De feu et de glace - L'intégrale

Adeline Alexandre · Chapitre 59 sur 126

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De feu et de glace - L'intégrale

Lisea

– Il faut que l’on soit plus malin que lui, décrète Svet en reprenant une contenance malgré la froideur de ses yeux bleus, si clairs.

– Je sais comment, j’achève en sentant brusquement une poussée d’adrénaline m’envahir.

****

Lisea

Je suis réveillée par des voix d’hommes passablement en colère et plus particulièrement celle de Nathan. Je n’ai pas réussi à entendre leurs propos mais j’ai pu sentir l’extrême tension qui émanait d’eux, même à distance comme si j’étais reliée à Nathan par un lien puissant.

Je me redresse dans le lit et je grimace en sentant les fils de mon ventre se tendre et me gratter. J’ai tellement envie de gratter que je passe ma main dessus pour caresser le pansement en insistant pour apaiser les démangeaisons.

Je finis par me lever, j’ai la sensation d’être plus reposée qu’hier à mon réveil. Est-ce nos ébats de cette nuit qui m’ont aidée à me reposer ?

Je passe dans la salle de bains pour me rafraîchir et attache mes lourds cheveux qui descendent jusqu’en bas de mes reins. Cela fait une éternité que je ne les ai pas coupés mais j’ai l’interdiction d’y toucher. Nathan les aime comme ça et l’avis de mon cher et tendre est très important à mes yeux.

Je m’habille d’un pantalon en coton rouge et d’un t-shirt trois-quarts de couleur noir, nous sommes la première semaine de novembre et le temps est maussade. Les températures ne vont pas au-dessus de dix-sept degrés l’après-midi en plein soleil donc finie la piscine pour un temps et puis de toute façon avec le pansement, j’ai la stricte interdiction de me baigner et de faire du sport en général.

Je descends les marches du grand escalier et me dirige vers la cuisine. Lorsque j’entre, les conversations s’arrêtent et je sens le climat sous haute tension.

Nathan se passe la main dans ses cheveux redevenus aussi courts qu’auparavant puis il s’avance vers moi en affichant un sourire qui me semble loin d’en être un.

– Ma douce, as-tu bien dormi ?

– Oui, bien mieux que d’habitude par contre je ne parle pas du réveil, je vous ai entendus hurler. Que se passe-t-il ?

Le sourire de Nathan s’efface et il se tourne vers Svet avant de revenir vers moi.

– On s’est pris un peu le bec… à cause de Maddie, ajoute-t-il rapidement en regardant bizarrement Svet qui paraît étonné. Son cou devient rouge et je devine que Maddie est un sujet sensible pour lui.

– Mais laisse-le donc avec Maddie. Ils font ce qu’ils veulent. Ils sont adultes et libres tous les deux. Ils ont droit de faire des choses ensemble. Enfin…, dis-je en me tournant vers Svet, gênée. Je n’insinue rien. Euh… je… je ferais mieux de me taire, j’ajoute, sentant mes joues devenir brûlantes.

Svet semble aussi gêné que moi et s’éclaircit la voix en me regardant :

– Je… hum, en effet. Tu vas mieux Lisea ?

– Oui, merci. J’ai mes fils qui me grattent, c’est que ça cicatrise.

Il grommelle un « oui » avant de se tourner vers Nathan :

– Je… nous parlerons de cette affaire un peu plus tard. Je dois y aller.

Svet s’éclipse d’un pas silencieux comme d’habitude et je me tourne vers Nathan pour l’interroger du regard.

– Quoi ? me demande-t-il d’une voix sourde.

– Rien. Laisse-le tranquille avec Maddie. Ce n’est pas simple entre eux.

Nathan me regarde et répond :

– Très bien, pas de soucis.

Je m’assois alors sur la chaise haute du bar et je demande gentiment à Maria si je peux avoir un toast et de la confiture.

– Bien sûr, Madame Jensen.

– Lisea. Maria, appelez-moi Lisea. Je n’arrête pas de vous le demander.

Les joues de Maria rougissent et elle lance un regard à Nathan comme pour lui demander son avis.

Celui-ci me regarde puis ayant deviné la requête silencieuse de Maria, lâche :

– Vous faites ce que vous voulez Maria.

Elle acquiesce et se tourne vers moi :

– Je vous apporte vos toasts Lisea.

Je lui souris chaleureusement en retour, contente d’avoir enfin réussi.

Nathan s’installe à mes côtés et boit une gorgée de son café avant de poser une main sur ma cuisse.

– Dis-moi, j’ai une idée. J’aimerais inviter ma mère à déjeuner demain. Ça ne te dérange pas ?

Surprise de sa demande, je mets quelques secondes avant de rétorquer :

– Bien sûr, je serais ravie de la rencontrer.

– Merci, c’est gentil. Elle est… non je te laisserai voir par toi-même.

Je lève un sourcil en le dévisageant.

– Ok, très bien.

 

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