De feu et de glace - L'intégrale

Adeline Alexandre · Chapitre 13 sur 126

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De feu et de glace - L'intégrale

Chapitre 6

 

Lisea

À mon réveil, la place à mes côtés est vide, mais je trouve une boîte carrée blanche avec un mot : « Pour que même séparés, nous puissions être connectés ».

Je plisse les yeux et j’ouvre avec fébrilité la boîte légère : un téléphone portable ! Je suis si surprise que je sens les larmes monter. Il a vraiment confiance en moi pour m’offrir ce genre de cadeau. Je l’allume et admire les lignes parfaites du portable dernier cri. Il est rapide puisque je peux déjà naviguer sur l’écran. Le smartphone est déjà configuré et je n’ai plus qu’à en profiter. Dans les contacts, je retrouve plusieurs numéros de N.J : portable, bureau et domicile. Il a déjà pensé à tout.

Sur ce genre de smartphone, on peut même ajouter plusieurs boîtes mail et je peux donc naviguer sur internet. Je jubile intérieurement, je n’ai plus besoin d’aller sur l’ordinateur portable qui se trouve dans la bibliothèque en cachette. Je suis maintenant parée d’un bijou de technologie. J’y trouve plein d’applications, mais cela ne m’intéresse pas dans l’immédiat. Je peux dès à présent prendre contact avec Maddie en toute sérénité.

Mais avant toute chose, je décide de remercier N.J en lui envoyant un message.

« Merci pour ce portable, il est magnifique, tu es parti tôt ce matin, Lisea »

Il me répond presque instantanément en écrivant :

« Oui, j’avais une réunion très tôt ce matin, je n’ai pas voulu te réveiller. Garde le portable sur toi, j’aime te savoir disponible pour moi, à ce soir, N.J »

« Promis, je t’embrasse, à ce soir ;-) »

Je me lève d’un bond et m’habille d’une jupe en jean avec un haut assez décolleté avant de descendre l’escalier et rejoindre la cuisine.

– Bonjour Maria.

Maria glisse devant moi une crêpe dans l’assiette, tout en me répondant joyeusement :

– Vous êtes en forme ce matin. On dirait que vous avez mangé du lion.

– C’est tout comme, je me sens en pleine forme. Je vais même aller me promener sur la plage après cela, j’ai envie de respirer l’air marin.

Maria sourit en me voyant engloutir une grosse bouchée de crêpe sucrée.

– Hum, excellent Maria, j’adore.

Après le petit-déjeuner, mon portable dans la poche, je me dirige avec entrain vers la plage, à l’abri des regards indiscrets de Maria. Je sais qu’elle aime bien me surveiller, elle n’est jamais bien discrète et je redouble de prudence lorsque j’utilise mon tout nouveau portable.

J’installe ma messagerie et consulte rapidement mes messages. Je sens mon cœur battre follement lorsque j’aperçois un mail de Maddie. Elle est heureuse de me savoir saine et sauve et serait heureuse de me rencontrer en ville pour me donner mes affaires. Elle me laisse son numéro de portable pour que je puisse la joindre directement.

J’enregistre son numéro et l’appelle dans la foulée.

– Allô, répond-elle d’une voix engourdie.

– C’est moi, Lisea.

Je l’entends pousser un cri.

– Pourquoi ne m’as-tu pas prévenue de ton absence. Je me suis inquiétée. Les cours étant finis, j’ai demandé à quelques personnes que je connaissais s’ils ne t’avaient pas vue. Bon sang, Lisea, je me suis fait un sang d’encre. Je pensais que tu avais été enlevée ou même que…

Je l’arrête dans son monologue et la rassure même si elle n’est pas loin de la vérité.

– Je vais bien, désolée, je n’avais aucun moyen de te dire que j’allais bien. Je n’avais ni accès à internet ni téléphone portable.

