De feu et de glace - L'intégrale
Chapitre 2
« Le désir de l’homme trouve son sens dans le désir de l’autre »
Jacques Lacan
* * *
Lisea
Je me réveille plus reposée que je ne l’ai jamais été depuis ces dernières semaines. Finalement, N.J est peut-être bénéfique pour mon sommeil. Je me redresse à peine que la clef dans la serrure me fait sursauter, oui la confiance doit être acquise pour pouvoir être libre dans la maison. C’est à moi de lui prouver ma fidélité. Quelle fidélité ? Je ne suis pas sa femme bon sang, il faut que je recouvre mes esprits même si c’est plutôt réconfortant d’être à l’abri du besoin. Rien qu’à l’idée d’avoir un toit au-dessus de ma tête me donne le sourire.
Sourire que reçoit directement N.J lorsqu’il pénètre dans ma chambre.
– Eh bien, apparemment cela t’a fait du bien de te reposer, me lance-t-il en me souriant.
Je vérifie que le drap me recouvre bien avant de répondre :
– C’est vrai, j’avoue que ce lit est des plus confortables, merci.
Il a l’air surpris de m’entendre dire « merci » comme si cela ne lui arrivait pas souvent. N.J est très intrigant en commençant par les initiales de son prénom. Je me lance alors et lui pose la question qui me tarabuste depuis mon réveil :
– Que veut dire N.J ?
Il plisse de suite les yeux avant de me dévisager, essayant de percer mon intention réelle avant de se détendre, imperceptiblement.
– Tu le sauras en temps voulu. Veux-tu te préparer ? Nous allons descendre dîner. Maria nous a préparé des plats délicieux.
– Maria ?
– Ma gouvernante.
– Oh !
Je regarde autour de moi voulant trouver mes affaires pour m’habiller décemment mais je ne vois rien. Mes vêtements ont tout bonnement disparu. Fin observateur, N.J se dirige vers une grande armoire prenant tout un pan d’un mur et l’ouvre pour en inspecter son contenu. Il en sort aussitôt une robe mi-longue rouge flamboyant d’un tissu si fluide qu’elle doit être très agréable à porter. Je ne me demande même pas si elle coûte une fortune, je le sens juste à la voir entre ses mains.
Il me fixe un moment avant de la déposer sur la méridienne en face de moi puis se dirige vers une commode un peu plus loin. Je sens mes joues devenir cramoisies lorsqu’il prend entre ses mains des dessous plus qu’affriolants, tout en dentelles et transparence. Si jusqu’à présent, je n’avais pas compris son objectif final, là, à cet instant, je suis sûre de ne pas me tromper.
Un frisson d’appréhension me saisit lorsqu’il dépose sur la méridienne un ensemble blanc virginal.
Le regard brûlant qu’il pose sur moi me confirme mes soupçons, il veut s’approprier mon corps autant que mes pensées. Oui, à voir le regard qu’il pose sur moi, ce soir, je suis son cadeau, il a bien envie de me déballer et de prendre possession mon corps. Je devrais avoir envie de me battre et de courir le plus loin possible de lui, mais ses yeux posés sur moi m’immobilisent sur place, il exerce comme une force sur moi et je ne peux que ressentir l’électricité qui jaillit entre nous lorsque nos regards se croisent.
– Tu peux aller te doucher si tu veux, mais fais attention à ton bandage. Je passe te chercher dans dix minutes précisément. Sois prête ou tant pis pour toi.
– C’est-à-dire ?
Je pousse le vice à lui demander même si je me doute de ses intentions.
Il me sourit et s’avance vers moi. Il me soulève de la couette, je n’ai que le temps de m’accrocher au drap avant qu’il ne me mette sa langue dans la bouche. Il s’impose en moi, ne me demandant pas mon accord, il force ma bouche et s’amuse avec ma langue, s’enfonçant avec brutalité.
Je pousse un petit cri lorsqu’il interrompt brusquement notre baiser. Il m’assoit sur le lit puis recule en passant sa main dans ses courts cheveux comme s’il regrettait déjà de s’être emballé.
– Voilà ce qui t’attend si tu ne te dépêches pas.
Sans attendre ma réponse, il sort précipitamment de la chambre. Je touche alors délicatement mes lèvres meurtries avec mes doigts et me lèche délicatement la lèvre pour ressentir encore et encore le goût de N.J. Je sens alors une sourde douleur envahir mon bas-ventre. Je ne me reconnais pas. Que m’arrive-t-il ? Que me fait-il ?
Cet homme est un mystère !
Je sors de ma torpeur et me dépêche de me préparer. Je ne sais pas de quoi il est capable et je ne souhaite pas tenter le diable même si le diable est terriblement séduisant.
Au bout des dix minutes, je n’ai le temps que d’enfiler les escarpins, trouvé par chance dans le bas de l’armoire avant que N.J n’apparaisse, les cheveux encore humides et habillé d’un jean foncé et d’une chemise cintrée laissant deviner sa musculature.
Ses yeux se posent immédiatement sur moi et il reste comme figé sur place comme s’il était surpris de me trouver fin prête. Je respire profondément, le cœur encore battant de m’être autant dépêchée, le délai qu’il m’a octroyé étant extrêmement court.
Le léger sourire qu’il affiche me fiche un frisson involontaire et lorsqu’il finit par s’avancer pour s’approcher de moi, je sais que je suis fichue. J’affiche sûrement un air très surpris car il ralentit le pas et s’arrête à un mètre de moi, détaillant mon corps emprisonné dans la superbe robe rouge.
