De feu et de glace - L'intégrale

Adeline Alexandre · Chapitre 108 sur 126

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De feu et de glace - L'intégrale

Chapitre 17

 

« Aimer, c’est se surpasser »

Oscar Wilde

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Maddie

La gifle monumentale que je reçois m’assomme quelques secondes et j’ai l’impression d’avoir le cerveau en miettes.

Ma joue me cuit et je sens encore l’empreinte de sa main sur tout le côté gauche de mon visage.

– Putain, Maddie, tu ne tiens pas tellement à la vie à ce que je vois. Il va falloir passer aux choses sérieuses. Qu’en penses-tu Franck ?

Franck qui garde un œil sur l’extérieur se tourne vers moi, me sondant de son regard perçant avant de s’avancer. Il pose ses grandes mains sur la table qui autrefois, servait à vider les poissons que mon père, Hugo et moi avions pêchés. Les jours heureux semblent être un lointain souvenir.

– Signez les papiers Madison et vous serez relâchée.

Je hausse un sourcil dubitatif avant de grogner :

– Vous pensez vraiment que je vais vous croire ? Je suis sûre qu’il a déjà préparé sa petite seringue de ricin pour que je finisse comme mon père, à moins qu’il n’y ait une tombe déjà creusée près du chalet, j’ajoute en me tournant vers Hugo qui me regarde, un sourire aux lèvres.

– Oh, tout de suite les grands mots, dit-il d’une voix goguenarde.

Le dénommé Franck se redresse et se dirige vers la fenêtre à pas de loup, en fronçant les sourcils.

Hugo ne prête pas attention à son homme de main et continue sa diatribe :

– Allez signe, Madison.

Je sais très bien que si je signe, c’est la fin de tout et surtout je n’aurai plus de monnaie d’échange. Il pourra très bien me tuer sans aucun problème. Il me faut gagner du temps mais que dire ou faire pour laisser le temps à Svet de me retrouver. Je ferme les yeux un instant et je prie pour que la chance tourne et que ce jour ne soit pas le dernier.

Le frottement de la culasse d’un pistolet me fait sursauter et lorsque je relève la tête, j’aperçois le visage sombre de Franck qui ne quitte pas des yeux l’extérieur. Que se passe-t-il ? Est-ce déjà Svet qui vient me sauver ? Ma joie d’être secourue se transforme en inquiétude lorsque mes yeux se posent sur l’arme que tient l’homme de main ainsi que le couteau qu’il porte sur sa cuisse.

Hugo se rapproche de la fenêtre et jure alors entre ses dents.

– Putain, on a de la compagnie, crache-t-il, les pommettes rouges et le regard mauvais.

Il se tourne vers moi et s’approche rapidement. Il pose ses mains de chaque côté de ma tête et hurle :

– Tu vas signer ces putains de papier sinon je te jure que ton copain te récupérera en petits morceaux. Ma patience a des limites et il est plus que temps.

Les yeux dans les yeux, je lâche, la voix rauque :

– Que tu es malpoli, que dirait ta mère si elle t’entendait ? Tu crois qu’elle va en penser quoi Susan de cette mascarade ? Elle qui s’est battue pour t’amener là où tu es.

– Laisse ma mère où elle est. Je fais ça pour elle, répond-il, les mains crispées sur mon visage.

Le sujet est sensible, je le sens mais je dois tout tenter si je ne veux pas qu’il envoie son homme de main pour s’occuper de Svet car il ne se doute certainement pas qu’il n’est pas seul.

Puis la suite se passe comme si j’étais projetée dans un film d’action. La porte d’entrée s’ouvre avec fracas, Franck, l’arme à la main tire en direction de la porte tandis qu’Hugo se place derrière moi et passe son bras autour de mon cou, écrasant ma trachée, ce qui me fait suffoquer. De son autre main, il dégaine un couteau et le pointe dans ma direction. Il m’utilise comme bouclier humain et attend la suite tandis que les tirs s’amenuisent. Franck fixe la porte, tenant toujours son arme devant lui puis Svet apparaît à la porte, le tenant en joue. La situation a totalement dégénéré. Svet ne regarde pas dans ma direction, il ne quitte pas des yeux l’homme de main puis il soupire.

– Toujours en mauvaise posture Franck, déclare-t-il en grimaçant un sourire.

