De feu et de glace - L'intégrale
Chapitre 11
« Le temps peut guérir ce que la raison n’a pas su guérir »
Inconnu.
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3 mois après
Maddie
En novembre, l’automne se termine après une arrière-saison plus que douce et le froid qui s’infiltre sous mon manteau me fait frissonner.
Je me dépêche de sonner à la porte d’Alessandro De Luca, pressée de me réchauffer à l’intérieur.
Depuis un mois, j’ai pu réintégrer mon appartement n’ayant pas reçu de menace directement. Nathan et Svet ont repassé au crible mon appartement et installé des verrous supplémentaires ainsi qu’une alarme dernière génération sortant tout droit de J&J.
Malgré ma réintégration, Svet reste près de moi, partageant avec moi ses soirées de libre et ses nuits. Nous n’avons jamais reparlé de notre accord. Je suis donc toujours sa partenaire et rien n’a changé. Je me demande toujours si un jour, il ne va pas disparaître à nouveau et me laisser seule. Je chasse ces pensées moroses de mon esprit lorsque la porte s’ouvre sur Alessandro lui-même affichant un grand sourire comme à chacune de nos rencontres. À ma grande surprise, il est passé de la séduction à l’amitié et je lui en suis reconnaissante. Je pense que la mort de mon père m’a tellement affectée qu’il a ressenti le besoin de me montrer sa sympathie. Alors du jour au lendemain, il est devenu très amical et puis, il m’a aperçue à de nombreuses reprises au bras de Svet et je pense qu’il a vite compris que je suis très éprise de lui.
– Madison, comment allez-vous ?
– Très bien merci. Je suis venue voir l’avancée des travaux, je déclare en lui serrant la main qu’il me tend.
– Voyez par vous-même, le hall est fini depuis hier et ils ont attaqué la bibliothèque ce matin.
– La dernière pièce puis elle sera enfin finie.
– Oui, vous avez fait un travail formidable et j’ai une très bonne nouvelle pour vous.
– Ah bon laquelle ?
– Venez dans le salon, nous allons boire un café et je vais vous expliquer.
Je pénètre à sa suite dans le salon récemment aménagé et je tourne autour de moi-même admirant le travail des ouvriers. Voir mes croquis devenir réalité me donne le sourire et ce projet bientôt fini me rend très fière.
– Asseyez-vous Madison. Vous savez, vous êtes la bienvenue quand vous voulez. Ma porte vous sera toujours grande ouverte.
– Merci Alessandro, vous êtes un client vraiment très agréable et j’ai beaucoup aimé travailler avec vous sur ce grand projet.
Alessandro affiche un sourire crispé et grogne :
– Client, j’espérais être plus que cela pour vous.
– Oui, bien sûr. Excusez-moi. Vous avez mon amitié.
Il pousse un soupir et réplique d’un ton badin :
– Je m’en contenterai jusqu’à ce que vous vous lassiez de votre petit ami.
J’écarquille les yeux, ne sachant plus où me mettre.
– Alessandro, je commence d’une voix douce.
– Ne dites rien ma chère.
Un majordome pénètre alors dans le salon, portant en équilibre sur une main, un plateau contenant deux tasses de café et des biscuits avant de s’éclipser.
Je prends la tasse que me tend Alessandro puis l’interroge :
– Alors c’est quoi cette bonne nouvelle ?
Alessandro boit une gorgée de café puis s’éclaircit la voix avant d’annoncer :
– Eh bien, je vais très bientôt être interviewé sur la chaîne de prêt-à-porter que je dirige ici à San Francisco et j’ai demandé à ce qu’ils le fassent ici-même pour qu’ils puissent voir la maison dans laquelle je vis.
– Je suis contente pour vous.
– Je n’ai pas terminé. En parlant avec la journaliste, j’ai pu prendre contact avec le magazine de décoration le plus prisé de ces dernières années.
– House Beautiful ? je demande sentant mon cœur battre plus rapidement.
– Eh oui. Ils comptent prendre des photos de toute la maison. Je leur dirai bien évidemment le nom de l’agence avec laquelle j’ai travaillé.
– Oh Alessandro, vous êtes si gentil. Pourquoi faites-vous tout ça pour nous ?
Alessandro me regarde alors, les yeux légèrement brillants :
– Pour vous Madison. J’espère qu’un jour, vous vous rendrez compte de ce que je peux vous offrir, indépendamment de tout ça, dit-il en désignant la maison luxueuse dans laquelle il vit.
– Je ne sais quoi vous dire.
– Ne dites rien. Sachez que vous m’avez pris mon cœur et je vous attends. Un jour, je sais que vous viendrez à moi. Je ne veux pas vous effrayer mais je cache mes sentiments depuis plusieurs mois, je voulais vous laisser de l’espace avec le deuil que vous portiez.
– Je… Alessandro.
– Ttt, pas un mot. Je ne veux rien entendre à part si c’est pour m’avouer votre attirance.
Je laisse alors ma phrase en suspens puis me lève, gênée.
– Je vais vous laisser Alessandro, je reviendrai dans une dizaine de jours pour finaliser le chantier.
Alessandro se lève et lisse son costume avant de me raccompagner à la porte.
Lorsque je suis sur le point de partir, il pose une main douce sur mon épaule et murmure :
– Vous vous enfuyez Madison mais ce n’est pas grave.
– Je…
– À très bientôt, ajoute-t-il sur un ton étrange me donnant une étrange impression mais je la chasse pour le saluer brièvement avant de rejoindre ma voiture d’un pas plus pressant qu’à mon arrivée. Alessandro ne compte pas laisser tomber. Il semble éprouver des sentiments pour moi et je redoute à présent nos futures rencontres.
De retour à l’agence, je retrouve Lisea qui travaille sur un nouveau projet. Elle lève la tête dans ma direction et me sourit avant de demander :
– Alors ce rendez-vous avec Alessandro. Les travaux se terminent ?
Je pousse un soupir puis je m’assois sur la chaise en face de son bureau et murmure tout bas :
– Il ne reste plus que la bibliothèque.
Lisea lève un sourcil puis continue :
– Ça va ? Tu as l’air complètement déboussolée. Tu penses à ton père ?
– Non, aujourd’hui ça va. C’est plutôt ce que m’a dit Alessandro qui me chamboule. Il m’a dit qu’il avait des sentiments pour moi et il semblait si sincère.