L’empire du vampire T1
IV - L'Enfant du corbeau
IV
L’Enfant du corbeau
« a m’a gagné, comme le sommeil à la fin d’une journée paisible. Ç
Un frisson dans la nuque. Aaron l’a senti, lui aussi, et a regardé en direction du groupe de demoiselles. Parmi elles, une silhouette venait d’apparaître, qu’on eût dite surgie des ténèbres.
» Elle était silence. Elle était feuilles mortes. Elle était une tache rouge sang, se répandant lentement à travers la piste de danse et figeant mon cœur. Elle était la goutte de cire chaude sur votre peau nue. Elle était ce moment, entre les amants, où la langue s’aventure pour la première fois dans une bouche pleine de désir.
» Elle était vêtue de pourpre. Une robe à longue traîne et un corset en dentelle, telle une mariée entièrement enveloppée de sang. Contrairement aux femmes présentes, sa pâleur ne devait rien à un quelconque artifice. Elle avait une peau lisse et d’une blancheur d’albâtre. Ses cheveux, rouges comme les flammes d’un brasier, lui tombaient sur les épaules et descendaient jusqu’à sa taille fine. Elle a regardé les danseurs à la périphérie de la lumière vacillante de la salle. Ses yeux étaient aussi noirs que l’enfer.
» “Dieu tout-puissant…”, ai-je soufflé.
» J’avais déjà vu des haut-sang, bien sûr. Mais jamais comme elle. Elle s’est avancée parmi les fêtards, envoûtant ceux sur lesquels elle tournait son attention, traversant les autres, telle de la fumée. Personne n’avait annoncé son arrivée, et il m’est soudain venu à l’esprit qu’elle était là depuis le début, attendant, observant. Impossible de détourner les yeux, mais le simple fait de la regarder me remplissait d’effroi. Cette créature considérait tous ces gens dans la salle de bal avec une indifférence et une cruauté que seule procure la compréhension du mot éternité.
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» Pour elle, nous n’étions pas des êtres humains, mais du bétail.
» “Et j’ai vu une pâle demoiselle, a murmuré une voix derrière nous. Ses yeux étaient noirs comme la profonde nuit et sa peau froide comme l’hiver ; dans ses bras, elle portait les cauchemars de tout innocent qui sommeille, de tout enfant qui frissonne, prête à les lâcher sur le monde éveillé.
— Et Mort était son nom”, a chuchoté Aaron.
» J’ai lancé un regard à Greyhand, dans l’obscurité derrière nous. Il fixait la nouvelle venue de ses yeux vert pâle, noyés de rouge par la pipe de sanctus qu’il avait apparemment déjà fumée. “Le livre des Lamentations ne lui rend pas vraiment justice, n’est-ce pas ?
— Ni les récits qu’on nous en a faits sur la route.” J’ai de nouveau reporté mon attention sur la vampire. J’avais la bouche sèche comme de la cendre. “Par le Rédempteur, je n’ai jamais rien vu de pareil.
— Une aînée.” Greyhand a hoché la tête. “Je ne connais pas de proie plus redoutable.”
» En silence, nous avons regardé le monstre fendre la foule, le monde semblant perdre ses couleurs dans son sillage. Un dandy s’est incliné devant elle, une mouche invitant une araignée à danser. La vampire a ri, se laissant entraîner sur la piste par le jeune homme totalement inconscient du danger. Pour sa vie, mais aussi pour son âme.
» Aaron et moi nous sommes levés, alors que Talon nous rejoignait. Les joues rougies et les yeux injectés de sang, le séraph a observé la danse de la vampire. “Dieu tout-puissant, quel monstre…”
» Aaron a regardé autour de la salle, s’arrêtant d’abord sur sa jolie cousine, puis sur sa mère. “L’affronter ici, c’est courir le risque de mettre toutes les personnes présentes en danger.
— Elles le sont déjà, ai-je répliqué, sans quitter des yeux notre proie.
— De Coste a raison, a dit Talon, respirant rapidement. Maintenant que je vois notre ennemie… un combat ici aurait vite fait de tourner au massacre.
— Quel est le plan, alors ? a demandé Greyhand.
— Notre Marianne est là pour chasser, a répondu Talon, ses yeux rouge sang toujours fixés sur la vampire. Nous attendons. Nous observons. Et quand l’araignée choisira sa victime, nous la suivrons là où elle aura tissé sa toile et frapperons tels les marteaux de Dieu, au lever du soleil.”
» J’ai froncé les sourcils. “Nous la laissons… prendre un des invités ? N’est-ce pas un péché ?”
» Greyhand a jeté un coup d’œil autour de nous, mal à l’aise. “De León n’a pas tort, frère.
— Un bon chasseur exploite les faiblesses de sa proie. Le désir en est une. Regarde-la, Greyhand. Ce monstre est trop dangereux pour l’affronter dans le noir.
