De feu et de glace - L'intégrale

Adeline Alexandre · Chapitre 9 sur 126

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De feu et de glace - L'intégrale

Lisea

Je prends ma tête entre les mains, m’insultant de tous les noms.

Je remets en place mon pantalon et pars à sa recherche dans la maison, je monte les escaliers menant à la chambre, mais elle est vide, je ne sens pas sa présence. Où est-elle allée ? Je fais toutes les pièces de la maison, mais elle n’est nulle part. Je cours en trombe jusqu’à la cuisine et demande d’une voix sourde à Maria si elle n’a pas vu Lisea.

– Non, Monsieur Jensen, me répond-elle d’une voix contrariée.

Je sais à son comportement qu’elle a dû nous entendre près de la piscine, mais je n’ai pas le temps de m’en excuser, je cours alors vers le seul endroit restant : la plage.

Lisea

Les vagues lèchent mes pieds, je suis assise, les jambes remontées contre ma poitrine et mon paréo me recouvre tout le corps. Malgré la chaleur, ma peau est froide et je tremble.

Je n’ai rien vu venir, comme dans un mauvais rêve. Tout se passait si bien, je prenais du bon temps au bord de la piscine en l’attendant puis j’ai senti sa présence à mes côtés, je m’attendais à quelques caresses tout au plus, mais pas à ça.

Pas à être prise comme une vulgaire poupée gonflable. Que s’est-il passé entre le moment où il a pris l’appel et le moment où il m’a rejointe ?

Je sens sa présence avant qu’il ne me parle, il est derrière moi et je ferme les yeux, me préparant au pire.

– Lisea, pardonne-moi s’il te plaît, je ne sais pas ce qui m’a pris.

Je secoue la tête et baisse la tête en essayant de refouler les larmes qui menacent de m’envahir.

Il s’assoit à côté de moi et ne remarque pas les vagues qui mouillent ses vêtements. Il a l’air réellement perturbé, perdu et mon cœur se tord alors qu’il ne le devrait pas. Comment lui pardonner cette violence gratuite, mes cuisses sont si douloureuses et je ne parle même pas de mon sexe ankylosé. Malgré ce qu’il m’a fait subir, je ne me suis pas jetée dans les vagues, pourquoi ? Que m’a-t-il fait ou donné à part me violenter ?

– Lisea, écoute-moi.

Je me tourne vers lui et je tremble non plus de peur, mais de tristesse. Je pensais avoir enfin trouvé un apaisement entre ses bras, mais comment lui faire confiance après cela ?

N.J commence alors un monologue ne sachant pas si je vais l’écouter.

– À une époque de ma vie, j’ai été fiancé à une femme. C’est marrant, ce n’est que maintenant que je me rends compte qu’elle était blonde comme toi, ils n’étaient pas aussi longs que les tiens, bref, elle était habituée à mes absences prolongées, je… je travaillais pour les forces spéciales. Suite à un grave incident, j’ai décidé de quitter ce boulot, j’en faisais partie depuis cinq longues années. Les plus longues de ma vie, ce n’était pas gai tous les jours, nous nous battions pour des valeurs et pour la sécurité du pays. Des membres de mon groupe, des amis sont morts lors d’une intervention. Je n’ai pas réussi à les former comme il le fallait sinon ils ne seraient pas enterrés à présent.

Je me tourne vers lui et murmure d’une voix douce :

– Tu n’es pas la personne qui les a tués, si ?

– Non, mais mon rôle était bien précis. Je m’en veux terriblement depuis ce drame, ils sont morts pratiquement sous mes yeux. J’ai donc quitté les forces spéciales et je ne faisais plus rien de ma vie. Ma fiancée, Cassandra n’a pas aimé mon autorité, ma surprotection et mon caractère impossible. Elle m’a quitté du jour au lendemain sans un regard en arrière.

Il me touche le bras et je ne me recule pas pour ne pas arrêter sa confession.

– Je… Et puis j’ai repris le dessus, enfin, j’essaye, j’y pense toujours.

Je le fixe et j’aperçois une infinie tristesse dans son regard. Ses yeux sont brillants de larmes.

– Tu fais toujours des cauchemars.

Sa main se crispe sur son bras et il me regarde avec un air surpris.

– Je ne me souviens pas avoir fait un cauchemar cette nuit.

– J’ai réussi à te calmer.

Il pousse un long soupir et il se met à fixer l’océan, comme s’il cherchait à trouver les bons mots.

– Lorsque je t’ai aperçue, dans la forêt, j’ai eu une révélation, tu m’as attiré et lorsque tu t’es évanouie, j’ai pensé que le destin me faisait une faveur et me donnait une seconde chance de ne pas tout foirer. Une chance de connaître le bonheur. Je veux te réparer Lisea, je ne veux plus te laisser te faire du mal, tu n’es plus toute seule. Je suis là pour toi.

Je fixe l’océan durant de longues minutes, essayant de trouver la force de dire non, mais je me rappelle son regard plein d’inquiétude hier soir, sa vulnérabilité durant son cauchemar et même si je doute de notre avenir ensemble, je veux laisser parler mon corps ainsi que mon cœur et lui laisser une seconde chance de bien faire.

– Oui, dis-je tout simplement.

Il me fixe, une lueur tendre dans le regard et lâche :

– Oui ?

Je lui souris et réponds :

– Je te laisse une seconde chance.

Il entrelace alors ses doigts aux miens et regarde au loin vers l’horizon, un léger sourire flottant sur ses lèvres. Je regarde alors dans la même direction, le cœur gonflé d’espoir.

 

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