De feu et de glace - L'intégrale

Adeline Alexandre · Chapitre 75 sur 126

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De feu et de glace - L'intégrale

Svet

Je balbutie dans un brouillard :

– Merci.

– De rien, tu as des chaussures excessivement dangereuses, répond-il d’une voix grave.

L’entendre parler me fait remonter à la surface et mes joues deviennent brûlantes.

Même après toutes ces années, je ressens encore cette brutale attirance. Je pensais que le revoir ternirait les souvenirs que j’ai de lui mais c’est tout le contraire. Je sens à l’humidité de ma culotte qu’il est loin de m’être indifférente et lorsque je croise de nouveau son regard, je me fais la promesse de tout faire pour qu’il soit à moi.

Je le veux et je ferai tout pour l’avoir, quitte à en souffrir par la suite car je ne peux rester loin de cet homme.

****

Svet

Je savais que je la verrais ce soir mais je ne m’étais pas préparé à découvrir la jeune femme dans une tenue si sexy et provocante me faisant deviner chaque courbe de son corps mince. Ses petits seins hauts perchés, ses cheveux relevés dévoilant sa nuque me donnent l’envie irrépressible de lui déposer des baisers sauvages. Je ne pense plus qu’à la mordiller et à embrasser ses lèvres pulpeuses peintes d’un rouge éclatant.

– Je ne peux pas faire ça, je déclare tout haut en tournant les talons.

Je sors de la tente comme si j’avais le diable aux trousses. Je n’aurais jamais dû venir ce soir. Je savais que mon attirance pour elle était toujours présente malgré toutes ces années mais je ne m’attendais pas à la voir si fraîche, si belle, si douce. Je sens encore ses bras fins lorsque je l’ai empêchée de tomber devant moi.

Je m’arrête lorsque je m’approche de l’océan et je m’assois sur un bout de bois en grommelant. Ma blessure à la jambe me lance me rappelant cruellement que je ne suis pas revenu indemne de ma dernière mission.

Je me tends lorsque Maddie s’approche de moi, pieds nus, tenant ses chaussures aux talons démesurés dans une main.

Sans un mot, elle s’assoit à mes côtés et nous restons ainsi sans parler, écoutant le bruit des vagues qui s’échouent sur le sable à quelques mètres de nous.

– Je suis contente, finit-elle par murmurer.

Je hausse un sourcil et continue de regarder droit devant moi.

– Pourquoi es-tu contente ?

Je sens son regard se poser sur moi avant qu’elle ne réponde :

– Que tu sois revenu sain et sauf. J’ai passé trois ans à me demander si tu étais toujours vivant.

– Et tu es là, ajoute-t-elle en posant doucement sa main sur ma cuisse.

La douceur de sa petite main me donne un frisson et j’essaye de rester de marbre, en vain. Une force inconnue me pousse à faire ce que je me suis défendu de faire depuis que je l’ai rencontrée.

J’emprisonne sa main dans la mienne et la serre tandis que de l’autre je prends son visage en coupe et fonds sur elle comme si elle était ma proie.

Sans douceur, je m’approprie sa bouche pulpeuse et ma langue entoure la sienne dans une danse effrénée. Je glisse ma main sur sa poitrine, empoignant un sein avant d’en torturer la pointe. Elle gémit tout contre moi et semble apprécier mon désir pourtant brutal. Je vois rouge, l’excitation envahit mes reins, mon sexe tressaute dans mon boxer et je n’ai qu’une envie, la prendre sur cette plage à deux pas de la fête de l’un de mes meilleurs amis. C’est ce déclic qui me fait revenir à la surface et qui me libère de cette étreinte passionnée. Je m’écarte aussi brusquement que j’ai commencé et je passe ma main sur mon visage où je peux sentir mes cicatrices me rappelant qui je suis. Quelqu’un à l’esprit torturé.

– Je n’ai rien à t’offrir, strictement rien.

Je reprends mon souffle et regarde Maddie dans la pénombre qui remet de l’ordre dans sa tenue mais qui ne s’enfuit pas pour autant. Elle reste assise à mes côtés et ne semble pas perturbée par mon approche sauvage. Elle respire profondément et attend d’avoir repris une respiration normale avant de déclarer :

– Qu’en sais-tu Svet ? Tout ce que je vois c’est que nous sommes attirés l’un par l’autre. Bon sang, je ferais tout à cet instant pour que tu me prennes dans tes bras et que tu me fasses l’amour.

– Maddie, non, non. Ne me parle pas d’amour. Tu ne sais pas de quoi tu parles. Trouve-toi un gentil garçon qui t’offrira des fleurs et des chocolats et vis ta vie… loin de moi.

– Alors pourquoi m’as-tu embrassée dans ce cas si je ne représente rien pour toi ?

Je pousse un soupir et proclame d’une voix dure, comme je sais si bien le faire :

– Parce que ça fait longtemps que je n’ai pas baisé tout simplement.

Ma phrase reste comme suspendue entre nous et je sais que je l’ai profondément blessée mais c’est hélas, la seule solution pour qu’elle reste à l’écart.

Maddie se met alors à pleurer et je prends sur moi pour résister à l’envie de la consoler. Je dois rester le connard qui lui a enlevé l’espoir d’une relation entre nous.

Je m’éloigne à contre cœur de la seule femme avec qui j’ai pourtant envie d’être.

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