De feu et de glace - L'intégrale

Adeline Alexandre · Chapitre 83 sur 126

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De feu et de glace - L'intégrale

Chapitre 6

 

« Tout ce que tu veux, tout ce dont tu rêves, tout ce que tu espères réaliser est à ta portée, si tu y crois vraiment. »

Dr. Seuss

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Maddie

Vêtue d’une robe fluide couleur camel arrivant un peu au-dessus du genou, je descends l’escalier et j’aperçois une luxueuse voiture noire stationnée devant l’agence. Alessandro, très séduisant en costume et chemise sombres m’accueille en ouvrant la portière arrière.

– Madison, vous êtes resplendissante et j’aime beaucoup quand vous relevez vos cheveux ainsi, dit-il d’une voix suave.

– Merci Alessandro. Vous n’êtes pas mal non plus, je souris, amusée.

Faisant attention à ce que ma robe ne remonte pas, je m’installe dans la voiture. Alessandro me rejoint puis le véhicule quitte en douceur le trottoir.

Lorsque je relève les yeux sur Alessandro, je me rends compte qu’il me regarde en me souriant.

Décontenancée, je lui désigne mon sac et murmure :

– J’ai pensé à prendre mon bloc-note pour que nous puissions avancer sur votre projet.

– Bien sûr mais j’espère que nous ne parlerons pas que de décoration toute la soirée. J’ai envie de vous connaître Madison. Vous êtes si belle et talentueuse. Je veux tout savoir de vous.

– Eh bien, nous verrons ce que l’on peut faire.

Après une dizaine de minutes, la voiture s’arrête devant un petit restaurant qui de l’extérieur, ne laisse supposer ce que je vais découvrir à l’intérieur. Cette fois, c’est le chauffeur qui m’ouvre la portière et je le remercie en esquissant un sourire.

Alessandro me rejoint et en avançant vers l’entrée, il pose sa main sur mon épaule et ma nuque. Ce geste possessif ne m’aide pas à me détendre. Que me veut-il ? Va-t-il essayer de me faire des avances durant la soirée ? Cela va être difficile de le convaincre que je ne suis là que pour le travail et non pour trouver un compagnon.

Lorsqu’Alessandro m’aide à m’installer à table, je parcours la salle. Le maître d’hôtel nous a placés à l’écart dans une petite alcôve qui prête à l’intimité. Le restaurateur a choisi d’allier des couleurs modernes au mobilier d’époque et les fauteuils voltaire sur lesquels nous sommes assis ajoutent un certain charme à ce lieu.

– Ce restaurant est très chaleureux, ces fauteuils sont d’un goût exquis. Quels sont vos goûts en matière de mobilier ?

Alessandro me fixe intensément avant de répondre, me mettant mal à l’aise sur le moment.

– Eh bien j’avoue que je suis plutôt comme ce restaurant. J’aime allier l’ancien au moderne. J’aimerais ce genre d’alliance dans ma maison tant que les murs ne restent pas blancs.

J’acquiesce puis au moment où je veux continuer à l’interroger sur d’autres éléments de décoration, il me demande :

– À mon tour Madison, êtes-vous originaire de San Francisco ?

– Oui et vous Alessandro, où êtes-vous né ?

Un léger sourire apparaît au coin de ses lèvres puis il argumente :

– Je pensais que vous vouliez savoir mes goûts en matière de décoration ?

J’arque un sourcil puis je réponds :

– Un simple retour des choses. Si cela vous gêne, continuons la discussion sur le projet.

Alessandro se met à rire discrètement et je prends le temps de parcourir son visage sans défaut. À côté de lui, je parais tellement terne que je me demande pourquoi il m’a invitée à dîner. Cet homme doit avoir une ribambelle de femmes qui rêvent d’être à ma place ce soir et lorsque je tourne la tête sur les autres personnes du restaurant. Je peux voir les regards envieux des autres femmes de l’assistance.

Lorsque je reviens vers Alessandro, ses yeux sont à nouveau posés sur moi.

– Vous êtes si pleine de répartie, j’adore votre caractère Madison.

– C’est parce que vous ne m’avez jamais vue le matin au réveil, je réponds au tac au tac puis je me rends compte du sous-entendu et je sens une rougeur envahir mes pommettes.

– Intéressant. Je ne suis pas contre cette idée, continue-t-il en me scrutant.

Pour échapper à son regard pénétrant, je prends le menu devant moi et l’ouvre me permettant au bout de quelques minutes de reprendre une contenance.

Lorsque le serveur arrive pour prendre notre commande, je laisse Alessandro choisir pour nous deux n’ayant aucune idée de ce que je veux manger.

– Pourquoi San Francisco ? je lui demande lorsque le serveur s’éloigne.

– J’ai acheté plusieurs entreprises et comme la plupart se trouvent ici-même, je me suis rapproché pour pouvoir garder un œil sur elles.

– Et où habitiez-vous avant d’arriver ici ?

– En Italie mais je voyageais déjà beaucoup et j’ai toujours aimé la vie américaine. C’est ce qui m’a décidé à investir dans le secteur.

– Et votre famille, prend-elle bien votre déménagement ?

– Je n’ai plus de famille Madison et non je n’ai pas de femme ni d’enfants cachés.

– Oh, euh, désolée si je parais curieuse. Je voulais juste en apprendre un peu plus sur vous.

– À mon tour alors ? s’exclame-t-il en esquissant un sourire dévoilant sa dentition d’une blancheur éclatante.

Cet homme n’a vraiment aucun défaut physique, ce qui me laisse assez pantoise.

