De feu et de glace - L'intégrale

Adeline Alexandre · Chapitre 21 sur 126

Pages du PDF

De feu et de glace - L'intégrale

Lisea

****

Après un bon petit-déjeuner, nous décidons d’aller courir ensemble quelques kilomètres dans la forêt. Je revêts ma tenue fétiche pour pratiquer la course à pied tout en pensant au regard attentif de N.J à mon égard. Il me donne l’impression constante d’être un joyau. Il est si prévenant et attentif que j’ai toujours le soupçon infime qu’il essaye de percer mes pensées les plus intimes. Peut-être lui reste-t-il de son ancien métier, le regard scrutateur et analytique ? Ou bien, il met en pratique ses compétences pour deviner les choses. Je ne peux rien lui cacher, il finit toujours par savoir mes pensées les plus profondes et j’avoue que ça me déconcerte.

Je secoue la tête puis sors de la salle de bains après avoir fait une tresse avec mes longs cheveux. N.J est assis sur le lit et attache les lacets de ses baskets.

– Tu es prêt ?

N.J me décoche un sourire et répond :

– Plutôt à moi de te poser la question, es-tu prête à me suivre ?

Je m’avance vers lui et tapote ses épaules.

– Tu ne me fais pas peur. Je vais même te battre.

Il éclate de rire avant de reprendre sérieusement :

– Tu n’as aucune chance ma chérie, mais tu peux toujours essayer.

À l’entrée du chemin de randonnée, je trace dans les cailloux, un trait pour le départ de la course et regarde N.J à mes côtés qui affiche un air malicieux.

– Très bien, si tu le prends comme ça. Je compte jusqu’à trois.

Sur la ligne de départ, je fléchis les jambes, prête à partir. N.J compte jusqu’à trois et nous partons tous deux comme des flèches. Côte à côte, nous sommes concentrés sur notre course, allongeant le pas et soufflant à un rythme régulier. La piste fait quatre kilomètres, je peux donc garder cette cadence sans trop souffrir. Au bout de trois kilomètres, je sens mes mollets qui me brûlent, je grimace et N.J en profite pour me dépasser sans aucunement ressentir de gêne. Cet homme est un athlète de haut niveau. En même temps, il faisait partie des forces spéciales, donc ce n’est pas étonnant qu’il soit bon en course.

J’essaye de faire abstraction de la douleur pour accélérer et j’arrive à moins de deux mètres de N.J qui prend le temps de regarder en arrière pour voir si je suis toujours derrière lui.

Il me sourit puis me fait un signe de la main lorsqu’il finit le dernier en kilomètre en sprint, s’éloignant de moi rapidement. Dans un dernier effort pour ne pas me faire trop distancer, je me mets à sprinter à mon tour, mon souffle devient court et lorsque je franchis la ligne d’arrivée, terminant la boucle des quatre kilomètres, ma poitrine me brûle et mes jambes tremblent si fort que je suis obligée de m’appuyer contre un arbre.

Mes oreilles bourdonnent et j’entends de loin, N.J qui me demande si je vais bien. J’arrive à acquiescer, mais je me concentre sur ma respiration haletante en essayant de retrouver un semblant de souffle. J’ai trop forcé et j’ai comme l’impression de revivre le début de notre rencontre lorsque je suis tombée dans les pommes.

Je me redresse et ouvre les yeux. N.J me fixe, l’air inquiet et j’esquisse un sourire pour le rassurer.

– Je… ça va. Ne te moque pas… de moi. Tu cours si… vite, dis-je d’une voix saccadée.

L’une de ses mains se pose sur mon épaule tandis que l’autre entoure mon poignet à la recherche de mon pouls.

– Souffle doucement Lisea. Je sais que tu es habituée à courir, mais tu ne dois pas aller au-delà de tes capacités. Tu es dans le rouge, là.

Ce qui veut dire dans le jargon du sportif, que mon cœur bat beaucoup trop vite pour que ce soit raisonnable.

Au bout de quelques minutes, je retrouve une respiration normale et N.J m’encourage à étirer mes muscles pour éviter les courbatures demain.

Après quelques étirements, nous reprenons le chemin vers la maison en marchant tranquillement.

– Tu cours vraiment très vite.

– Oui, je sais. C’est une des conditions pour pouvoir faire partie des forces spéciales. C’est ce qui te sauve la vie la plupart du temps.

– Je me doute, cours vite ou meurs.

N.J me regarde et s’empare de ma main pour continuer à marcher.

– C’est un peu ça. Parlons d’autre chose, je préfère.

Je le regarde alors et lui demande :

– Alors, je mets quoi ce soir ?

– Rien ? ricane-t-il.

Devant le miroir de la salle de bains, j’admire ma silhouette dans la robe noire que j’ai finalement choisie pour sortir ce soir. Elle arrive au-dessus de mes genoux, dévoilant mes jambes nues. Le haut arrive sagement à la base de mon cou, mais lorsque je me tourne, je vois dans le miroir mon dos largement exposé, le décolleté est si profond qu’il arrive en bas du dos juste avant l’arrondi de mes fesses. Cette robe est faussement sage, mais je la trouve magnifique et j’espère que N.J sera content de mon choix.

Je me suis légèrement maquillée, n’ayant pas l’habitude de le faire. Heureusement que j’ai récupéré auprès de Maddie mes quelques affaires de toilettes ainsi que ma trousse de maquillage. Il faudrait que je pense à lui envoyer un message pour l’inviter à passer l’après-midi sur la plage privée de N.J. Si elle accepte sans discuter, ça m’éviterait de devoir lui mentir, car j’ai promis à N.J de rester à la maison et ne plus partir à l’aventure avec elle.

Je pousse un léger soupir puis sors de la salle de bains. N.J est déjà habillé, il termine de nouer la cravate noire autour de son cou. Je m’approche derrière lui et passe mes mains sur le devant, caressant ses abdominaux. Il se retourne et s’écarte de moi pour admirer ma robe.