De feu et de glace - L'intégrale

Adeline Alexandre · Chapitre 17 sur 126

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De feu et de glace - L'intégrale

Chapitre 7

 

Lisea

Dans la salle de bains, je suis sur le point de prendre ma douche lorsque je sens mon poignet gratter. Maddie m’a demandé ce que j’avais fait à mon poignet, j’ai changé de sujet la rendant encore plus soupçonneuse. Je l’ai vue le regarder plusieurs fois en fronçant les sourcils.

Je pousse un soupir et enlève le bandage. Lorsque N.J me rejoint dans la salle de bains, je lui demande s’il peut m’enlever les fils.

– Ça me gratte atrocement.

N.J s’approche de moi et s’empare délicatement de mon poignet.

– C’est normal que ça gratte, cela veut dire que ça cicatrise. Assieds-toi là, je vais m’en occuper.

Je m’assois sur la chaise et le regarde à moitié nu, prendre la trousse de secours dans le placard.

Il s’accroupit ensuite près de moi et à l’aide d’une paire de ciseaux chirurgicaux, enlève les fils, laissant une cicatrice nette. Il ne reste plus qu’un fin trait rouge qui s’estompera avec le temps.

– Merci N.J. Je ne t’ai même pas demandé si c’est toi qui m’as fait ces points de suture ou si tu as fait appel à un médecin.

N.J se redresse et me tourne le dos pour nettoyer la paire de ciseaux.

– C’est moi.

Je regarde ma cicatrice puis fronce les sourcils.

– Comment as-tu appris à faire ça ?

Il se retourne vers moi et plisse les yeux avant de répondre :

– Quelle curieuse… J’ai appris dans les forces spéciales. J’étais un peu l’infirmier de service et donc refermer une plaie est l’une des premières choses que j’ai apprises.

– Raconte-moi un peu ce que tu faisais.

Il pousse un soupir et m’explique d’une voix basse :

– Mon boulot principal était de les préparer au combat, je les aidais à occulter leur humanité pour pouvoir abattre un homme sans hésitation. Tu sais dans ce genre de mission, c’est le premier qui tire qui gagne. J’arrivais à entrer dans leurs esprits grâce à une relaxation précise pour qu’ils deviennent encore meilleurs.

Je me lève et m’approche de lui en le voyant, perdu dans ses pensées.

– Tu as fait quel genre d’études N.J ?

Il déglutit et me fixe dans les yeux avant de chuchoter tout bas :

– Des études de psy.

Je manque de m’étouffer puis un voile se glisse devant mes yeux. Je me retiens au rebord du lavabo et lève les yeux vers lui, furax.

– Tu es psy ? Putain de merde.

N.J secoue la tête et s’empare de mon bras pour que je l’écoute.

– Non, je ne le suis pas, enfin… Je ne le suis plus.

Je fulmine et je bégaye presque.

– Je suis donc là pour ça. Je suis une expérimentation pour toi ? Ton cas numéro untel ?

– Non pas du tout, calme-toi ma puce, tu dis n’importe quoi.

Il s’avance vers moi et pose ses mains sur mes épaules.

– Tu es ici parce que je tiens à toi depuis le premier jour. Tu n’es en aucun cas une expérimentation. Je suis à présent chef d’entreprise, j’ai toute une équipe qui met au point de nouvelles technologies au service de l’État. Je ne suis plus le même homme qu’il y a cinq ans.

Je recule pour mettre de la distance entre nous pour pouvoir analyser ses révélations sur son ancienne activité.

– Donc, le fait que tu m’amènes ici n’a jamais été dans le but de me psychanalyser ? Pourquoi tiens-tu à moi, tu es bien placé pour voir que je suis faible psychologiquement. Putain, je me mutilais il y a encore une semaine de ça et ça n’a pas pesé dans la balance ?

N.J me dévisage, me scrutant pendant un long moment, comment ai-je pu ne pas voir ce regard si spécial ? Il lit en moi depuis le début. Je sais au fond de moi qu’il utilise ses compétences avec moi. Et pourquoi ne le ferait-il pas ?

– Arrête Lisea. Tu ignores les raisons de ton arrivée ici et je te les dirai plus tard. Sache que je n’ai utilisé mes compétences que pour mieux te comprendre et soigner ton poignet. Je ne t’ai jamais psychanalysée, ça fait bien longtemps que je ne l’ai pas fait, s’exclame-t-il en passant sa main sur son visage.

– Ok, admettons, dis-je en soupirant.

Il s’approche de moi et m’embrasse tendrement. Il me prend dans ses bras et me câline pendant un long moment, comme s’il ne voulait plus me lâcher.

– Je tiens à toi Lisea, je t’adore. Fais-moi confiance ma puce.

Je m’écarte de lui et murmure tout bas :

– Pourquoi ai-je l’impression que tu sais tout de moi alors que moi, je ne sais rien de toi, même pas ton véritable prénom ! On couche ensemble et…

– Nathan Jensen. Quoi d’autre ? débite-t-il d’une traite en me coupant.

Je reste suspendue à ses lèvres, n’en croyant pas mes oreilles qu’il accepte enfin de se dévoiler.

J’en profite pour continuer :