– Tu es en prison ou quoi ? glousse-t-elle d’une voix reconnaissable entre mille. Maddie est une fille géniale et a un sens de l’humour unique. Son ton moqueur m’avait manqué et je suis contente de l’entendre à nouveau.

– Non, non rien de tout ça, mais c’est compliqué. Écoute, je ne peux pas te parler trop longtemps. Il faut que je m’organise, personne ne peut me déposer en ville pour l’instant, mais…

Maddie m’interrompt et enchaîne :

– Je vais venir te chercher, où es-tu ?

Je commence à paniquer légèrement, que va dire N.J de mon absence, je ne suis pas censée aller plus loin que la forêt où j’ai couru hier.

À moins que je ne lui dise pas. Oui, il vaut mieux garder pour moi mon escapade en ville. Je joue à un jeu dangereux, il m’accorde chaque jour plus de liberté et je vais derrière son dos retrouver une amie. Je pousse un soupir et réfléchis à toute allure pour trouver un moyen d’être la plus discrète possible.

– Cette après-midi si tu peux, j’ai prévu des choses ce matin. Ça ne te dérange pas ?

– Non non pas du tout, et puis il faut que je me fasse la main avec cette voiture, elle est assez puissante. Mes parents me l’ont faite livrer il y a quelques jours, ils ne reviennent de vacances que la semaine prochaine.

– Eh bien, je vois que tu es bien gâtée, je suis heureuse pour toi. Je vis tout près de la forêt de Salton, on peut se retrouver là, qu’en penses-tu ?

– Oui, je vois où, ce n’est pas très loin d’ici. Nous irons en ville, boire un verre et tu me raconteras tout, ok ?

– Oui, faisons comme ça.

Je grimace malgré moi tout en raccrochant. Comment lui dire que je vis avec un homme au caractère imprévisible, avec une tendance à l’autoritarisme, mais qui a un cœur tendre ? Elle va me traiter de folle et demander à ce qu’on m’interne sur le champ.

Jusqu’à ce que Maddie vienne me chercher, il faut que je préserve mes habitudes en allant faire mes longueurs quotidiennes dans la piscine. Puis cette après-midi, je mettrai ma tenue de sport en prenant garde à prendre un léger sac à dos contenant des vêtements plus adéquats pour une virée en ville.

Oui, ce plan va fonctionner. Je ne fais rien de mal, je vais juste passer un peu de temps avec Maddie puis revenir sagement avant le retour de N.J. Il ne reviendra pas avant 18 heures de toute façon.

À l’heure dite, je suis à l’entrée de la forêt de Salton, là où partent les différents chemins de randonnée ou de course à pied. Entourée de sapins et de pins, je frissonne malgré la petite veste que je porte par-dessus mon débardeur. Suis-je déjà en train de regretter ma sortie en compagnie de Maddie ?

La vue de Maddie au volant d’une Audi TT décapotable dissipe mes derniers doutes et lorsqu’elle sort de la voiture, je me précipite vers elle. Elle me prend dans ses bras et je retrouve le parfum fleuri dont elle s’imprègne à toute heure de la journée.

Elle est toujours aussi belle, Maddie est aussi brune que je suis blonde. Ses cheveux sont retenus en queue-de-cheval et elle porte comme toujours ses doc martins qu’elle soit en jupe ou en pantalon. Cela me fait un bien fou de la voir si pétillante, tout le contraire de ce que je peux être même si de ce côté-là, je commence à me sentir mieux grâce aux attentions de N.J à mon égard.

– Oh Lisea, tu as l’air en pleine forme. Bon, tu es toujours aussi mince, grimace-t-elle tout en pinçant légèrement ma peau de mon bras.

– Oh, je fais des efforts, tu sais, mais…

– Mais ça ne fait rien, tu as l’air beaucoup plus épanouie que la dernière fois que je t’ai vue. Il y a certainement un homme là-dessous, continue-t-elle en touchant le bout de mon nez comme à son habitude quand elle veut me tirer les vers du nez.