De feu et de glace - L'intégrale

Adeline Alexandre · Chapitre 66 sur 126

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De feu et de glace - L'intégrale

Chapitre 23

 

« Le bonheur peut se révéler aussi fugace qu’une étoile filante dans le ciel et peut disparaître d’un instant à l’autre »

Nicholas Sparks

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Lisea

– On pourrait mettre ce bureau dans cet angle. Nous aurions plus de place, je rétorque à Maddie qui tripote son crayon en fronçant les sourcils.

Depuis deux heures, nous sommes penchées sur nos croquis sur lesquels à main levée, nous réaménageons la pièce.

– Moi j’aurais mis le bureau au fond de la pièce en plein milieu.

Nous ne sommes pas d’accord sur la façon de placer les meubles pour gagner de la place. J’éclate de rire en regardant Maddie qui entortille une mèche de cheveux bruns entre ses doigts.

– On va s’amuser plus tard, si nous ne sommes jamais d’accord sur un projet.

– Justement, que nous n’ayons pas la même façon de voir est intéressante. Le client aura à chaque fois deux propositions. Ce n’est pas plus mal.

– Hum, c’est vrai. Tu as raison.

Maddie me regarde et je tends la main devant moi et en souriant, elle la tape pour conclure notre échange sur notre avenir en tant qu’associées.

J’entends la porte d’entrée s’ouvrir et Nathan entre, la mine sombre. Je me fige en voyant sa détresse sur son beau visage. Svet arrive derrière lui et hausse les épaules en répondant au regard interrogateur de Maddie.

Je me lève et me précipite vers lui. J’entoure mes bras autour de sa nuque et pose ma tête contre sa poitrine musclée, si tendue.

Je m’écarte légèrement pour le sonder du regard puis je me lance d’une voix hésitante :

– Ta mère ?

Je l’entends expirer brutalement et d’une voix enrouée, il murmure :

– Elle n’est toujours pas réveillée mais pour l’instant son état est stable.

Je pousse un soupir de soulagement. Je m’attendais à une plus mauvaise nouvelle et je suis rassurée.

– Tout va bien ? Je te sens épuisé ?

– Ça va mais il faut que nous parlions. Maintenant.

Je sens à l’intonation de sa voix que le moment est arrivé et qu’il va enfin me révéler la vérité sur les secrets qui nous entourent. Je sens mon cœur battre plus vite dans ma cage thoracique. J’ai peur. J’ai peur de ces révélations. Auront-elles un impact sur notre couple ? En sortirons-nous plus complices ou tout le contraire ?

– Je te suis.

Je me tourne vers Maddie qui se lève et qui rassemble nos croquis.

– Svet va te raccompagner. Merci d’être restée avec moi aujourd’hui.

– De rien, répond-elle en s’approchant de moi. Elle me serre la main, sentant mon désarroi.

– Je t’appellerai demain.

Maddie s’éloigne avec Svet et de mon côté, je suis Nathan qui se dirige vers l’escalier.

En entrant dans la chambre, je sens l’ambiance qui s’alourdit et je commence à avoir chaud.

Nathan referme la porte et je m’assois sur la méridienne en face du lit.

Il me fait face et me dévisage longuement avant de commencer son récit d’une voix grave :

– Je vais t’expliquer depuis le début. Lorsque je t’ai vue la première fois, tu te promenais près de chez Maddie et tu étais si belle mais si triste que je n’ai eu qu’une envie, te prendre dans mes bras et te redonner le sourire.

Je fronce les sourcils.

– Tu ne m’as pas vue dans la forêt la première fois ? Je courais et toi aussi. Je me souviens.

Il passe une main dans ses cheveux avant de continuer :

– Non, je t’ai aperçue une semaine auparavant. Je t’ai fait surveiller et quand j’ai su que tu courais tous les jours, j’ai fait en sorte de courir dans la même forêt que toi pour te croiser et te voir de plus près et pourquoi pas faire ta connaissance.

– Pourquoi n’y ai-je pas pensé ? Tu as la forêt de Salton juste à côté d’ici alors pourquoi courir près de chez les parents de Maddie.

Il acquiesce avant de poursuivre :

– Ce jour-là, je t’ai croisée, j’ai senti l’air changer comme si nos corps s’attiraient. On ne peut lutter contre une attirance si soudaine et si puissante et lorsque tu t’es évanouie, j’ai compris que le destin jouait en ma faveur. Je me devais de te ramener ici et de prendre soin de toi. J’avoue que ce n’était pas très sain mais j’étais obnubilé par toi. Je t’ai fait du mal et je m’en veux.

– Non, je ne t’en veux pas, c’est le destin comme tu le dis et même si au début je te craignais, j’aspirais à être avec toi. Tu m’as sauvée de moi-même, Nathan et rien ne pourra enlever cet état de fait.

– Après ton arrivée ici, j’ai enquêté sur toi, sur ton passé.

J’écarquille les yeux et je comprends immédiatement qu’il fait référence au dossier que j’ai découvert sur le bureau.

– J’ai appris le nom de tes parents biologiques, poursuit-il sans me regarder. Ses yeux fixent le mur droit devant lui et je sens alors la tension qui émane de lui.

– Sur Ella Hattaway ?

– Oui mais sur ton père aussi. Quand j’ai su qui était ton père, j’ai pété un plomb. Tu te souviens lorsque je t’ai violentée près de la piscine ?

Un long frisson me parcourt en y repensant. Je l’avais mis sur le compte de son passé trouble aux forces spéciales et non à mon propre passé.

– Qui est mon père ?

– Je t’en supplie, avant de te braquer, promets-moi de me laisser finir, d’accord ?

– Dis-moi qui est mon père ?

– Promets-moi d’abord ? demande-t-il en me regardant les yeux brillants de larmes.

– Oui.

Il garde ses yeux rivés sur moi avant d’énoncer d’une voix inaudible :

– Ted Jensen.

La nausée au bord des lèvres, je place ma main devant ma bouche pour m’empêcher de crier. Un sanglot emplit ma gorge et d’une voix hachée, je crache :

– Tu es…mon…frère ?

Nathan se met à genoux devant moi et s’empare de mes mains avant de me dire :

– Regarde-moi Lisea. Laisse-moi continuer.

J’opine de la tête avant de le regarder, me demandant si je suis en plein cauchemar. Il faut que je me réveille.

– C’est pour ça ?

Il fronce les sourcils et me demande :

– Pour ça quoi ?

– Que tu ne veux pas d’enfants ?