De feu et de glace - L'intégrale

Adeline Alexandre · Chapitre 96 sur 126

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De feu et de glace - L'intégrale

Svet

– Eh bien… et toi, tu ressens quelque chose ?

– Non pas du tout, tu sais bien que je suis folle amoureuse de Svet.

– Alors c’est tout, si tu es sûre de tes sentiments. Tu le remets gentiment en place et voilà tout.

– Il sait que je fréquente Svet et je l’aime vraiment tu sais.

– Lui as-tu dit ?

– À qui ? À Svet ?

Lisea hoche la tête et je réponds en baissant la tête :

– Non, jamais de la vie. Je ne veux pas le faire fuir. J’ai déjà bien assez souffert lorsqu’il est parti pendant trois ans.

– Maddie, intervient Lisea.

Mais je ne l’écoute pas, j’ai besoin d’évacuer les sentiments que je ressens pour Svet et le dire à Lisea qui ne peut que me comprendre.

– Je ne veux pas qu’il parte. Je l’aime trop, je ne sais pas ce que je deviendrais s’il n’était plus là.

Ma phrase à peine finie, je redresse la tête. Lisea regarde derrière moi, l’air gêné. Je prends seulement conscience d’une présence. Je sais alors sans avoir besoin de me retourner que Svet se trouve derrière moi. Je me sens tellement liée à lui que je sais lorsqu’il est dans la même pièce que moi. Lorsque je lui fait face, je croise son regard et je sais qu’il a entendu une partie de notre conversation.

****

Svet

Entendre Maddie dévoiler à Lisea ses sentiments à mon égard me fige sur place et je ne sais que dire sur le moment. Au fond de moi, j’aimerais enfin lui avouer les sentiments que j’éprouve pour elle mais une part de moi-même me retient. Nathan m’a ouvert les yeux il y a quelque temps sur ce qui m’empêchait de vivre et je commence seulement à me sentir plus libre comme si j’acceptais enfin d’avoir perdu ma famille. Puis une idée jaillit et je sais en cet instant que je dois m’ouvrir à elle si je veux pouvoir lui avouer ce que je ressens. Je la regarde puis lui demande :

– Maddie, es-tu prête ?

Elle se tourne vers moi et la bouche entrouverte, elle reste figée, s’attendant à ce que je la rabroue ou que je m’enfuie mais aujourd’hui, je ne me sauverai plus. J’assume mon passé, mon présent, il ne me reste plus qu’à envisager l’avenir.

– Oui, je suis prête.

– C’est aujourd’hui qu’il y a la lecture du testament de ton père ? interroge Lisea.

– Oui, enfin. Au bout de trois mois, il était temps. Ma mère sait déjà qu’elle est à l’abri du besoin mais il lui tarde de savoir ce que vont devenir les banques.

– Hum. Je te souhaite bon courage ma belle. On se dit à demain.

Maddie la salue puis se dirige vers la sortie de l’agence, je lui emboîte le pas en posant une main possessive en bas de son dos. Elle ralentit le pas pour que je puisse marcher à ses côtés et je sens la communion de nos corps.

Dans la voiture, je roule en direction du notaire pendant que Maddie, le visage tourné vers l’extérieur semble pensive.

Elle m’a demandé le matin même si je pouvais l’emmener, elle a besoin de moi à ses côtés lorsqu’elle sortira de l’office notarial.

Je la regarde de biais puis reporte mon regard sur la route. Au bout d’une dizaine de minutes dans le silence complet, Maddie se tourne vers moi puis d’une voix hésitante demande :

– Pour en finir, tu n’as jamais rien trouvé sur Alessandro ?

Je hausse un sourcil et ma mâchoire se crispe en entendant sa question.

– Non, pas vraiment pourquoi ?

J’observe brièvement son expression avant qu’elle ne continue :

– Alors, il n’est pas si dangereux que tu le prétendais ?

– Même si je n’ai rien trouvé pour le moment, je ne doute pas un instant que ce gars trempe dans des affaires louches. Tu sais, les hommes qui donnent rendez-vous dans des ruelles sombres ne sont certainement pas des saints.

– C’est ce qu’il fait ?

– Je l’ai suivi plusieurs jours. J’ai même pris des photos de son contact mais impossible de trouver son identité. Il est inconnu des services de police ou du moins, il n’a jamais été arrêté.

– Ok, c’est bon à savoir.

Je me gare sur le parking face à l’immeuble où se trouve l’office notarial de Maddie ainsi que des avocats, entre autres.

J’arrête le moteur puis glisse une main sur la nuque de Maddie.

– Bon à savoir ?

– Comme Alessandro me court un peu après, je préfère savoir d’avance si c’est un dangereux criminel ou pas.

– Pourquoi, tu comptes répondre à ses avances ?

La colère monte inexorablement et je serais prêt à aller défigurer ce type pour m’assurer qu’il ne l’approche plus.

Maddie se rend compte de mon état sombre et me prenant par surprise, elle grimpe sur mes genoux à la vue des passants comme si cela ne la dérangeait nullement.

Sentir son corps chaud contre moi, m’excite et je passe mes mains sous son chemisier pour caresser sa peau douce.

Elle emprisonne mon visage entre ses mains puis me regarde droit dans les yeux comme pour mieux me faire comprendre.

– Svet, je ne compte pas répondre à ses avances. Je… je tiens trop à toi mais je veux savoir si je ne crains rien si je le repousse plus brutalement.

Je grogne entre mes dents :

– Il devra me passer sur le corps avant de s’en prendre à toi. Tu m’appartiens Maddie. Sache-le.

Ses yeux brillent d’un éclat différent comme si le fait de lui dire qu’elle m’appartient la satisfait ou la rassure.

Je remonte mes mains et pousse sa tête vers moi pour emprisonner ses lèvres roses si délicates.

Je la mordille et lèche ses lèvres avant de plonger dans sa bouche, m’appropriant sa langue. Le désir enflamme mes reins et si nous étions ailleurs que dans cette voiture, je la prendrais sur le champ pour lui prouver qu’elle est la femme que je souhaite avoir à mes côtés pour un temps indéterminé.

Je la repousse doucement puis regarde à droite et à gauche pour surveiller que nous n’ayons pas de spectateurs.

– Après ton rendez-vous, j’aimerais te montrer quelque chose. Tu veux bien ?

– Bien sûr, répond-elle en me souriant.

Je hoche la tête et l’aide à réintégrer son siège. Elle remet de l’ordre dans ses vêtements puis avant de sortir de la voiture, elle se tourne vers moi pour déposer un léger baiser à la commissure de mes lèvres.

– J’espère que nous reprendrons ce baiser un peu plus tard.

– N’en doute pas, je renchéris en esquissant un sourire prédateur.

Elle glousse avant d’éloigner son visage de moi et d’ouvrir la portière.

Elle traverse la rue puis disparaît dans l’immeuble.

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