me doute que je ne suis pas au bout de mes surprises.

– Habille-toi, il est l’heure de manger, annonce-t-il en se levant du lit.

Je me redresse alors très vite ne voulant pas rester une minute de plus dans ce lit où je viens de perdre ma virginité.

N.J me sourit comme s’il avait deviné mon impatience de quitter cette chambre à l’abri de ses assauts sexuels.

J’enfile la robe rouge et chausse les escarpins parfaitement à ma taille, me demandant comment il a fait pour savoir mes mensurations.

– Comment cela se fait que l’armoire est remplie de vêtements à ma taille ? je ne peux m’empêcher de demander.

Il ne me répond pas et à la place, il ouvre la porte de la chambre, dévoilant un couloir éclairé par des LED incrustées dans le plafond.

– Allons-y, me lance-t-il. Après toi.

Je sors alors de la chambre pour la première fois depuis mon arrivée.

N.J me devance et je descends les escaliers de la villa à sa suite en ralentissant pour admirer les lieux. C’est une maison très luxueuse et bien entretenue. Bizarrement, je m’y sens bien.

Il me fait entrer dans une salle à manger et me fait asseoir à sa gauche tandis qu’il s’installe en bout de table.

Une dame d’un certain âge s’avance alors et dépose deux assiettes fumantes me donnant l’eau à la bouche.

Je ne me souviens pas le vrai dernier repas que j’ai pris depuis ma mésaventure dans la forêt, je suis en manque total de repères.

– Merci Maria, murmure gentiment N.J à la gouvernante tout en se tournant vers moi, l’air interrogateur.

Je balbutie un « merci » et Maria me regarde, un doux sourire aux lèvres.

Je goûte alors une première cuillère de gaspacho à la tomate et c’est une explosion de saveurs en bouche.

– C’est délicieux avec cette boule de glace au melon, dis-je d’une voix douce.

– Oui, c’est vrai, Maria est un véritable cordon bleu, tu pourras lui donner tes préférences en matière de cuisine, elle se fera une joie de te faire plaisir.

J’écarquille les yeux de surprise, je suis décontenancée par sa gentillesse. Je lui souris timidement et il me sourit en retour. Je commence alors enfin à me détendre pour profiter pleinement du repas.

Après le dessert constitué d’un moelleux au chocolat et d’une boule de glace à la vanille, N.J me conduit au salon pour le café. Je choisis le canapé, espérant qu’il prenne le fauteuil mais il me rejoint en collant délibérément sa cuisse contre la mienne, me mettant mal à l’aise malgré ce qui s’est passé à l’étage en début de soirée.

– Que se passe-t-il Lisea ? Le canapé n’est-il pas à ta convenance ?

– Hum… si bien sûr N.J, je suis désolée, mais je…, je m’interromps brusquement et il m’encourage à poursuivre en touchant mon genou d’une main douce.

– Vas-y, je t’écoute.

– Je… Voilà, je ne sais pas ce que vous attendez de moi. J’ai comme l’impression que vous voulez que je me comporte comme votre compagne alors que vous ne me connaissez que depuis ce matin.

– Oui en effet, je te considère comme telle, à part si ton comportement change. Si tu m’obéis comme il faut, tu auras tout ce que tu désires.

– Obéir à quels ordres ? je murmure en le regardant dans les yeux, essayant de deviner ce qui se cache derrière cet air affable.

– Tu le sauras bien assez tôt, mais tu dois bien en avoir une petite idée, non ?

Je baisse les yeux sur la main qui me caresse le genou et grimace légèrement.

– Oui, j’en ai une vague idée.

– Tu parais rebutée par le sexe, mais sache qu’à terme, tu me supplieras de t’accorder le droit de me toucher. Ne sois pas étonnée, je suis sûr de ce que je te dis.

– Pourquoi moi ?

– Pourquoi pas toi ? Tu es belle, intelligente et surtout, tu es seule au monde.

La colère m’envahit et je crache alors d’une voix plus grave qu’à l’accoutumée :

– Plus malléable, car il n’y a personne à l’extérieur pour m’aider ? C’est cela que tu veux dire.

Une vague de panique me submerge, je me sens comme étouffée dans cette maison qui au premier abord me rassurait. Haletante, le corps battant à tout rompre dans ma poitrine, je me lève d’un bond et m’enfuis à toutes jambes vers la porte d’entrée.

Je ne peux rester une minute de plus dans cette maison. N.J me fait peur, il sait déjà d’avance comment je me comporterai avec lui, comme s’il m’avait déjà cernée et qu’il s’amusait de mes réactions. J’ai comme l’impression qu’il a toujours un coup d’avance sur moi, qu’il sait ce que je vais dire ou faire.

