De feu et de glace - L'intégrale

Adeline Alexandre · Chapitre 41 sur 126

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De feu et de glace - L'intégrale

Lisea

Un des gorilles qui surveille la maison s’approche de moi lorsque je suis sur le point de sortir de la piscine. J’y passe beaucoup de temps depuis que la course à pied dans la forêt de Salton est proscrite par les règles du redoutable Svet. Nathan se fit aveuglément aux conseils de cet ancien mercenaire et je n’ai donc aucun mot sur la question. Je dois lui obéir sans discuter.

– Madame Jensen. Mademoiselle Spindler est ici mais je n’ai pas l’autorisation de la laisser passer.

Je m’empare d’une serviette avant de foudroyer le garde du corps.

– Pourquoi, il y a une liste de gens qui sont persona non grata ? Maddie est ma meilleure amie et elle va donc entrer sur cette propriété.

Le garde fronce les sourcils tout en portant la main sur son oreille, écoutant les consignes de ses collègues.

– Excusez-moi Madame, il y a certainement eu une erreur.

– À la bonne heure, faites-la venir ici !

Il s’empresse d’acquiescer avant de s’éloigner d’une démarche rapide.

Lorsque quelques minutes plus tard Maddie apparaît, je pousse un soupir de contentement.

– Oh Lisea, c’est quoi ce bordel ? s’écrie-t-elle en me prenant dans ses bras.

– J’ai été fouillée par des types à la mine patibulaire, on dirait la maison d’un mafieux, ajoute-t-elle en grimaçant.

Je souris en retrouvant la Maddie qui ne mâche pas ses mots. Je me rends compte qu’elle m’a beaucoup manqué durant mon absence ou peut-être est-ce à cause du fait que je ne vois plus Nathan depuis quelques jours. Il passe son temps à son entreprise, sécurisant le projet « Delta » comme il me le répète sans arrêt. Notre retour de vacances ne s’est pas passé comme je l’espérais. Moi qui pensais qu’on passerait le maximum de temps ensemble avant que je ne reprenne mes études, c’est peine perdue… Alors je suis bien heureuse de retrouver Maddie.

– C’est compliqué, je ne peux malheureusement pas t’expliquer pourquoi. Juste que nous sommes menacés à cause d’un projet que la société de Nathan a développé.

– Eh bien, cela à l’air vraiment dangereux pour que quelqu’un veuille vous faire du mal !

Je pousse un soupir avant de lui proposer un transat tandis que Maria s’avance pour déposer un plateau comprenant deux verres et un pichet de limonade citronnée sur la tablette près de moi.

– Merci Maria.

Elle me sourit gentiment avant de saluer Maddie avec chaleur. Elles s’apprécient beaucoup depuis que nous avons organisé le mariage le mois dernier. Je suis heureuse d’être si bien entourée, à part lorsque je regarde près de la terrasse, le dos des gardes vêtus de noir. C’est vrai qu’ils paraissent effrayants mais j’ai pu voir ces derniers jours comment ils prenaient leur travail à cœur, ne voulant pas être trop envahissants. La plupart du temps, ils surveillent les alentours sans trop poser leurs yeux sur moi.

Au début, me mettre en bikini était une épreuve mais depuis je m’y suis faite et lorsque côte à côte Maddie et moi fermons les yeux pour bronzer, j’occulte totalement la présence de tous ces hommes qui sont là pour nous protéger afin de profiter pleinement du soleil.

J’ouvre subitement les yeux en entendant des éclats de voix au loin. Je me redresse et Maddie à mes côtés en fait de même, les sourcils froncés.

– Que se passe-t-il Lili ?

– Je n’en ai aucune idée. Je vais aller voir.

Le bras de Maddie m’arrête et je me tourne vers elle pour comprendre son geste.

– Imagine que c’est quelqu’un qui te veut du mal ?

J’esquisse un sourire avant de lui dire en gloussant :

– Je pense que cette personne ferait moins de bruit pour ne pas attirer l’attention des gardes ou bien depuis le temps, nous aurions entendu des coups de feu.

Le visage horrifié, Maddie me scrute avant qu’elle ne réplique :

– Tu te rends compte de ce que tu dis ? On dirait que tu n’as même pas peur.

– Ce n’est pas ça mais les gardes sont armés et je pense que nous serions prévenues bien assez tôt s’il y avait le moindre danger.

Je me dégage doucement de l’étreinte de Maddie avant de nouer autour de mes hanches un paréo aussi blanc que mon bikini puis je me dirige vers les éclats de voix à l’entrée de la propriété.

Près du portail, trois gardes entourent un homme d’une cinquantaine d’années. Ses cheveux gris bien peignés et son costume parfaitement ajusté ne me trompent pas sur la richesse de cet homme. Pourquoi est-il ici ? Je ne l’ai jamais vu.

Je m’approche mais quelqu’un pose sa main sur mon bras, la large main n’est pas celle de Maddie et lorsque je me retourne, je vois le regard furieux d’un des gardes du corps, un gorille de deux mètres, à la mine féroce.

– Madame Jensen, vous ne devez pas approcher. Nous ne savons pas l’identité de cet intrus. Vous ne devez pas rester à sa portée.

– Lâchez-moi espèce de malotru, je crie, faisant tourner la tête des trois autres hommes et de l’inconnu dans ma direction.

Puis j’entends la voix de l’homme qui essaye de capter mon attention.

– Je suis Ted Jensen, le père de Nathan Jensen.

Le garde du corps à sa droite lui empoigne le bras de façon brutale.

– Vous n’êtes pas sur la liste des personnes pouvant pénétrer sur cette propriété. Veuillez joindre Monsieur Jensen par téléphone si vous le souhaitez. Madame Jensen ne peut vous recevoir.

Le soit disant père de Nathan me regarde fixement avant de répéter d’une voix froide et détachée :

– Madame Jensen. Voyez-vous ça ! Les articles de journaux relatant les noces de mon fils étaient bien fondés.

Je fronce les sourcils, incrédule de l’entendre parler ainsi.

– Je voulais voir en face la petite garce qui a réussi à mettre le grappin sur mon fils, me voilà servi. Je comprends comment, continue-t-il en me déshabillant d’un regard pervers, sans aucune gêne.

Je me sens aussitôt complètement nue face à son regard vicieux et je sens une rougeur envahir mes pommettes. Je comprends mieux le comportement de Nathan à l’égard de son père. C’est une ordure de la pire espèce et lorsque le deuxième garde l’empoigne pour le mettre dehors, je me sens mieux et pour la première fois depuis qu’ils sont là, je suis contente de les avoir pour me protéger car contre toute attente, cet homme me fait plus peur que la menace qui plane sur moi.

Lorsqu’il disparaît de ma vue, j’ai l’impression de sentir encore l’empreinte de ses yeux sur mon corps et je ne peux empêcher le frisson qui remonte mon échine.

– Venez Madame Jensen, ne l’écoutez pas, déclare le garde du corps qui tient encore mon bras depuis l’altercation.

– Comment vous appelez-vous ? je lui demande en le remerciant du regard pour son intervention.

– Matt.

– Matt, merci pour votre aide, je souffle en reprenant une contenance.

– De rien, Madame Jensen. Faites-moi plaisir et ne vous approchez plus des grilles. C’est dangereux.