De feu et de glace - L'intégrale

Adeline Alexandre · Chapitre 101 sur 126

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De feu et de glace - L'intégrale

Chapitre 14

 

« L’obstination est le chemin de la réussite »

Charlie Chaplin

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Svet

Après le déjeuner, je quitte Maddie sur un dernier baiser fougueux.

– Je m’occuperai de toi ce soir ma belle.

– Hum sacré bon programme, ça me va, répond-elle les yeux brillants d’excitation.

Je l’embrasse encore puis murmure en ricanant :

– Ce n’était pas une suggestion.

D’une légère frappe, elle affiche son faux mécontentement puis sur un dernier regard langoureux, elle rejoint Lisea.

– Tu retournes au bureau ? me demande Nathan en sortant les clefs de la Mercedes.

– Oui, je dois récupérer ma voiture, je compte rendre une petite visite à ce cher De Santis.

– Tu es sûr de toi ? Brock n’a pas encore mis en évidence une quelconque info sur ce qu’il fabrique. Et s’il n’était pas le mauvais gars qu’on lui prétend ? Il a l’air sincèrement attaché à Maddie.

– Je m’en fous, je veux le voir en face et savoir s’il me ment.

Nathan hausse les épaules et conclut :

– Ok, très bien. J’espère juste que tu sais ce que tu fais et que ce n’est pas simplement de la jalousie.

– Mets-toi à ma place juste deux secondes. Que ferais-tu si c’était Lisea ? Nathan se renfrogne et répond sans réfléchir :

– Je lui botterais le cul jusqu’à ce qu’il déménage de l’autre côté de la planète.

Un lent sourire étire mes lèvres et je reconnais bien là sa possessivité. Nathan, même après quelques années de mariage, semble toujours aussi fou amoureux de sa femme et me confirme que lorsque l’on rencontre la bonne personne, les années ne modifient en rien l’attachement que l’on éprouve. Cet état de fait me donne un coup de fouet et d’un ton déterminé, je déclare :

– Nous sommes d’accord.

Lorsque je me gare devant la maison d’Alessandro De Santis, je remarque immédiatement le véhicule d’une célèbre chaîne américaine. Je décide alors de patienter jusqu’à ce qu’il soit de nouveau seul.

Il faut bien deux heures avant qu’un groupe ne quitte la maison de De Santis.

Dès qu’il referme la porte, je quitte la voiture et m’avance vers l’une des fenêtres à deux mètres du sol et l’ouvre avec une telle facilité que je trouve que pour un homme riche, il ne sait pas bien se protéger. Son système de sécurité est loin d’être à la hauteur de ce que peut fournir J&J.

Lorsque j’atterris avec souplesse sur le parquet rutilant, je remarque immédiatement que la bibliothèque est encore en travaux, l’odeur de peinture fraîche emplit mes narines et des bâches de protection recouvrent une partie du sol.

J’entends au loin une conversation et j’entrouvre légèrement la double porte en bois blanc avant d’écouter plus attentivement. Je reconnais la voix d’Alessandro et certainement l’un de ses gardes du corps.

– Laissez-moi, j’ai envie de calme, ces journalistes m’ont pompé le peu d’énergie qu’il me restait. Je vais me reposer dans ma chambre, pensez à mettre l’alarme avant de quitter la maison.

– Bien sûr Monsieur. À demain matin.

J’attends que le garde s’éloigne avant de monter l’escalier. Je remarque au passage la nouvelle décoration, me confirmant le talent des deux jeunes femmes.

Dans le large couloir, je remarque une dizaine de portes mais je me repère au son et de toute évidence, Alessandro occupe la première chambre sur la gauche.

J’ouvre la porte sans bruit, Alessandro est dos à moi et regarde par la fenêtre.

– Bonjour Alessandro.

Celui-ci sursaute et fait volte-face, le visage tendu puis il me reconnaît et semble encore plus sombre.

– Que faites-vous ici Svet ?

Je hausse un sourcil et m’installe tranquillement sur un fauteuil installé sur le côté me laissant une vue sur la porte, par simple précaution.

– Tiens, tiens, vous connaissez bien mon nom.

