De feu et de glace - L'intégrale
Chapitre 19
« Le rêve et la réalité font partie de la vie, il faut seulement savoir les distinguer »
Adam Oceany
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Maddie
Cela fait déjà deux semaines que j’ai aperçu les bagages de Svet chez lui et depuis, je vis au jour le jour, espérant malgré tout qu’il finira par m’appeler.
J’ai repris ma routine malgré cela et Lisea est arrivée ce matin, la mine réjouie, me narguant avec le chèque d’un de nos nouveaux clients.
Les affaires vont toujours aussi bien, seul point positif dans ma vie à part bien sûr le soutien de Lisea et de Nathan depuis ces derniers événements. Ma mère continue de préparer le bal de charité en soutien aux enfants malades et aux dernières nouvelles, Susan semble toujours aider ma mère dans cette préparation. Hugo est en prison et attend maintenant son procès. Je sais qu’elle lui rend visite régulièrement mais j’avoue ne pas vouloir en savoir davantage. Je veux pouvoir laisser ce mauvais passage de côté. Je me recueille très souvent sur la tombe de mon père. À chacune de mes visites, je repars plus sereine comme s’il m’apportait du réconfort.
Ce midi, je fais la queue chez le traiteur à côté de l’agence quand j’entends la sonnerie de mon portable.
Je fronce les sourcils en regardant l’écran de mon téléphone. C’est un message d’Alessandro :
« Je voulais savoir comment tu allais. Nous pourrions dîner ensemble un soir si tu es disponible. Je pense à toi. Alessandro ».
J’efface le message et range mon téléphone sans lui répondre.
Quand j’entre dans l’agence à mon retour, je retrouve Lisea en pleine conversation avec Alessandro.
Lorsqu’il m’aperçoit, son visage s’illumine, il s’avance vers moi pour me débarrasser du sac venant du traiteur.
– Comment vas-tu Madison ?
Ses yeux verts me sondent, plongeant au fond de moi.
– Ça va, je me demande bien ce que tu fais ici alors que je viens de recevoir un message de ta part il y a à peine vingt minutes.
– Eh bien, comme je me doutais que tu n’y répondrais pas, je suis venu jusqu’ici pour te le demander en face et voir de moi-même que tu te remets de toutes ces épreuves.
– Comme tu peux le voir, je suis en forme.
Il hoche la tête, pensif puis il reprend :
– Alors ce dîner ?
Je regarde Lisea qui me fait un signe comme pour me dire d’accepter et lorsque je reporte mon attention sur Alessandro, je balbutie :
– Je regarde mon agenda et je te rappelle.
– Très bien. Je compte sur toi.
– Euh oui bien sûr.
Alessandro s’avance vers la porte mais avant de l’ouvrir, il nous regarde toutes les deux :
– Au fait, avez-vous eu des nouvelles du magazine de décoration ?
– House Beautiful ? demande Lisea.
– Oui, ils m’ont contacté il y a quelques jours pour me demander plus d’informations à votre sujet.
– Oh… j’espère que nous aurons un article dans leur magazine, il est tellement tendance ! continue-t-elle, d’une voix excitée.
Alessandro m’adresse un petit sourire avant de prendre congé.
– À bientôt Madison.
Dès qu’il franchit la porte, Lisea s’approche de moi et m’apostrophe :
– Bon sang, Maddie, tu ne peux pas être plus chaleureuse avec lui. Il est si attentionné à ton égard.
– Ce n’est pas le moment. Je n’ai vraiment pas envie de sortir avec lui. Si j’accepte même par amitié, je sais qu’il essaiera de me séduire et…
– Et tu n’es pas encore prête je sais mais si ça peut faire pencher la balance en sa faveur, sache que ça fait plus de deux semaines qu’il me demande de tes nouvelles, presque chaque jour. Je ne te demande pas de tomber dans ses bras mais il peut t’aider comme un simple ami.
Je suis saisie d’étonnement, je ne pensais pas qu’il puisse être si prévenant et si inquiet pour moi. Je sais qu’il tient à moi mais c’est difficile de passer à autre chose. Svet est encore trop ancré en moi, cela ne fait que deux semaines qu’il m’a quitté et je doute de pouvoir l’oublier. Pourtant je lui en veux d’être parti mais le cœur et la raison sont très distincts. Je ne peux cesser de l’aimer du jour au lendemain. Mon cœur se serre à cette idée et je prends sur moi pour continuer à sourire en entendant Lisea parler avec ferveur d’un article potentiel.
La journée passe et lorsque j’arrive à mon appartement, je me sers un verre de Chardonnay tout en pensant une nouvelle fois à Svet. Je l’imagine en train de me prendre dans ses bras, j’enfouirais ma tête contre son torse et respirerais son odeur d’homme. Je sais déjà qu’il me ferait l’amour à plusieurs reprises et qu’ensuite je m’endormirais, son grand corps emprisonnant le mien.
Ce soir-là, après un léger dîner toujours accompagné de la bouteille de vin blanc, je me couche le corps fébrile, en manque de lui et allongée dans mon lit, j’imagine ses mains et sa bouche sur moi. Il commencerait par m’embrasser sur la bouche puis sa langue titillerait le lobe de mes oreilles, me faisant frissonner avant qu’il ne descende vers mon cou et d’en suçoter la chair tendre.