— Ne sera-t-elle pas moins dangereuse, si nous l’obligeons à se mettre au lit le ventre vide ? ai-je demandé.
— En abattant notre jeu ici, nous risquons la vie de tous, sang-merdeux. Perdre une brebis cette nuit épargnera la vie de milliers d’autres plus tard. Dieu nous pardonnera cette offense.”
» À en juger par l’expression de Greyhand, cette idée satisfaisait aussi peu mon maître que moi. Mais le statut de Talon le plaçait au-dessus de lui dans la hiérarchie de l’ordre d’Argent.
» “Maître…
— Le séraph a pris sa décision, initié. Tu obéiras aux ordres.”
» J’ai senti un goût du fer dans ma bouche. L’effroi me glaçait l’estomac. Mais j’avais déjà désobéi à Greyhand à Skyefall. Je ne pouvais pas me permettre de recommencer. “Oui, maître.
— Pensez-vous qu’elle nous a repérés ? a demandé Aaron.
— Pas encore, a murmuré Greyhand. Mais en restant plantés là comme des mouches sur un cadavre, nous ne faisons que lui faciliter la tâche. De Coste, sors rejoindre le groupe des valets de pied. La sang-froid est arrivée dans une voiture à bras tirée par un de ses esclaves – un Ossien à la barbe sombre. Joue de tes charmes d’Ilon pour tenter de lui arracher l’emplacement de leur nid. Sois discret. S’ils se savent découverts, ils n’y rentreront pas.”
» Aaron a hoché la tête. “Je serai aussi doux qu’un agneau, maître, a-t-il répondu, marmonnant encore légèrement.
— De León, surveille l’entrée. Le séraph et moi prenons les flancs.”
» Talon m’a retenu par le bras, alors que je m’éloignais. “N’oublie pas, bâtard : cette créature est une aînée Cœur de Fer. Si tu surprends ne serait-ce qu’un regard d’elle dans ta direction, rappelle-toi ce que je t’ai appris. Remplis ton esprit de pensées sur le quotidien assommant d’un domestique. Construis-en un mur et cache tes secrets derrière lui.
— Par le sang, frère.”
» Je me suis faufilé à travers la foule, avec mon plateau vide. En vérité, l’angoisse m’étreignait. Je savais que ce monstre était l’ennemi le plus mortel que j’avais eu à affronter jusqu’à présent, que si nous frappions de nuit, elle pouvait tous nous égorger. Mais l’idée de l’appâter avec l’un de ces pauvres imbéciles fardés me pesait sur l’estomac.
» La sang-froid tournait dans la salle de bal, enchantant tout le monde sur son passage. Personne n’avait conscience de la présence du mal dans la pièce ; au contraire, tous se sentaient attirés par lui, tels des papillons de nuit par une flamme. Mais depuis mon poste d’observation à l’entrée, j’ai aperçu un second vampire, qui repérait les lieux, un jeune homme vêtu de velours noir, aux cheveux bruns, avec quelques années de moins que moi en apparence. Celui qui se faisait passer pour le fils de Marianne, ai-je compris.
» Adrien.
» Il était beau. D’une beauté intemporelle. Dès que nos regards se sont croisés, j’ai senti la pression de son esprit dans le mien, doux comme un premier baiser. C’était une sensation des plus étranges, comme si une main froide me frôlait le cuir chevelu du bout des doigts, avant de s’enfoncer dans le dôme mou de mon crâne. J’ai fait bloc avec mes pensées, fidèle à l’enseignement de Talon, songeant à mes pieds qui me faisaient mal, pestant contre le comportement grossier des aristocrates. Mais les yeux du monstre se sont posés sur mon pourpoint, les armes en dessous. Il a senti que quelque chose ne collait pas, que je n’étais pas un mouton comme les autres dans le troupeau. Sans forcément savoir ce que j’étais réellement.
» Il s’est tourné vers la piste, et sa mère en ténèbres. Bien que la conduite de Marianne Luncóit ne change en rien, je l’ai vu échanger un regard furtif avec sa progéniture. Quelque chose est passé entre eux, et les yeux sombres de la vampire se sont posés sur moi. Je l’ai sentie lire en moi, comme si je me présentais nu devant Dieu lui-même.
» Sans un mot, Adrien a disparu, fendant la foule. J’ai cherché Greyhand et Talon du regard, ne sachant pas si je devais me lancer à sa poursuite ou rester à mon poste. Marianne était elle aussi en mouvement à présent : une jeune fille envoûtée à son bras, elle se dirigeait vers la sortie, alors que la mer des invités s’ouvrait devant elle.