Même là, alors que je suis sur le pas de la porte prête à m’enfuir, il lève à peine un sourcil comme si cela ne l’effrayait pas que je sois sur le point de partir.

Lorsqu’il avance d’un pas tranquille vers moi, le visage impassible, je commence à douter du bien-fondé de mon plan : m’enfuir. Je ne sais même pas où nous sommes. Malgré la peur qui me tenaille, je m’élance vers la liberté et me mets à courir sur mes fichus escarpins. Je m’arrête un instant et les enlève avant de reprendre ma course folle vers l’extérieur. L’air est moite, j’entends l’océan non loin de là, ce qui me rassure. La propriété de N.J donne sur une partie privative jouxtant l’océan, je passe un portillon laissé ouvert et me précipite vers la plage.

Lorsque je foule le sable fin, je me sens si bien que je ralentis et me mets à marcher, me sentant enfin mieux. Si ça avait été la veille, je me serais sans regret précipitée vers la mer pour enfin me noyer et disparaître, mais quelque chose me retient à présent. N.J, c’est à cause de lui, car malgré ce qu’il m’oblige à faire, cela ne mérite pas que je mette fin à mes jours.

Je comprends enfin que la vie vaut la peine d’être vécue.

Je me tourne vers la maison, N.J est à quelques pas de moi attendant quelque chose de ma part. Il me dévisage avec inquiétude et malgré la pénombre de la fin de journée, je lis sur son visage de la compassion et peut-être même de la tendresse.

Sur mes jambes flageolantes, je fais un pas dans sa direction puis tombe à genoux juste devant lui. Je relève la tête et le regarde dans les yeux.

– Aide-moi, je ne veux plus redevenir celle que j’étais avant d’arriver ici.

Il avance la main vers mon visage et passe ses doigts sous mon menton. J’ai du mal à distinguer ses traits, le soleil étant presque couché, mais je sens l’intensité de notre échange et je sais ce qu’il attend de moi. Je prononce d’une voix basse :

– N.J, je suis à toi mais je te conjure de ne pas me faire de mal.

Je l’entends soupirer comme s’il avait retenu sa respiration tout ce temps. Il m’attrape par les aisselles et me relève, il me prend dans ses bras, enfouissant sa tête dans le creux de mon cou, m’envoyant des pics d’électricité dans tout le corps. Même si mon esprit me commande de faire attention, mon corps sait ce qu’il veut et c’est N.J.

– Viens rentrons, dit-il avec douceur. Il fait frais dehors.

Il me prend d’autorité par la main et nous reprenons le chemin de la maison sans dire un mot. Nous montons les marches menant au premier étage. N.J s’arrête devant la porte de ma chambre, me place dos à la porte et d’une main prend mon visage en coupe.

– Préfères-tu dormir seule ce soir ?

J’hésite, ma tête me commande de refuser mais mon cœur me persuade que je fais le bon choix. Je murmure d’une façon inaudible :

– On ne ferait que dormir ?

Il me fixe, une lueur indéchiffrable au fond des yeux.

– Oui, nous avons tous deux besoin de repos. Allez viens Lisea, tu as l’air exténuée.

Il me décale sur le côté et ouvre la porte de la chambre.

N.J se dirige vers la salle de bains et je profite d’être seule pour chercher dans l’armoire quelque chose pour dormir. Hors de question de rester en simple culotte pour dormir, je ne suis pas folle, je ne vais pas tenter le diable. Je ne veux pas qu’il change d’avis. J’ai juste envie de me blottir dans le lit et de dormir.

Je trouve avec bonheur un legging et un petit débardeur qui suit. Je les enfile et me précipite dans le lit. Je ferme les yeux et essaye de dormir ou tout au moins je fais semblant avant son retour.

Je ne suis pas longue à attendre. Il éteint les lumières et me rejoint dans le lit. Il glisse une main pour me toucher, elle heurte mon abdomen. Il me tire soudainement à lui me mettant en position de la cuillère et je sens tout contre mon dos et mes fesses, son torse musclé et chaud.

– Pas la peine de faire semblant de dormir, murmure-t-il tout contre mon oreille.

Il passe sa main sur mon ventre et tire légèrement le tissu de mon débardeur avant de continuer d’une voix suave :

– Et ça, je n’en veux pas. Dès demain, je te veux complètement nue pour te coucher.

Sa phrase n’attend pas d’approbation de ma part et je soupire avant de fermer les yeux. Je me sens vite dériver et m’endors rapidement.

 

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