De feu et de glace - L'intégrale

Adeline Alexandre · Chapitre 77 sur 126

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De feu et de glace - L'intégrale

Svet

Matt me fait ensuite monter dans une voiture et met en route le moteur. Je pose ma tête sur l’appui-tête de la voiture et ferme les yeux un instant.

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Svet

Dans un coin de la pièce, je suis du regard Maddie qui se déhanche au milieu de la piste de danse avec insouciance, buvant verre après verre. Je sais que son comportement est lié à la façon dont s’est terminé notre face à face. L’ayant suivie et surveillée lorsqu’elle était en compagnie de Lisea il y a quelques années, je sais que ce n’est pas son genre de boire autant. Je sais que ce soir, je l’ai blessée. Je regrette ma brusquerie et mes dures paroles à son égard mais il fallait qu’elle comprenne.

Je me tends lorsque je la vois vaciller sur ses jambes, je me retiens d’aller l’aider et laisse Nathan la relever. Il lui parle puis elle se dégage de son étreinte avant de quitter la tente, les jambes flageolantes. Nathan la suit et ils disparaissent de ma vue.

Au bout de quelques minutes, Nathan revient seul dans la tente et passe sa main dans ses cheveux avant de rejoindre Lisea et de la prendre dans ses bras. Elle lui sourit puis il murmure à son oreille quelque chose qui la fait éclater de rire avant qu’il ne l’embrasse à pleine bouche me faisant détourner le regard.

Inquiet de ne pas voir réapparaître Maddie, je me dirige vers le couple.

– Je vais vous laisser. C’était une soirée très réussie, merci pour l’invitation. Lisea, tu es superbe comme toujours.

– Merci Svet. Je suis contente que tu sois venu. Ça fait plaisir de te revoir ici. Je pense que nous nous reverrons bientôt.

– Maintenant que je retravaille pour ton mari, sans aucun doute.

J’hésite un moment puis je demande d’une voix détachée :

– Et Maddie, où est-elle ?

Lisea me sourit avec un regard qui en dit long sur ce qu’elle pense avant que Nathan n’intervienne :

– Matt l’a raccompagnée chez elle. Elle était fatiguée.

– Ou plutôt complètement beurrée, ce qui ne lui ressemble pas, ajoute Lisea en arquant un sourcil.

– Ok. Bonne soirée à vous deux et encore joyeux anniversaire, dis-je sans relever la remarque de Lisea.

Nathan me fait une accolade brutale et Lisea me sourit sans me lâcher du regard. Je quitte la tente où la fête bat encore son plein.

Au volant de ma voiture, je prends la direction de l’autoroute et saisi d’une envie subite, je bifurque en direction du centre-ville pour m’assurer que Maddie est bien rentrée chez elle. Je sais qu’elle a acheté l’appartement au-dessus de leur agence de décoration et je connais parfaitement les lieux. J’accélère et l’Audi A6 gronde, comme reconnaissante que je la pousse un peu. J’ai toujours aimé la vitesse et dès mon retour, j’ai acheté cette merveille avec un moteur V8 de quatre cent cinquante chevaux.

Je ne ralentis qu’au moment où j’atteins la rue commerçante. J’aperçois Matt qui aide Maddie à descendre de la voiture. Elle s’arrête devant la porte qui mène à l’appartement du dessus pendant que je me gare non loin de là et éteins le moteur pour ne pas attirer l’attention. Je ne sais pas pourquoi je suis venu jusque-là. Peut-être pour me rassurer qu’elle rentre bien chez elle. En même temps avec cette tenue, elle pourrait s’attirer des ennuis. Elle est si sexy dans cette robe moulante ou plutôt dans ce tissu qui couvre à peine ses fesses rondes appétissantes. Mon sexe se contracte et je me concentre pour refouler le désir qu’elle m’inspire.

Elle ouvre la porte et Matt rejoint la voiture avant de s’éloigner sans plus attendre. C’est à ce moment-là qu’un homme sorti de nulle part s’approche d’elle et lui parle en faisant de grands gestes. Je fronce les sourcils et sors de la voiture en silence avant d’avancer à pas feutrés pour ne pas me faire repérer trop tôt. Je veux d’abord savoir ce qu’il lui veut avant de me montrer.

Je suis maintenant assez proche pour entendre leur conversation.

– Gavin, que fais-tu ici ? Tu m’as fait une de ces peurs !

Le dénommé Gavin approche sa main et touche sa joue de façon possessive et je me tends, n’appréciant pas de voir cet homme avec elle.

– Oh Maddie, tu es si belle et je ne peux plus attendre un jour de plus avant de te dire que je t’aime. Tu es si belle, si désirable.

Maddie le repousse d’un geste brusque.

– Gavin, on se connaît à peine et puis tu débarques comme ça à deux heures du matin. Je suis fatiguée et soûle en plus de ça. Je ne me rappellerai même pas de ce qui s’est passé tellement je suis ivre.