» Mon maître m’avait dit de surveiller, et rien d’autre. Talon avait donné l’ordre exprès de suivre notre proie jusqu’à son nid. Je voulais faire mes preuves et devenir un saint d’argent, et je savais qu’après ma désobéissance à Skyefall et la révélation de ma singulière ascendance, j’étais déjà sur la corde raide. Mais en voyant ce monstre approcher, j’ai reconnu la victime qu’elle entraînait avec elle à sa couleur de cheveux. L’or des feuilles d’automne.
» La cousine d’Aaron. Véronique.
» J’ai songé à ma sœur Amélie. J’avais affirmé à Astrid que, si je pouvais épargner à une seule mère l’enfer que la mienne avait souffert, je n’hésiterais pas. Je ne cherchais pas à jouer les héros, ni à me conduire en imbécile. Mais je ne voulais pas non plus devenir aussi monstrueux que les créatures que nous traquions.
» Véronique avait à peine 15 ans. Amélie aurait eu son âge. Peut-être aurais-je pu fermer les yeux et obéir aux ordres, sans me poser de putain de question, pour une fois, si je n’avais pas connu son nom, bon sang. Mais cette petite avait toute la vie devant elle. Ou pas de vie du tout.
» “Aide-moi, mon Dieu, ai-je chuchoté. Je t’en supplie.”
» J’ai alors senti une ardeur, brûlante et argentée, dans ma main et sur ma poitrine. Baissant la tête vers ma paume, je me suis aperçu que mon étoile à sept branches luisait déjà. Je me suis accroché à cette chaleur qui se répandait en moi, me remplissant l’esprit de prières au Tout-Puissant. Quand la sangsue s’est approchée, j’ai compris que, si je lui barrais la route, elle me briserait comme de la glace. Mais je sentais le souffle de Dieu sur ma nuque, l’argent brûlant sous ma peau. Glissant ma main sous mon pourpoint, j’en ai extrait mon poignard et j’ai défait mon col. Puis je me suis mis sur le chemin de la vampire, paume en avant, brillant d’une lumière blanche, froide et bleutée.
» “Halte ! Au nom du Tout-Puissant !
— De León ! a hurlé Talon. Maudit sois-tu !”
» La sang-froid a plissé les yeux. La musique s’est tue, des exclamations ont parcouru les invités. À la pâle lueur émanant de ma main et de ma gorge, Luncóit ne m’a soudain plus paru aussi belle. Le monstre a parlé, et je me suis demandé si sa voix ne résonnait que dans ma tête.
» “Ton Dieu n’a aucun pouvoir sur moi, mon enfant. ”
» Contrairement à la tentative d’intrusion d’Adrien, somme toute assez douce, j’ai eu cette fois l’impression qu’un marteau s’abattait dans mon esprit, pour fouiller dans mes pensées. J’ai résisté, essayant de la forcer à sortir de ma tête, tandis que Greyhand et Talon arrivaient en renfort. La vampire a fait un pas vers moi, et la lumière dans ma paume a brillé avec une telle intensité qu’elle a tressailli. Véronique a cligné des yeux, le charme était rompu. Elle s’est recroquevillée dans la poigne de fer du monstre.
» “Lâche-la, ai-je craché. Par le sang du Rédempteur, je te l’ordonne.”
» J’ai vu la noire fureur de Luncóit s’accroître, alors qu’elle avançait encore. Face à cette créature qui avait vu défiler les siècles, je n’étais qu’un insecte. Pourtant, avec Dieu à mes côtés, je me faisais l’effet d’un géant. Confrontée au torrent de lumière devant elle, et avec Talon et Greyhand qui accouraient derrière, elle s’est débarrassée de Véronique en la lançant vers le mur, comme une poupée de chiffon. Poussant un cri, je me suis précipité pour la rattraper, tandis que la force de sa trajectoire nous envoyait tous les deux nous écraser contre la pierre. En un éclair, la sang-froid a écarté sans ménagement les invités témoins de la scène et est allée se jeter contre les fenêtres de la salle de bal. Des éclats de verre ont plu sur la piste, Greyhand et Talon se sont élancés derrière elle dans la nuit.
» “Au meurtre ! a crié quelqu’un. Au meurtre, par Dieu !”
» J’ai secoué la tête pour reprendre mes esprits. L’un des hommes d’armes venait d’entrer en trébuchant. Il portait le corps d’une servante morte, pâle comme la cendre, avec deux perforations au cou. La foule a poussé des exclamations horrifiées.
» “Personne d’important, hein ?” a gémi Véronique dans mes bras.
» Le temps de m’assurer qu’elle allait bien, je me suis lancé par la fenêtre fracassée à la poursuite de mon maître et de Talon. Près des voitures, j’ai vu Aaron aux prises avec un grand barbu. Greyhand a traversé la cour devant des soldats stupéfaits. Talon le suivait, le sacrement qu’ils avaient fumé les rendant aussi rapides que des faucons. Me précipitant au côté d’Aaron, j’ai abattu le pommeau de mon poignard sur le crâne du féal. De Coste a alors pu lui bloquer les bras et le projeter au sol. J’ai vu du sang sur son pourpoint ; apparemment, les excès de boisson de sa seigneurie lui avaient valu une blessure à l’arme blanche. Mais il semblait plus furieux qu’autre chose.
