De feu et de glace - L'intégrale

Adeline Alexandre · Chapitre 111 sur 126

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De feu et de glace - L'intégrale

Chapitre 18

 

« Rester ou partir, se battre ou s’enfuir, seul ton cœur te montrera le chemin à suivre »

Jonathan Pasquier

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Maddie

Lorsque je me réveille, je sens une main douce qui caresse mon bras, j’ouvre les yeux à regret, sachant très bien qu’il ne s’agit pas de Svet.

Mes yeux rencontrent ceux de ma mère qui est assise au bord du lit.

– Madison, ma puce. Comme je suis soulagée de te voir en vie !

– Et moi, je suis contente de te voir. J’ai eu peur qu’il ne s’en prenne à toi, je murmure en prenant sa main.

– Je n’aurais jamais cru qu’il puisse te faire subir tout ça et surtout qu’il soit cet être abject.

– Oh maman, je souffle.

Elle se penche et dépose un baiser sur mon front, me rappelant mon enfance.

Mon père me bordait tous les soirs tandis que ma mère venait un peu après pour me déposer un baiser sur le front en me souhaitant de beaux rêves.

L’amour inconditionnel d’une mère envers sa fille. J’ai vécu une enfance idyllique.

– Susan est dans tous ses états, elle n’est pas responsable des actes de son fils. Nous avons fait notre possible pourtant. Il a fait de brillantes études et ton père l’a très vite embauché dans la banque. Nous avons vraiment fait ce que nous pouvions pour assurer son avenir.

– Je sais maman.

Ma mère renifle et j’ai les larmes aux yeux de voir au fond d’elle l’incompréhension ainsi que la douleur de la mort de mon père qui n’est pas naturelle.

– Tu te sens mieux ? me demande-t-elle en se reprenant.

– Oui.

Ses yeux se posent sur le pansement qui orne le dessus de ma main et je me rappelle ma crise d’hier soir et je comprends mieux sa question.

– Oui, ça va mieux maman.

Elle hoche la tête puis se lève.

– Habille-toi et rejoins-nous en bas. Tu as des amis vraiment formidables Madison, tu le sais, n’est-ce pas ?

– Oui, je le sais.

Ma mère quitte la chambre et je me blottis sous la couette. Je n’ai pas envie de descendre et m’apercevoir qu’il manque quelqu’un.

Où est Svet ? Et pourquoi n’est-il pas là, à mes côtés ?

Il est venu me sauver puis m’a laissée entre les mains de Nathan comme si je n’étais qu’une vulgaire mission.

– Salaud, je grogne en repoussant la couette. Si je ne veux pas que Lisea vienne me chercher, je dois me dépêcher de descendre.

Quelqu’un a laissé dans la salle de bains attenante, un jean slim noir, un pull à col roulé bleu pétrole ainsi que des sous-vêtements.

Je glisse sous la douche pour reprendre figure humaine avant de m’habiller et de quitter la chambre après un léger maquillage pour cacher mes cernes.

Je suis les voix lointaines et retrouve Nathan, Lisea ainsi que ma mère autour d’un copieux petit-déjeuner que Maria, la gouvernante de la maison a préparé.

– Bonjour, je murmure en m’éclaircissant la voix.

Toutes les têtes se tournent vers moi et tout le monde me sourit. Nathan me désigne la chaise à côté de Lisea et je m’assois sentant tous les regards posés sur moi, me mettant légèrement mal à l’aise.

Lisea me sert un café et je la remercie d’un hochement de la tête, laissant ma mère reprendre à voix basse :

– On peut tellement se tromper sur les gens. Susan est sens dessus dessous mais comment la consoler alors que son fils est responsable de la mort de…

Je me tourne vers Nathan et lui demande :

– As-tu eu des nouvelles de Svet ?

Son visage se ferme puis il secoue la tête.

– Je suis désolé Maddie, il n’a prévenu personne de son départ. Je ne sais pas du tout s’il est toujours en ville ou s’il est parti.

Sa phrase reste en suspens et tourne en boucle dans ma tête puis le silence pesant qui s’ensuit me pèse.

Au bout de quelques secondes ou minutes, ma mère reprend :

– Mon pauvre Jeffrey…

Je ne supporte plus d’entendre tout ça, de voir ma mère souffrir et de parler de mon père. Je me lève d’un bond sans avoir bu une seule goutte de mon café. Je ne regarde personne et sors de la pièce sans vraiment savoir où aller.

Dans le hall, je regarde par la fenêtre et j’aperçois l’océan. Ce qui me décide à aller prendre l’air sur la plage. J’ai besoin de l’air marin pour me ressourcer et réfléchir à ces derniers jours. Comme si un bilan s’imposait.

J’enfile le manteau de Lisea qui est accroché au porte-manteau, noue son écharpe autour de mon cou avant de sortir dans le froid glacial du matin.

Avant de refermer la porte, j’entends Lisea qui s’écrie :

– Attends Maddie !