L’air semble une nouvelle fois se raréfier autour de nous, nous enveloppant dans une sorte de brouillard sexuel. Ma peau me picote et lorsque ses mains se posent en haut de sa chemise, j’expire l’air de mes poumons, mon souffle devient plus court, la peur et le désir se mélangent et lorsqu’il enlève sa chemise, laissant apparaître son torse sculpté, je me sens hors de mon corps, comme si j’étais passée spectatrice derrière un écran.
Je cligne des yeux lorsqu’il murmure d’une voix rauque et sûre :
– Déshabille-toi Lisea. Je veux te voir sans ta robe.
J’avale ma salive et reste les bras ballants, ne trouvant pas la force de lui obéir. Je ne connais pas cet homme, comment puis-je me déshabiller et suivre ses ordres ?
– Je… nous…
– Quoi Lisea ? Ne sais-tu pas obéir à une simple requête ?
Je ne sais pas ce qui me pousse à répondre à ses attentes mais mes doigts tremblants trouvent mes bretelles et je laisse tomber doucement ma robe jusqu’au sol.
Ma poitrine maintenue dans le minuscule soutien-gorge en dentelle blanche est prête à jaillir et je sais que le string cache à peine ma toison blonde.
Je ne sais si c’est ma tenue sexy plus que légère ou le regard brûlant de désir de N.J, mais je ne peux m’empêcher de me frotter les jambes l’une contre l’autre pour essayer d’apaiser le désir humide qui m’envahit malgré moi.
N.J a certainement perçu mon désir latent puisqu’il finit par franchir la distance qui nous sépare. Sa main se pose sans hésitation sur mon sein et lorsque mes tétons se tendent vers lui, il grogne des paroles inintelligibles.
Sa bouche s’approche dangereusement de la mienne avant de s’arrêter. Il souffle tout contre mes lèvres :
– Ma belle, laisse-moi te guider.
Il n’attend pas mon assentiment et pose ses lèvres sur les miennes, il lèche l’embrasure pour m’inciter à le laisser entrer. J’ouvre alors la bouche et le laisse m’envahir, sa langue s’approprie la mienne et commence alors un combat qu’aucun de nous deux ne gagne. J’en apprécie la texture et le goût de sa langue tandis qu’il presse mes hanches de ses mains pour s’approcher le plus possible de moi. Je sens alors tout contre mon ventre, la dureté implacable de son sexe bandé me donnant encore plus envie de l’embrasser.
Il semble parfaitement savoir dans quel état d’esprit, je me trouve puisqu’il grogne contre mes lèvres tandis que sa langue glisse vers mon cou, léchant la peau tendre sous mon oreille. Je tremble autant de désir que d’appréhension et je prends alors conscience de ce qu’on s’apprête à faire.
Je recule brutalement me prenant les escarpins dans la robe et si les mains fermes de N.J ne m’avaient retenue, je serais certainement tombée. Il me lance un regard sombre et mécontent et cela fonctionne sur moi puisque je baisse les yeux comme pour m’excuser. Il me serre les bras pour me faire comprendre qu’il est le plus fort de nous deux et que je ne pourrai résister à son assaut.
Il me veut et il me le fait comprendre.
Je le désire, c’est incontestable, mais c’est la première fois que je me retrouve à demi-nue devant un homme, je n’ai que dix-huit ans, trop jeune pour déjà connaître ce type d’homme, sûr de lui et de son expérience.
Il me fait reculer jusqu’à ce que l’arrière de mes jambes heurte le lit puis il m’allonge sur celui-ci.
– Doucement, s’il te plaît.
Je lâche ces mots avec difficulté m’attendant à de la compréhension de sa part.
Il me fixe longuement avant de déclarer tout contre mon oreille :
– Mais certainement ma douce.
Je le sens sourire contre moi, il sait très bien ce que je veux dire et cela le fait rire le salaud. Bien sûr, sombre idiote qu’il sait que tu es vierge. C’est écrit au milieu de ma figure, il ne peut que le voir vu mon état de stress à l’heure actuelle.
– Détends-toi et peut-être que ça ne fera pas mal.
J’écarquille les yeux et me débats tout contre lui tandis qu’il enlève en un tour de main mon soutien-gorge. Sa tête plonge sur mes seins et suçote l’un après l’autre mes tétons, me faisant voir toute une myriade de couleurs. Pitié, je ne vais pas jouir parce qu’il me lèche les seins ?
Puis soudain je tremble de tout mon corps, me sentant partir loin de la chambre, dans les méandres du plaisir. Je pousse un cri avant de me relâcher complètement, laissant mon esprit s’évader.
– Eh bien ma jolie, tu es très sensible. Cela va être un véritable plaisir de te faire jouir.
Lorsque je relève la tête vers lui, ses yeux verts me transpercent et je ne peux contenir un frisson de désir devant cet homme, cet inconnu qui m’a amenée chez lui comme si j’étais sa chose. Pour l’instant, je préfère occulter cette partie et prendre ce qu’il me donne, c’est-à-dire un plaisir infini. Bizarrement, je deviens moins tendue, prête à lui donner ce qu’il veut depuis le début : ma virginité.
Ses mains quittent mes seins et descendent vers mon sexe, il touche le fin tissu qui cache à peine le désir qu’il m’inspire. Je suis trempée. Il déchire plus qu’il ne m’enlève mon string humide et plonge un doigt dans mon sexe sans me quitter des yeux.
Je ferme mes paupières et pousse un soupir crispé. Son doigt joue encore et encore en caressant mes plis avant de plonger de plus en plus vite dans mon sexe me faisant haleter d’inconfort et de désir mélangé.
Je sais qu’il essaye de me détendre avant de prendre possession de mon corps mais je sais que je risque d’avoir mal et je ne peux m’empêcher de gémir.