De feu et de glace - L'intégrale

Adeline Alexandre · Chapitre 60 sur 126

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De feu et de glace - L'intégrale

Chapitre 21

 

Lisea

La mère de Nathan, grande brune, habillée d’un tailleur pantalon bleu marine, aux traits marqués par les années pénètre le hall d’entrée d’un pas hésitant comme si c’était la première fois qu’elle venait chez son fils.

Nathan dépose un baiser rapide sur sa joue puis il se tourne vers moi. J’avance légèrement vers elle et lorsque ses yeux d’un vert aussi éblouissant que ceux de Nathan se posent sur moi, j’ai une impression de déjà-vu. Nathan lui ressemble beaucoup, c’est indéniable. Les pommettes hautes, le nez aquilin, le menton volontaire, c’est incroyable mais c’est surtout sa façon de me fixer qui me met mal à l’aise.

Elle semble pétrifiée sur place et lorsqu’elle se tourne vers Nathan, je sens qu’elle a un milliard de questions à poser à son fils qui derrière elle, semble un brin nerveux.

Que se passe-t-il ?

Prenant mon courage à deux mains, je lui tends la main et après quelques secondes de retard, Tara finit par me tendre la main.

– Bonjour Madame Jensen, dis-je d’une voix tremblante de nervosité.

Après tout, c’est la première fois que je rencontre un membre de sa famille et sa mère n’est pas des moindres. Je veux faire bonne impression.

– Bonjour, Madame Jensen, répond-elle en souriant de toutes ses dents comme ravie de sa blague. J’ai l’impression que Nathan tient l’humour de sa mère, enfin, je n’ai pas tellement de référence puisque son père n’est pas convié au déjeuner ce qui m’arrange particulièrement vu la brève entrevue que j’ai eue avec lui. Son absence ne me dérange nullement, au contraire. Je suis plutôt charmée par la mère de Nathan qui semble équilibrée, enfin à part ses mains qui tremblent légèrement. Est-elle aussi nerveuse que moi ?

– Vraiment ravie de faire votre connaissance, j’ajoute avant de rejoindre Nathan qui s’empresse de m’enlacer comme s’il avait besoin de mon réconfort. J’ai la nette impression que ça fait longtemps qu’il n’a pas vu sa mère. Il m’a fait part des quelques appels qu’ils échangeaient mais il ne m’a pas dit s’il l’avait vue ces dernières années.

La venue providentielle de Maria nous sauve.

– La table est mise, j’ai apporté les petites bouchées pour l’apéritif.

– Merci Maria, répondons-nous en chœur Nathan et moi.

Nathan finit par prendre les devants et indique à sa mère la direction à prendre pour le déjeuner.

Il place sa mère puis me demande de m’asseoir en face d’elle tandis qu’il s’installe en bout de table, prenant la place de l’hôte.

Bizarrement, il n’y a que de l’eau plate et pétillante posées sur la table et je comprends enfin pourquoi sa mère a ses mains qui tremblent. Elle doit avoir un passif avec l’alcool.

Nathan lui sert un verre d’eau plate et elle le remercie en hochant la tête avant de lever la tête vers moi.

– Alors comme ça, vous êtes mariés ?

Elle pose les yeux sur l’anneau en platine qu’arbore mon annulaire gauche avant de me regarder dans les yeux.

– Oui, maman. Nous nous sommes mariés il y a presque trois mois. Le 15 août.

– Bien, bien, dit-elle à court de mots.

Nous discutons de tout et de rien durant le repas sans jamais parler des événements récents. Si elle a remarqué tous les gardes du corps, elle n’a émis aucun commentaire à ce sujet. Tara Jensen pose souvent les yeux sur moi comme pour me sonder puis au moment du café, elle pose enfin la question que je redoutais le plus.

– Et vos parents ? Que font-ils dans la vie ?

Nathan est plus rapide que moi et répond à ma place :

– Lisea est orpheline.

– Orpheline, ben voyons, dit-elle d’une voix condescendante.

Surprise, je la regarde, ne comprenant pas son changement de ton. Nathan s’est tendu à ses paroles et je sens qu’il est sur le point de la remettre en place. Ne voulant pas gâcher ce premier déjeuner, je réplique d’une voix courtoise :

– Ma mère m’a abandonnée à la naissance.

Elle lève un sourcil parfaitement dessiné avant de demander :

– Savez-vous qui ils sont ?

Je secoue la tête et lui réponds :

– Je ne connais que le nom de ma mère. Nathan n’a pas réussi à trouver mon père.

– Ah, lâche-t-elle en tournant la tête vers lui.

Nathan n’a pas quitté le regard de sa mère comme pour lui demander de se taire et je ne comprends pas ce qui se passe entre eux.

Soudain, je me lève et d’une voix que je veux cordiale, je décrète :

– Je vous laisse un moment, j’ai l’impression que vous avez du temps à rattraper. J’ai été ravie de vous connaître Tara. J’espère que vous reviendrez très bientôt.

La mère de Nathan écarquille les yeux et finit par avouer :

– Je vous prie de m’excuser Lisea si j’ai pu paraître condescendante. Le stress a eu raison de moi. Vous êtes très gentille, je suis contente pour mon fils.

Étonnée de ce revirement de situation, j’acquiesce rapidement sans piper mot, ne sachant pas quoi lui répondre et quitte la salle à manger tout de même très intriguée par ce déjeuner en compagnie de Tara Jensen.