– Allez-y.

– Avez-vous un homme dans votre vie ?

Je suis tellement surprise qu’il m’interroge sur ma vie sentimentale que je reste la bouche entrouverte et au moment où je m’apprête à répondre, un homme de haute taille en costume noir s’approche de notre table et donne un téléphone à Alessandro avant de lui murmurer quelque chose à l’oreille.

Alessandro fronce les sourcils et son visage devient si sombre et dur que je me doute que cet appel ne sera pas agréable.

– Excusez-moi Madison, je dois impérativement prendre cet appel. Je reviens au plus vite.

Je hoche la tête et regarde Alessandro s’éloigner, le téléphone à l’oreille. Je m’attends à ce que le molosse à la mine patibulaire le suive mais il reste planté à côté de moi, surveillant les alentours comme si j’étais une personne importante et un frisson me parcourt à l’idée qu’Alessandro trempe peut-être dans quelque chose de louche et certainement dangereux pour qu’il ait avec lui ce type effrayant qui, je suis sûre cache une arme sous sa veste.

J’ai presque envie de m’enfuir et de quitter ce restaurant mais je me morigène. Ce serait complètement impoli de partir alors que nous n’avons pas encore mangé.

Je décide d’aller me rafraîchir en attendant son retour et ce sera agréable de ne pas avoir son molosse dans mes pattes durant quelques minutes. Ce qui me rassure en cet instant, c’est de savoir que Svet me protège et qu’il n’est pas loin de là.

Je me lève et pars en direction des toilettes. Je me tourne à demi et m’aperçois qu’il me suit à distance et lorsque je pénètre dans les toilettes, je pousse un soupir de contentement.

Depuis que Svet m’a expliqué cette après-midi qu’Alessandro n’était certainement pas un homme fiable, je suis sur mes gardes et ce que je vois ce soir ne me permet pas d’éclaircir le mystère qui l’entoure.

Pourtant Svet n’est pas un homme simple et je sais que c’était un mercenaire. Je me doute qu’il a tué plein d’hommes mais malgré cela, je n’ai pas peur de lui. Enfin, il est impressionnant et peut être très froid mais je sais qu’il ne me fera jamais aucun mal. Je le sens au plus profond de moi alors qu’Alessandro, lui, me donne des frissons, non pas de désir mais plutôt de crainte. Je sens que derrière son sourire, il cache des choses et j’espère qu’il m’a seulement embauchée pour mes talents de décoratrice et non pour autre chose. Et si j’étais visée ? Et s’il en avait après quelqu’un de mon entourage ? Lisea ou Nathan ? Après tout, le père de Nathan a essayé de les tuer alors plus rien ne peut m’étonner.

Je retouche mon maquillage puis après avoir respiré un grand coup, je sors des toilettes et lorsque je m’avance, j’aperçois Alessandro, assis à notre table qui regarde dans ma direction. Quand j’arrive à sa hauteur, je vois ses yeux parcourir mon corps et je n’ai plus aucun doute sur ses réelles intentions à mon égard.

La voiture se gare devant l’agence et je sens la tension de mes épaules qui se relâche légèrement. Je n’ai plus qu’une hâte, rejoindre mon appartement et m’enfermer à double tour même si depuis hier, j’ai une étrange impression dans mon appartement. Je ne me sens plus si en sécurité qu’auparavant et maintenant, l’idée de monter ne me donne plus tant que ça envie.

Le chauffeur ouvre ma portière et quand je sors, Alessandro m’a déjà rejointe et me tend la main pour m’aider à sortir de la voiture.

D’une légère pression, il garde ma main emprisonnée dans la sienne puis me libère à regret pour que je puisse prendre mes clefs dans mon sac. Je saisis le trousseau et m’avance vers ma porte puis d’une voix hésitante, je murmure :

– Merci pour cette soirée Alessandro. Je n’ai pas récolté beaucoup d’infos pour votre maison mais le mieux serait que vous m’envoyiez par mail vos idées et vos goûts pour que je puisse vite me mettre à l’ouvrage.

Après cela, je reprends ma respiration et un silence gêné se glisse entre nous puis lorsque je lève les yeux sur lui pour le saluer, il s’approche et j’ai naturellement un mouvement de recul. Alessandro s’en rend compte mais avance quand même. Je recule et mon dos heurte ma porte, me bloquant.

Ses doigts saisissent une mèche qui s’est échappée de mon chignon et tire doucement dessus.

– Oh Madison, vous êtes si belle.

– Alessandro, je ne…

La bouche d’Alessandro s’approche dangereusement et je me place mes mains sur son torse pour le faire reculer mais il arrive tout de même à poser ses lèvres sur les miennes.

Je laisse mes lèvres hermétiquement fermées ne voulant pas l’encourager dans ce baiser forcé et il semble enfin s’en apercevoir car il finit par me relâcher.

– Madison, vous n’êtes pas une femme facile. D’habitude, cela ne me plairait pas mais avec vous, je suis prêt à attendre.

C’est le moment de lui dire que je ne veux rien de plus avec lui avant qu’il ne me poursuive de ses avances.

– Alessandro, je ne veux pas de cela entre nous. Je… vous êtes un client et je ne sors jamais avec mes clients, désolée.

Alessandro éclate de rire puis renchérit :

– Trop tard, vous avez déjà dîné avec moi. Malgré tout, je veux bien attendre un peu. Mais attention, je n’ai pas beaucoup de patience et quand je ne pourrai résister, je ne vous laisserai plus l’occasion de me dire non car sachez Madison que je finis toujours par obtenir ce que je veux.