De feu et de glace - L'intégrale
Maddie
– Putain, c’est qui ce gars ? Tu crois qu’il essaye d’atteindre notre société en passant par Mad-Lise ? Je n’aime pas les coïncidences. Nous avons pu voir dans le passé que ce n’est jamais bon. Lisea et moi avons failli mourir à cause de plusieurs négligences et je ne veux pas que cela se reproduise.
– Écoute, on ne va pas s’emballer. Je vais aller sur le terrain, le suivre à distance et voir à qui nous avons affaire. En parallèle, Brock continue ses recherches pour essayer de dégoter d’autres choses.
– Ok. Reste discret, il ne faut pas qu’il se doute que nous sommes derrière son cul. Je ne veux prendre aucun risque.
– Pas de soucis, j’ai de la pratique. Enfin je l’avais avant qu’un fils de pute me tire une balle dans la cuisse.
– Je te fais confiance Svet.
Je hoche la tête et sors de son bureau, prêt à suivre les faits et gestes de cet Alessandro De Luca.
****
Maddie
Tremblante, je regarde ma chambre. Il y a quelque chose qui ne va pas, comme si quelqu’un avait dérangé mes affaires. Tout semble pourtant à sa place mais j’ai une étrange impression. Suis-je en train de devenir folle ?
Hier soir, je me souviens de cette sensation d’être observée ou surveillée mais je l’ai mise sur le compte de la fatigue et de la paranoïa.
Je secoue la tête. Si je le raconte à Lisea, soit elle va éclater de rire en me traitant de folle, soit elle va commencer à s’inquiéter et après ce qu’elle a vécu il y a trois ans, je ne veux pas qu’elle panique ou qu’elle prévienne Nathan. Il est redoutable et est parfaitement capable d’enquêter sur nos clients ou de me coller des gardes du corps aux basques. Ce qui me rassure, c’est que Lisea a toujours des agents qui la suivent à distance et donc à la moindre inquiétude, ils sont prêts à entrer en action.
Je vais donc garder pour moi cette sensation d’être observée et le fait que j’ai le sentiment que quelqu’un est venu dans mon appartement en mon absence.
En fin de matinée, je suis en train de me servir une tasse de café lorsque j’entends un bruit sourd. Je suis si surprise ou anormalement sur le qui-vive que je renverse du café sur mon poignet. Je pousse un cri de douleur lorsque je sens la brûlure m’envahir. Je pose brutalement ma tasse sur l’évier et le bol de la cafetière.
Je me tourne pour voir Lisea qui ramasse les dossiers qu’elle a fait tomber à terre. Elle relève la tête et ses yeux se plissent en me regardant.
Je me retourne pour ouvrir le robinet d’eau froide.
– Ça va Maddie ? dit la voix approchante de Lisea derrière moi.
Je passe mon poignet sous l’eau pour me soulager et grommelle :
– Oui oui, qu’est-ce que je peux être gourde des fois !
– Tu es sûre que tu vas bien ? Tu as passé la matinée à froncer les sourcils et ça ne te ressemble pas. Aurais-tu quelque chose à me dire ? Tu as des problèmes ?
– Non, non. Ne t’inquiète pas.
Je lève les yeux sur Lisea qui regarde mon poignet, inquiète.
– Tu t’es bien brûlée, tu es toute rouge.
– J’avoue que ça pique bien.
J’entends alors la porte de l’agence s’ouvrir et Lisea qui s’exclame :
– Ah Svet, tu arrives au bon moment. Maddie a besoin d’aide. Elle s’est brûlée avec du café.
J’arrête le robinet et prends la serviette posée sur l’évier pour m’essuyer la main.
Lorsque je me retourne, je croise le regard bleu clair de Svet posé sur moi.
Un frisson de désir me saisit et j’esquisse un léger sourire.
– Salut Svet. Quel bon vent t’amène ?
Sans mot dire, il s’approche de moi à pas de loup et enlève la serviette que je tiens dans les mains pour examiner la peau rouge de mon poignet.
– Tu dois avoir mal. Lisea, aurais-tu une crème pour les brûlures ?
– Oui, je dois avoir ça dans la trousse de premier secours.
Quelques instants plus tard, elle tend à Svet la crème, un air de connivence dans le regard, l’air de dire que je devrais la remercier plus tard.
Je grogne tout bas et Svet qui étale la crème sur mon poignet suspend son geste en m’observant comme pour déceler la douleur dans mon regard.
– Ça va, je n’y vais pas trop fort ?
Je vois Lisea en arrière-plan qui rit sous cape en l’entendant.
– Non, je grommelle tout bas sans le regarder. Je n’aime pas sa façon de me scruter. Il est si intimidant que malgré le désir intense que je ressens à son égard, je n’arrive pas à aligner plus d’un mot à la fois. En même temps, depuis qu’il m’a repoussée samedi, je ne savais pas comment allaient se passer nos prochaines rencontres.
– Laisse ton poignet à l’air libre, ça te fera moins mal, conclu-t-il en s’écartant de moi.
– Merci.
– Je vais vous laisser un instant, je dois aller chercher nos salades à emporter.
Lisea me fait un clin d’œil puis elle ajoute à l’égard de Svet :
– Tu en veux une aussi Svet ?
Il secoue la tête et répond :
– Non merci Lisea, c’est gentil à toi.
– Oui, en même temps, je ne te vois pas manger qu’une salade à midi. Tu es tellement…bref. À tout à l’heure vous deux !
Svet attend que Lisea parte avant de me regarder droit dans les yeux, me sondant en plissant les yeux.
– Ça va Maddie ? Je te sens nerveuse.
