De feu et de glace - L'intégrale
Chapitre 17
« Mieux vaut une amère vérité qu’un doux mensonge »
Proverbe Russe.
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Lisea
La nuit a été mouvementée et sous la douche, je laisse l’eau couler sur mon corps pour essayer de me détendre. J’ai les nerfs en pelote depuis l’incident de cette nuit et la peur ne me quitte plus. Nathan n’a pas voulu m’en dire trop alors je ne sais même pas ce que voulait l’intrus.
J’entends encore le coup de feu résonner dans ma tête et je tremble rien qu’à l’idée que cette balle aurait pu tuer mon mari, l’homme de ma vie.
Je sens des mains qui caressent mon dos et je sursaute avant que Nathan ne chuchote :
– Chut, ce n’est que moi.
Il se colle tout contre moi et je sens ma peur refluer. Je me retourne et me glisse entre ses bras. Nos corps nus se fondent l’un contre l’autre et je me sens à ma place, là où je me sens en sécurité.
– Tu n’es pas parti au travail ?
– Non, j’ai décidé de rester avec toi ce matin et cette après-midi, Maddie te tiendra compagnie pendant mon absence.
Je secoue la tête et assure d’une voix que je veux paraître sûre :
– Pas la peine, tu peux y aller si tu veux. J’ai une ribambelle d’anges gardiens autour de moi.
Une main douce emprisonne mon menton et je suis obligée de le regarder en face. Nos yeux s’aimantent et je perçois l’inquiétude qui le tourmente.
– Lisea, ton corps ne ment pas. Tu as peur, tu es inquiète et je ne vais pas te laisser traverser ça toute seule.
Je secoue la tête pour le rassurer mais cela achève de le convaincre de rester près de moi.
– Allez, sortons d’ici. Je pense que tu es assez propre. Tes doigts sont tous fripés.
Il m’aide à sortir de la douche et entreprend de me sécher en douceur.
Dès que nous sommes habillés, j’ouvre la porte de la chambre et j’ai un mouvement de recul lorsque je rencontre les yeux bleus perçants de Svet posés sur moi.
– Oh… euh bonjour Svet.
Il incline la tête sans pour autant me quitter des yeux.
– Bonjour Madame Jensen. J’espère que vous allez bien.
Je hausse les sourcils, étonnée de l’entendre me demander comment je me porte. Cet homme paraît tellement si froid, si robotisé que sa question reste en suspens entre nous.
Je me ressaisis avant de marmonner :
– Oui, ça va.
Nathan me prend la main et nous devançons Svet qui nous suit à la trace à pas de loup. Pour un géant baraqué, il a vraiment la démarche souple et silencieuse. Bizarrement, entourée de Nathan et lui, je sens ma poitrine se desserrer légèrement. Je me sens en sécurité entre ces deux hommes costauds.
Nathan sent certainement mon changement de comportement puisqu’il me jette un rapide coup d’œil en plissant les yeux avant de tourner la tête vers Svet pour lui faire un signe de la tête.
Pendant le petit-déjeuner, Maria, fidèle à elle-même, nous ressert plusieurs fois en crêpes pour le plus grand plaisir de Nathan et Svet qui se les enfilent à la vitesse de l’éclair.