– Je le tiens de Madison. Elle semble s’être amourachée de vous mais je doute que cela tienne très longtemps. Vous n’êtes pas le seul à faire des recherches sur son entourage.

– Intéressant. Vous savez prédire l’avenir ? Je le note dans un coin de ma tête. Ça peut toujours servir.

Alessandro me fixe comme pour me défier et je plisse les yeux pour déterminer son comportement.

– Que voulez-vous ?

– Laissez Maddie tranquille. Elle n’a pas besoin de vous. Elle a des amis autour d’elle pour prendre soin d’elle.

– En plus de vous ?

– En effet. Elle n’a donc pas besoin de vous De Santis.

– Vous ne vous rendez pas compte que ce n’est pas moi qui suis la menace ?

– Vous êtes assez malade pour mettre des micros chez elle donc oui vous êtes une menace et j’arriverai à le prouver.

L’air stupéfait de De Santis ne semble pas feint et je sens la tension qui émane de lui. N’est-il donc pas derrière cette surveillance ? Si ce n’est pas lui, qui peut bien être derrière tout ça ?

– Ce n’est pas moi, je vous conjure de me croire. Je suis attiré par Madison, ce n’est un secret pour personne mais je ne suis pas ce genre d’homme.

– Si ce n’est pas vous, alors qui a placé ces micros chez elle ?

– Je pencherais bien pour son cousin Hugo. Il a un je ne sais quoi qui me fait grincer les dents. Il était très proche de Jeffrey mais je ne le sens pas ce type.

– Vous qui connaissiez donc Jeffrey Spindler, pourquoi à votre avis, a-t-il offert si peu de parts à Hugo Mather, vous mettant à pied d’égalité avec lui ?

De Santis passe sa main dans ses cheveux et réfléchit à ma question durant quelques secondes avant de répondre :

– Je pense que Jeff n’avait pas ou plus confiance en Hugo. Pour ma part, il espérait que Madison me tombe dans les bras, ce qu’elle aurait fait si vous n’étiez pas apparu dans l’équation. Jeffrey n’avait pas prévu que vous reviendriez dans la vie de sa fille.

Je fronce les sourcils puis observe De Santis durant un long moment pour déterminer sa sincérité.

– Alors si vous êtes un gars bien comme vous me le laissez entendre, que faites-vous dans les ruelles sombres avec des gars peu recommandables ? Du trafic ?

– Pas du tout, je… j’essaye de récolter des informations sur Hugo justement. Depuis que Jeff est mort, je m’inquiète pour la sécurité de Maddie. Moi-même, je suis toujours entouré de gardes du corps lors de mes déplacements. L’argent attire la convoitise, ajoute-t-il en se tournant de nouveau vers la fenêtre.

Et si depuis le début, j’avais visé la mauvaise personne ? Mon portable se met à vibrer dans la poche de mon jean. Je décroche à la vue du nom de Brock sur l’écran.

– Svet.

– C’est Brock, j’ai trouvé des petites choses sur le cher cousin Hugo.

– Explique.

– J’ai trouvé des incohérences dans la gestion de la banque et en creusant un peu, j’ai fini par trouver. Hugo était sur le point de descendre dans la hiérarchie, le décès du père Spindler l’a sauvé si on peut dire.

– Bon sang, on tient quelque chose et sur De Santis, tu as trouvé ? je demande sans gêne, en jetant un bref regard sur De Santis qui s’est adossé contre le mur en face. La grimace qu’il me retourne me confirme qu’il n’apprécie pas mon enquête.

– Et non. Que ce soit sous le nom de De Lucas ou De Santis, il ne trempe dans rien d’illégal à première vue et je suis tombé sur des mails que s’envoyaient De Santis et Jeffrey Spindler et je peux te confirmer qu’ils étaient amis.

– Ok, imprime-moi tout ça que je puisse juger par moi-même.

– Reçu. À plus.

Je raccroche et lorsque je dévisage De Santis, j’aperçois son air triomphant.

Je me lève et lui tourne le dos pour partir.

– C’est tout, vous repartez comme ça sans m’expliquer ?

Je me retourne et le scrute de haut en bas avant de grommeler :

– Revoyez votre système de surveillance, on peut rentrer comme dans un moulin ici et…