De feu et de glace - L'intégrale
N.j
– Quelle urgence ?
Je m’approche de son oreille et chuchote tout bas pour que personne n’entende :
– L’urgence de ta petite culotte. Sauf qu’il ne le saura que quand il arrivera.
– Tu es folle Lili. Il va nous tuer et ton mari avec.
– Débrouille-toi alors, j’achève en prenant place sur ma chaise attitrée en classe. Maddie s’assoit à mes côtés et je la vois sortir un morceau de papier. Elle écrit quelque chose et me le tend en toute discrétion parce que le cours vient de commencer.
« Appelle-le ! »
Je glousse tout bas tout en la dévisageant pour voir le degré de son sérieux mais elle me regarde, l’air déterminé et je comprends que mon plan hasardeux se retourne contre moi.
– Très bien, à la pause, je m’en occupe.
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N.J
Quand je pénètre dans la salle de réunion, Aaron, Brock, Svet et cinq autres collaborateurs sont assis. J’ai réuni les personnes ayant contribué à ce que Tech-sonix soit créé et produit par notre société J&J. Je veux les remercier de leur investissement durant ces trois derniers mois et surtout ce dernier mois après la menace que nous avons reçue à cause de cette technologie.
– Bienvenue à tous, Aaron, tu peux y aller, dis-je en donnant la parole à mon associé.
Aaron se racle la gorge avant de commencer :
– Nous sommes particulièrement fiers aujourd’hui puisque le gouvernement est totalement ravi de ses acquisitions et va certainement nous en recommander. Je pense que nous poursuivrons cette production pendant un moment puisque l’Europe nous fait aussi des propositions, tout particulièrement la France. Alors je pense que les primes de fin d’année seront plus qu’intéressantes pour tout le monde.
Aaron hoche la tête dans ma direction et je reprends la suite de la réunion :
– À l’heure d’aujourd’hui, nous n’avons pas reçu d’autres menaces, n’est-ce pas Svet ?
Ce dernier opine de la tête avant de répondre en regardant tour à tour les autres membres de l’équipe :
– En effet, à part quelques mails à quelques jours d’intervalle de la lettre, nous n’avons pas reçu d’autres menaces et avons pu alléger le dispositif de sécurité concernant les familles de Mr Jensen et Mr Jackson. Toutefois, nous gardons un œil de temps à autre sur elles par simple précaution surtout par le biais des puces GPS des téléphones portables qu’elles ont en leur possession.
Lorsque Svet finit son discours, je laisse la parole à Brock, un homme de petite taille, très mince. Les cheveux bruns en pics complètement désordonnés. Il se fout totalement de son apparence comme un parfait geek. Il peut rester scotché à un ordinateur H24 sans problème. Ses lunettes à grosse monture noire lui donnent cependant un peu de sérieux. Il se tourne vers moi et je hoche la tête pour qu’il poursuive.
– Alors en ce qui me concerne, je n’ai relevé aucune fuite concernant le personnel de J&J. Tout le monde me paraît digne de confiance. Pas de mails ni de coups de téléphone. Pourtant je n’ai pas chômé.
– Pourtant, il doit bien y avoir une taupe, intervient Svet qui s’est redressé sur son fauteuil.
– Je t’assure que non. Enfin, je n’ai rien vu de suspect en ce qui concerne les échanges internes, après je ne suis pas habilité à suivre les employés à l’extérieur de la société. C’est plutôt ton rôle, non ? ricane Brock en regardant Svet qui semble bouillir de l’intérieur.
– Du calme, les gars. Brock, merci pour ton travail, je veux que tu poursuives cette surveillance dans la durée. S’il faut recruter, tu le dis et je m’en occuperai avec ton aide bien entendu. Pour Svet, je ne lui ai pas demandé de surveiller les employés à l’extérieur et pour l’instant je le refuse. Il continuera ses investigations sur le responsable de cette menace et en aucun cas sur nos employés. Je ne veux pas que l’on s’étale plus que de raison. Chaque membre de l’équipe a un rôle différent à jouer.
Je regarde les membres de mon équipe et les remercie pour leur présence avant de clore la réunion.
Le téléphone de Svet émet un bruit, il fronce les sourcils avant de se lever. Il s’éclipse précipitamment de la salle.
Je le suis du regard avant de me tourner vers Aaron.
– On déjeune ensemble ?
– Pas de problème vieux. Je vais d’abord appeler Evie pour m’assurer que tout va bien et je te rejoins d’ici dix minutes à l’ascenseur.
Je hoche la tête et sors derrière lui, laissant les autres collaborateurs discuter entre eux. Depuis quelque temps, Aaron appelle souvent sa femme, je sais que cette histoire de menaces lui a fait très peur et je comprends parfaitement son besoin d’être rassuré. Si Lisea n’était pas en cours, je ferais certainement la même chose.
Lorsque je rejoins Aaron à l’ascenseur, Svet se joint à nous et me demande s’il peut me parler un instant. Il entre avec nous dans l’ascenseur et attend que nous ayons atteint le hall pour se mettre un peu à l’écart. Je le rejoins et lui demande ce qu’il se passe.
– Votre femme m’a envoyé un message. Elle a besoin de moi. Je n’en sais pas plus, je vous appelle dès que je suis sur place.
– Très bien, merci Svet. Tenez-moi au courant.
Je fronce les sourcils et lorsque Svet s’éloigne, je regrette un instant de ne pas partir avec lui. Dès que cela concerne Lisea, je suis inquiet. Je secoue la tête et rejoins Aaron à la voiture stationnée devant la société. Je sais que Svet saura me prévenir au moindre problème.
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