– Tout va bien. Ne t’en fais pas, je réponds en baissant les yeux vers le sol.
– Écoute, je ne vais pas y aller par quatre chemins. Je sais que tu as un nouveau client, Alessandro De Luca.
Surprise, je recule. Pourquoi me parle-t-il d’Alessandro ? De quoi se mêle-t-il ?
– Et alors ?
– J’ai entendu parler de lui et il y a des zones d’ombre autour de son passé. As-tu déjà signé un contrat avec lui ?
– Oui et hors de question de revenir dessus. De quoi tu te mêles Svet ? Ah mais c’est ça, Lisea a dit à Nathan qu’Alessandro me courait après, du coup ça te chagrine. Tu ne veux pas de moi mais personne n’a le droit de m’approcher, c’est ça ?
La poitrine de Svet se soulève un peu plus vite et sa mâchoire est si crispée que je sens qu’il est sur le point de s’énerver.
– Pas du tout. Je n’ai pas lieu d’être jaloux puisque nous ne sommes pas ensemble. Mais même si rien ne nous lie, j’ai le droit de m’inquiéter de tes fréquentations.
– Tu n’as aucun droit sur moi. Tu me l’as bien fait comprendre samedi dernier. J’ai reçu cinq sur cinq, mon lieutenant, je réplique d’une voix ironique.
Svet me fixe sans bouger puis il expire lentement avant de continuer :
– Écoute, à la base, Nathan voulait juste assurer tes arrières et voir si les avances que te fait cet homme sont honorables. Le problème, c’est qu’en cherchant, on n’a rien trouvé de son passé. Quand, je dis rien, c’est rien. Il semble être apparu il y a deux mois à San Francisco et nous n’en savons rien de plus, ce qui pose un problème.
Je fronce les sourcils puis je soupire.
– Que veux-tu que je fasse ? Si je romps le contrat, il va se demander ce qui se passe. Je ferai attention, ne t’inquiète pas. Je ne suis pas idiote.
Svet semble réfléchir puis un léger sourire apparaît sur son visage comme s’il avait trouvé la solution parfaite.
– Dans ce cas, c’est moi qui assurerai tes arrières. Je vais être ton ange gardien jusqu’à ce que tu en aies fini avec lui.
– Pas besoin, je peux gérer Alessandro toute seule.
Puis je réfléchis. Si c’est Svet qui reste près de moi, cela pourrait me permettre de me rapprocher de lui. Je retiens un sourire puis je le questionne d’une voix que je souhaite indifférente :
– C’est toi même qui assureras ma sécurité ? Tu ne vas pas envoyer tes agents ?
Il secoue la tête et murmure :
– Je vais m’occuper de toi Maddie. Ça arrivera sûrement qu’un agent prenne le relais mais je me chargerai de la majeure partie de ta surveillance.
J’essaye de retenir un sourire. L’idée de me faire suivre ne me plaît pas mais si c’est Svet, cela change tout. Oui, cela change vraiment tout. Et ce que je vais lui dire là maintenant ne va pas du tout lui plaire et j’aime ça.
– Tu comptes commencer quand ? Car ce soir, je dîne avec le grand méchant loup.
– Quoi ? explose-t-il brusquement.
Ses yeux me transpercent et mon sourire se crispe légèrement lorsque je me rends compte de la fureur qui monte en lui.
– Je ne suis pas d’accord, clame-t-il d’une voix féroce.
Je pointe un doigt dans sa direction et renchéris :
– As-tu le choix ? Je ne t’appartiens pas Svet. Ne l’oublie pas.
Svet s’avance alors vers moi, son corps se colle brutalement contre moi et ma respiration s’accélère comme si je venais de courir un marathon. Je sens le désir m’envahir lorsqu’il pose ses grandes mains sur mes fesses pour me soulever.
Étonnée, je m’accroche à son cou épais et d’un pas rapide, il me colle contre le mur derrière moi. La peur de nous faire surprendre déverse de l’adrénaline dans mes veines et je prends l’initiative de poser ma bouche sur la sienne. Il grogne tout contre moi et lorsque du bout de la langue, il force l’entrée de ma bouche, je le laisse m’envahir. Sa langue commence une danse lascive autour de la mienne me faisant gémir de désir. Je me consume contre lui, la chaleur envahit mon corps et je sens tout contre moi la bosse de son érection. Je me dandine pour attiser le feu qui se propage. J’aspire à ce qu’il me prenne là tout contre ce mur tellement je suis excitée. Cela fait si longtemps que j’attends ce moment que j’en arrive au point où je suis prête à le faire sans me préoccuper que l’on nous surprenne.
Svet se souvient du lieu dans lequel nous sommes puisqu’il quitte ma bouche et pose son front contre mon épaule comme s’il voulait reprendre une contenance avant de me lâcher.
– Désolé Maddie.
Il me repose avec douceur sur le sol et lorsque je lève les yeux sur lui, je ne peux m’empêcher de passer ma langue sur mes lèvres sauvagement malmenées. Son regard descend sur ma bouche. Il tend la main vers mon visage et touche du pouce mes lèvres avant de se détacher complètement de moi et de reculer laissant deux mètres entre nous.
– Moi, je ne suis pas désolée.
Il me dévisage un long moment avant de déclarer :
– Je serai là en arrière-plan ce soir mais fais attention.
Il change de conversation aussi vite qu’il s’est détaché de moi et je réprime un sourire.
– Ok, mais je te fais confiance.
Il acquiesce puis quitte l’agence d’un pas rapide.
Pensive, je regarde la direction dans laquelle Svet est parti et je souris enfin librement, heureuse, en touchant mes lèvres gonflées. Un pas après l’autre.
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