De feu et de glace - L'intégrale
Chapitre 4
« Aimer ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction »
Antoine de Saint-Exupéry
Lisea
Un cri perce la nuit, me faisant sursauter. J’ouvre les yeux et mets quelques secondes pour me rappeler l’endroit où je me trouve. J’entends le bruissement des draps et le matelas qui bouge. N.J fait un cauchemar. Malgré la pénombre, je remarque qu’il est allongé sur le dos, je place une main sur son torse recouvert d’une fine pellicule de sueur. Il est en plein cauchemar et ça me fend le cœur de l’entendre gémir tout bas.
Je ne sais pas s’il est judicieux de le réveiller alors j’essaye de le calmer en me blottissant contre lui en posant ma main contre son cœur qui tambourine contre ma paume. Je répète inlassablement ces quelques mots :
– Chut, doucement, chut.
Au bout de quelques minutes, mes paroles semblent lui faire de l’effet, car je l’entends expirer de l’air avant de se calmer presque brutalement. L’une de ses mains emprisonne ma main posée sur son cœur et la serre sans me faire mal comme pour me remercier de l’avoir sorti de son cauchemar.
Il semble apaisé et j’essaye en vain de fermer les yeux pour le rejoindre dans le sommeil, mais impossible. Pourquoi des cauchemars le hantent-ils ? Que s’est-il passé pour qu’il devienne si vulnérable lorsqu’il dort ? Malgré tout, être témoin de ses terreurs nocturnes me rassure quelque peu, il devient moins effrayant et ça le rend plus humain. Car même s’il peut être gentil, s’occupant de moi avec douceur, je sens qu’il cache des choses et son passé semble en être responsable.
Lasse de mes pensées et fatiguée de chercher à le comprendre, je me sens partir dans les limbes du sommeil.