De feu et de glace - L'intégrale
Chapitre 15
N.J
Lisea semble effrayée et je regrette que nous soyons déjà revenus des Bahamas, là où elle ne courait aucun danger. Je sais que les mesures de Svet semblent excessives mais il connaît son boulot et je ne permettrai pas que le cinglé qui a envoyé la lettre de menace puisse avoir la moindre chance d’arriver à ses fins. C’est-à-dire, faire du mal à Lisea, Evie et les enfants.
Je fonds sur elle et m’adoucis au moment où je l’entoure de mes bras.
Les yeux brillants de larmes, Lisea murmure tout contre mon épaule :
– Je ne sais pas ce qu’il se passe mais ça m’inquiète. Tu n’imagines pas à quel point je préférerais être aux Bahamas à cet instant. Retrouver ce lieu paradisiaque où nous n’avions aucun souci à part ce que nous allions manger, lire ou visiter.
– Je sais ma douce et je ne t’aide pas en me comportant…
– Comme un salaud ? me coupe-t-elle en se raidissant entre mes bras.
Je m’écarte légèrement d’elle et emprisonne son menton d’une main pour qu’elle me regarde bien en face.
– Oui comme un salaud. Lorsqu’Aaron m’a annoncé que nous avions reçu une lettre de menace, j’ai eu comme l’impression que notre bonheur présent pouvait être remis en question à cause d’un connard qui ne supporte pas que nous ayons créé une toute nouvelle technologie.
– Quelle lettre ? Que disait-elle ?
Je soupire et l’entraîne vers le lit pour la faire asseoir.
– Je vais tout t’expliquer depuis le début. Notre société J&J a développé une toute nouvelle technologie qui est des plus innovantes : un détecteur de métaux. Mais ce détecteur n’est pas aussi commun que ceux que nous trouvons dans les aéroports. Ce que nos ingénieurs ont développé est un capteur minuscule, pas plus grand qu’une clé USB. Ce capteur est capable de détecter le moindre métal dans une pièce de cinquante mètres carrés.
– Comme les armes ?
– Oui, il en est capable. C’est une technologie hors du commun et notre société l’a brevetée il y a quelques mois. Les seules personnes au courant de ce projet Delta sont l’acheteur lui-même, c’est-à-dire le gouvernement ainsi que nos ingénieurs et techniciens s’occupant de ce projet.
– Cela veut dire que quelqu’un a divulgué ce projet à un criminel ?
Je hoche la tête.
– Oui, il semblerait. Dans cette lettre, il nomme le nom du détecteur alors qu’avec Aaron, nous ne le mentionnons jamais. Nous employons les termes de « dossier Delta » ou encore détecteur de métaux. Ce qui est assez vague puisque dans notre pays, nous avons des détecteurs de métaux aussi bien dans les aéroports que dans les commissariats de police, les tribunaux, certaines universités, etc…
– Je comprends l’importance de ce projet. C’est une technologie particulièrement innovante et je me doute de l’impact qu’elle aura si toutes les institutions de l’état en ont. Cela empêcherait les terroristes d’agir à leur guise et de les arrêter avant qu’ils ne massacrent nos citoyens.
Je passe ma main dans mes cheveux avant de murmurer :
– Depuis les attentats du 11 septembre, le gouvernement a décidé de mettre en œuvre des actions pour éviter que cela se reproduise et ils soutiennent particulièrement les entreprises qui innovent et produisent des technologies comme ce détecteur.
– Vous avez donc le soutien du gouvernement, ils peuvent nous protéger ?
– Aaron s’occupe de les prévenir car derrière cette lettre se cache un criminel ou peut-être même bien un groupe de terroristes à qui cette technologie fait peur.
Lisea lève les yeux vers moi et je comprends dans son regard qu’elle prend cette menace au sérieux et j’en suis rassuré. Plus elle sera sur ses gardes, mieux elle prendra soin d’elle en obéissant aux consignes strictes de nos gardes.
– Merci de m’avoir expliqué. Je ferai attention, je te le promets mais ne me laisse pas enfermée dans cette cage dorée. J’ai besoin de sortir et je compte bien commencer mes études le mois prochain.
Je lui soulève une boucle blonde et la glisse derrière son oreille avec douceur.
– Je vais faire tout mon possible pour qu’il soit vite appréhendé pour que nous puissions reprendre le cours de notre vie comme avant. Je sais que tu tiens à étudier et je te soutiens à cent pour cent tant que ta sécurité n’est pas en péril.
Lisea finit par se reculer et d’une voix hésitante, murmure :
– Et tes gadgets cachés dans la maison ne suffisent pas ?
J’écarquille les yeux puis fronce les sourcils.
– Comment sais-tu que la maison est sous vidéo-surveillance ?
– C’est Evie qui m’en a parlé lorsqu’elle est venue ici.
– Sache que ces gadgets comme tu le dis, sont là pour notre sécurité et non, ils ne suffisent pas. Dans tous les cas, je ne prendrai pas le risque.
Lisea baisse les yeux puis soupire, vaincue.
– J’aurai au moins essayé.
– Je vois ça, je réponds en lui décochant un sourire.
Elle hoche la tête et s’approche de moi pour que je l’embrasse, ce que je fais comme pour clore cette discussion et laisser quelques minutes de côté la sensation d’insécurité que je ressens. Ces prochaines semaines seront tendues et extrêmement stressantes et il faut s’attendre à tout.
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