» “Le fumier ! a-t-il craché, écrasant la tête de son ennemi sous sa botte.
— Ça va ? ai-je demandé, essoufflé, en regardant ses vêtements ensanglantés.
— Ressaisis-toi, Bouseux. Tu trembles comme une feuille.” Il a grimacé, pressant une main rougie contre sa poitrine. “Au nom du ciel, qu’est-ce qui s’est passé à l’intérieur ?
— Luncóit m’a repéré… Enfin, j’ai…”
» De Coste a croisé mon regard. “Oh, Viergemère, de León, ne me dis pas que …”
» L’accablement s’est emparé de moi. Je n’avais aucun regret, mais je savais que ma désobéissance m’avait mis dans la merde jusqu’au cou. J’ai entendu des pas précipités, senti qu’on m’empoignait par la gorge. Projeté contre l’une des voitures de maître, j’ai eu la vue brouillée par une explosion d’étoiles noires. Un coup de poing m’a cueilli dans le ventre, puis un autre m’a frappé si fort sur le côté de la tête qu’il a manqué de me déboîter la mâchoire. Du sang dans la bouche, je me suis écroulé sur les pavés, poussant un cri alors qu’une botte s’enfonçait dans mes côtes.
» “Espèce de sale petit enculé de sang-merdeux ! a sifflé Talon. J’aurais dû te traîner au Pont vers le Paradis dès que j’en ai eu l’occasion ! Tu nous as fait perdre notre proie !”
» Je me suis redressé sur les coudes, crachant du sang. “Je viens de sau… sauver la vie d’une jeu… jeune fille !
— Et celles d’innombrables futures victimes, tu y as pensé ?” Maître Greyhand n’affichait plus son masque stoïque. Ses crocs s’étaient allongés et il se tenait devant moi, dégainant son épée en acier argenté. “Je t’avais prévenu, mon garçon. Je t’avais dit ce qui se passerait si tu me désobéissais de nouveau.”
» Les invités avaient formé un attroupement devant le manoir. Aaron a levé les yeux en direction des marches et a vu sa cousine parmi la foule, sa robe en soie déchirée, ses cheveux en désordre. Le baron et la baronne eux-mêmes ont regardé Greyhand brandir sa lame. Mais j’avais senti la présence de Dieu, au moment où j’avais fait plier ce monstre. Il m’avait poussé à sauver la vie de cette fille.
» Il n’allait tout de même pas m’abandonner maintenant ?
» La faible lumière des lunes s’est reflétée sur l’acier argenté, ma vie défilant devant mes yeux. Et alors que l’épée entamait sa descente, Aaron s’est interposé.
» “Maître, attendez !”
» Greyhand a suspendu son geste, continuant de lancer des regards mauvais. De Coste a pointé du doigt le féal sans connaissance.
» “Ce misérable m’a révélé où se trouvait le nid ! Une propriété près du pont des Chutes, sur la voie d’Argent. En agissant rapidement, nous pouvons encore les détruire avant qu’ils s’échappent.
— À condition qu’ils y retournent, maintenant qu’ils se savent découverts, a craché Talon. Et que Luncóit ne nous mette pas en pièces avant le lever du soleil.
— Raison de plus pour épargner cet idiot.” Aaron a jeté un coup d’œil vers sa cousine, puis de nouveau vers moi. “Au moins pour l’instant. Aucune lame ne sera de trop.”
» Greyhand et Talon ont échangé un regard rouge sang. J’ai vu mon maître raffermir sa prise sur son épée. Il était si près de laisser ce coup s’abattre que je pouvais presque le sentir. Mais au bout du compte, il a toisé les soldats et les représentants de l’aristocratie autour de nous, puis Aaron, qui n’avait pas bougé.
» “Prie pour que l’initié de Coste ait raison, de León, a grondé Greyhand. Parce que, si ce monstre et sa progéniture nous échappent, chaque meurtre qu’ils commettront par la suite sera une tache sur ton âme. Et quoi qu’il arrive cette nuit, tu auras des comptes à rendre à notre retour à San Michon. Crois-moi, mon garçon. Tu ne chasseras plus jamais comme apprenti avec moi.”
» L’air penaud, j’ai lentement hoché la tête. “Oui, maître.”
» Il a remis son épée au fourreau. Talon est reparti vers le donjon, les yeux aussi rouges que le sang.
» “Rassemblez votre équipement, frères. Nous avons une sangsue à tuer.” »
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