Bon sang, il semble le connaître. Tout espoir n’est pas perdu.

– Espèce d’enfoiré. Que viens-tu faire ici ? C’est ma mission.

– Je le sais bien mais là vois-tu, tu détiens ma petite amie donc ça me concerne directement.

– Ouais, mais tu connais la chanson Svet. La mission d’abord. Je ne peux pas te faire de cadeau, une question de réputation.

– Je comprends, souffle Svet.

Hugo semble réagir à ces échanges puisqu’il aboie après Franck.

– Je me fous que tu le connaisses ou pas, tue-moi ce fils de pute qu’on en finisse. Je t’ai payé un sacré paquet de fric alors fais ton boulot.

Hugo, en parlant a desserré sa prise autour de mon cou, me laissant plus d’air et son couteau pointe dans le vide et non vers moi. C’est le moment d’agir. Je baisse la tête brusquement et lui mords sauvagement le bras de toutes mes forces. Le goût du sang envahit ma bouche tandis que derrière moi, Hugo hurle de douleur. Svet en profite pour l’attraper et je finis par le relâcher.

– Tue-les tous les deux Franck sinon je te jure que je vais te faire la peau, crie-t-il en se tenant le bras.

Svet me décoche un grand sourire avant de s’occuper d’Hugo. À plat ventre, le genou de Svet dans son dos, il enserre ses deux bras pour l’empêcher de bouger.

Nathan apparaît brusquement à l’entrée et Franck pointe son arme dans sa direction en grimaçant :

– C’est qui celui-là ?

Svet se retourne et marmonne :

– Tu arrives à point nommé, il me faut des liens.

– La cavalerie est là, ricane Nathan pour réponse.

Svet me regarde enfin et son expression s’adoucit.

– Tu vas bien Maddie ?

– Ça irait mieux s’il baissait son arme, dis-je en désignant Franck.

Svet jette un œil à Franck puis soupire :

– Peux-tu libérer Maddie, s’il te plaît ?

Franck baisse son arme et le glisse dans dos puis il marmonne en s’avançant vers moi :

– Tu as de la chance que je t’en doive une sinon t’étais mort !

– Je n’en doute pas, heureusement que tu as une bonne mémoire.

– Ne t’en fais pas, je n’oublie jamais rien, répond-il en dénouant les liens qui entravent mes poignets.

Je secoue la tête. Quel pourcentage de chance avais-je pour que Svet connaisse l’homme de main d’Hugo ? Quasiment aucune. Je lève les yeux aux ciels, bon sang, j’ai une bonne étoile.

Je masse mes poignets pour apaiser les élancements. Ma peau est toute irritée.

Je me lève enfin et Nathan m’ouvre les bras. Je me précipite vers lui et pose ma tête tout contre son épaule.

– Tu vas bien ?

– Maintenant oui. Merci d’être arrivés si vite.

La grande main de Nathan me frotte le dos et répond en ricanant :

– Lisea m’aurait fait la peau dans le cas contraire.

J’esquisse un sourire et je quitte ses bras pour regarder Hugo, toujours à plat ventre.

Je m’approche de lui et saisie d’une montée de haine, je prends mon élan et lui donne un gros coup de pied dans les côtes. Le grognement qu’il émet me fait un bien fou, je suis sur le point de lui en administrer un deuxième quand Svet m’arrête d’un geste :

– Ça suffit, il faut le laisser en bon état pour la police.

Franck, le regard pétillant déclare :

– Joli coup de pied, c’est qu’elle a du caractère cette fille. Elle m’a tenu tête la gamine !

Je lui lance un regard mauvais avant de reporter mon attention sur Hugo qui commence à vociférer des menaces envers nous tous, signant notre futur arrêt de mort. Svet et Franck s’en amusent et je mesure alors leur complicité.

– Quelle idée as-tu eue de travailler pour lui !

– Lorsque tu as abandonné le navire, Jerry s’est barré chez la concurrence alors j’ai pris cette mission, qui au premier abord n’était pas bien compliquée mais ce foutu Mather a une case en moins.

J’observe alors les deux hommes qui surveillent Hugo puis Nathan murmure derrière moi :

– Les flics ne vont pas tarder, je te conseille de filer avant de les avoir sur le dos.