Sa voix est détachée et cet homme ne peut que voir qu’elle est ivre alors pourquoi insiste-t-il ? Je n’aime pas ça et je suis content d’être venu jusqu’ici.

– Maddie, je te promets que demain matin, tu te souviendras de ta folle nuit avec moi.

L’homme se penche sur elle comme pour l’embrasser, Maddie panique entre ses bras et essaye de le repousser, en vain.

Il ne m’en faut pas plus. Je me précipite vers eux et d’une main puissante je tire sur le col de la chemise du type. Sa corpulence étant beaucoup moins impressionnante que la mienne, j’arrive à le mettre à terre sans effort. Il a l’air éberlué mais réagit très vite puisqu’il se lève et recule de quelques mètres en me dévisageant comme si j’étais un monstre.

– Putain, t’es qui toi ?

– Si je te revois la toucher sans son consentement, tu es un homme mort.

Le type ne demande pas son reste et s’enfuit en courant comme s’il avait le diable à ses trousses.

Je me retourne sur Maddie qui, les bras ballants, me regarde comme si j’arrivais de la planète Mars.

Son regard qui jusque-là était figé, se déride brutalement et elle éclate de rire, se pliant en deux. Maddie est complètement soûle et n’est pas capable dans l’immédiat de rentrer chez elle sans aide. Je compte bien remonter les bretelles de Matt lundi pour son manque de prévoyance. Il n’a pas assuré sa sécurité jusqu’à ce qu’elle soit enfermée à double tour dans son appartement et je ne manquerai pas de lui rappeler que son professionnalisme laisse à désirer.

Je regarde de nouveau Maddie qui finit par s’arrêter de rire.

– Allez viens ma belle, je vais t’aider à monter.

– Attends, je dois enlever ses satanés talons. J’ai trop mal aux pieds, dit-elle en gloussant.

Je lui prends le bras et l’encourage à avancer dans le couloir étroit menant à l’étage mais sa démarche devient si lente que je me penche sur elle et la prends dans mes bras. Elle pousse un cri de surprise mais je ne m’en préoccupe pas. Je monte sans effort la quinzaine de marche menant à la seule porte.

Chez elle, j’allume la lumière avant de me diriger vers le fond du séjour où le couloir mène à la seule porte ouverte qui se trouve être sa chambre. Je la dépose avec précaution sur le lit.

Maddie me fixe alors et je prends sur moi pour ne pas la déshabiller sur le champ et la prendre comme ses yeux me le demandent. Je sais qu’elle me désire mais je ne suis pas le genre d’homme qui se jette sur une femme qui n’est pas dans son état normal et encore moins si c’est Maddie. Je me suis promis de ne pas la toucher, enfin pas intimement.

– Svet ?

Je la regarde, les bras ballants me demandant bien ce qu’elle va me dire.

– Oui, je grogne tout bas.

– Merci. Je suis soûle mais je sais que si tu n’avais pas été là, j’aurais été bien embêtée.

– Embêtée ? Bon sang, ce que tu peux être aveugle. Ce type s’en foutait que tu sois ivre. Il te voulait, je lâche d’une voix sourde de colère.

Elle lève les yeux au plafond puis soupire avant de rétorquer d’une voix hachée :

– Au moins… lui…il me veut.

Un juron m’échappe et je m’assois au bord du lit, ma cuisse touchant la sienne puis du bout des doigts, je caresse sa joue.

– Maddie…

Ses yeux croisent les miens et elle murmure :

– Des fois, je rêve que nous faisons l’amour et c’est si fort, si profond. J’aimerais un jour le vivre en vrai.

Ses yeux papillonnent puis se ferment. J’entends à sa respiration qu’elle s’est profondément endormie.

Ce qu’elle m’a avoué me touche, plus que je ne le devrais et je pousse un soupir en admirant ses traits fins, sa bouche appelant les baisers et ses longs cils.

Je passe mon pouce sur sa bouche entrouverte et la caresse avant d’énoncer d’une voix tendre :

– Moi aussi, j’aimerais le vivre pour de vrai.

Je ferme les yeux un instant avant de reprendre une contenance. Je me relève brusquement avant de m’attendrir plus que de raison. Je grimace en sentant la cuisante brûlure de ma cuisse. Ma blessure semble me rappeler à l’ordre comme un signal d’alarme. Je ne peux pas. Je ne peux pas lui donner ce qu’elle réclame et je sens que ces prochaines semaines, voire les mois et les années à venir vont être une véritable torture.

Je prends la couverture qui se trouve au pied du lit et l’étends sur elle. Je la borde pour qu’elle n’attrape pas froid puis je quitte la chambre à contrecœur en la regardant une dernière fois comme pour mémoriser ses traits.

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