Les Buddenbrook
Chapitre VII
— Ah ! oui, j’en suis persuadé, Bethsy, cela l’amuserait ! Il se réjouirait
de voir revivre sa légèreté et ses goûts libertins, non plus seulement dans
ce… coureur de Justus, mais aussi, à ce qu’il semble, chez un de ses petits-
fils… Saperlipopette, c’est toi qui me contrains à émettre ce jugement ! Il
va chez cette personne ! Il dépense son argent de poche pour cette lorette !
Il n’y entend pas malice, mais il n’en trahit pas moins des dispositions…
Des dispositions !…
Ce fut vraiment un incident malheureux ; et le consul était d’autant plus
épouvanté, que Tony, on le sait, n’avait pas une conduite parfaite. Certes,
elle avait renoncé avec les années à faire danser l’homme pâle et à rendre
visite à la mère aux poupées, mais elle rejetait sa tête en arrière d’une
manière de plus en plus provocante et manifestait, surtout lorsqu’elle avait
passé l’été dans la villa de ses grands-parents, un répréhensible penchant à
l’orgueil et à la vanité. Un jour, le consul la surprit en train de lire avec
Mlle Jungmann la Mimili de Clauren, et il en éprouva une vive contrariété ;
il feuilleta le petit volume et, sans en rien dire, l’enferma définitivement[17].
Peu de temps après, on eut vent que Tony, Antonie Buddenbrook, était allée
se promener hors de la ville, dans la seule compagnie d’un lycéen ami de
ses frères. Mme Stuht, qui, on s’en souvient, fréquentait dans le meilleur
monde, avait aperçu le couple, s’en était ouverte aux Möllendorpf à
l’occasion d’un achat de vêtements.
— Vraiment, ajoutait-elle, Mlle Buddenbrook, elle aussi, est déjà à cet
âge où…
Et Mme la sénatrice Möllendorpf avait raconté l’histoire au consul sur le
ton de la plaisanterie. Ces promenades furent interdites. Mais alors il fut
découvert que Tony allait chercher ou déposait elle-même, dans le mortier
comblant incomplètement maints arbres creux de l’autre côté du Burgtor,
une petite correspondance émanant du même lycéen, ou à lui adressée. À
cette nouvelle, il parut urgent de confier les quinze ans de Tony à une
surveillance plus sévère, celle de Mlle o Weichbrodt qui tenait pension au n 7
du Mühlenbrink.
CHAPITRE VII
Thérèse Weichbrodt était bossue, tellement bossue, qu’elle dépassait à
peine la hauteur d’une table. Elle avait quarante et un ans, mais, n’ayant jamais attaché d’importance aux agréments extérieurs, elle allait vêtue
comme une dame quasi septuagénaire. Sur ses anglaises grisonnantes,
bouffant aux oreilles, était juché un bonnet dont les rubans verts
retombaient jusqu’à ses étroites épaules d’enfant, et jamais on n’avait vu sur
sa pauvre petite robe noire quelque chose qui ressemblât, même de loin, à
une parure, si ce n’est la grande broche ovale où était peint sur porcelaine le
portrait de sa mère.
La petite Mlle Weichbrodt avait des yeux marron fins et aigus, un nez
légèrement busqué et des lèvres minces qui, serrées comme elle savait le
faire, prenaient une expression d’opiniâtre volonté. Il y avait en général,
répandue sur sa personne infime et dans tous ses mouvements, une énergie
qui, pour être comique, n’en commandait pas moins le respect. Son langage
y contribuait grandement. Elle parlait avec des mouvements vifs et saccadés
du maxillaire inférieur, un hochement de tête bref et impressionnant ; elle
s’exprimait dans une forme châtiée et pure de tout dialecte, avec clarté,
précision, en accentuant chaque consonne. Avec cela, elle exagérait à tel
point la prononciation des voyelles que les « ou » devenaient des « o » ou
même des « a », et que ce n’était pas « Bobby », mais « Babby » qu’elle
appelait son enragé jappeur de chien. Quand elle disait à une élève :
« Onfont, ne sois pas si satte », tout en frappant sur la table de son index
crochu, l’effet produit était indéniable ; et quand M lle Popinet, la maîtresse
de français, sucrait trop copieusement son café, M lle Weichbrodt vous avait
une telle façon de considérer le plafond et de pianoter d’une main sur la
nappe, en disant : « Si j’étais que de vôs, je prondrais tout le socrier ! » que
Mlle Popinet en devenait cramoisie.
Tout enfant – mon Dieu, quelle enfant minuscule elle devait faire ! –
Thérèse Weichbrodt s’était donné elle-même le nom de « Sesemi ». Elle
avait conservé ce prénom déformé et permettait aux meilleures, aux plus
méritantes de ses élèves, internes aussi bien qu’externes, de l’appeler ainsi :
— Appelle-moi Sesemi, enfant, ordonna-t-elle dès le premier jour à Tony
Buddenbrook, en faisant claquer doucement sur son front un bref baiser.
J’aime qu’on m’appelle ainsi.
Quant à sa sœur aînée, Mme Kethelsen, elle s’appelait Nelly.
Mme Kethelsen, qui comptait quarante-huit ans, avait été laissée sans
ressources par son défunt mari ; elle occupait chez sa sœur une petite
chambre à l’étage supérieur et prenait ses repas à la table commune. Elle
s’habillait dans le goût de Sesemi, mais, à l’opposé de celle-ci, était longue comme un jour sans pain. Sur ses maigres poignets, elle portait des
manchettes de laine. N’étant pas institutrice, elle ignorait la sévérité,
respirait l’innocence et la gaieté contenue. Une pupille de Mlle Weichbrodt
avait-elle joué quelque tour, elle en riait de si bon cœur, qu’elle en pleurait
presque. Alors Sesemi frappait sur la table et criait « Nelly ! » avec tant
d’autorité qu’elle semblait dire « Nally », et sa sœur se taisait, intimidée.
Mme Kethelsen obéissait à sa cadette ; elle se laissait gourmander par elle
comme une enfant, et Sesemi l’en méprisait cordialement. Thérèse
Weichbrodt avait beaucoup de lecture, presque de l’érudition, et ce n’est
qu’au prix d’obscurs mais rudes combats qu’elle avait conservé la foi de
son enfance, sa religiosité positive et la certitude d’être un jour
dédommagée là-haut de sa vie difficile et effacée. Mme Kethelsen, par
contre, manquait de culture ; elle était naïve et simple d’esprit.
— Cette bonne Nelly ! disait Sesemi. Mon Dieu, elle est comme une
enfant, elle ne s’est jamais heurtée à un doute, elle n’a jamais eu à soutenir
de lutte, elle est heureuse…
Dans ces paroles, il y avait autant de dédain que d’envie, faiblesse bien
excusable en somme chez Sesemi.
Le rez-de-chaussée surélevé de cette maisonnette de faubourg rouge
brique, entourée d’un jardin joliment entretenu, était occupé par les classes
et le réfectoire, tandis que l’étage supérieur et même les mansardes
abritaient les chambres à coucher. Les élèves de Mlle Weichbrodt n’étaient
pas nombreuses, car elle n’acceptait pour pensionnaires que des élèves
assez grandes et ne faisait suivre, même aux externes, que les trois classes
inférieures ; Sesemi veillait rigoureusement à ce que sa maison ne reçût que
des jeunes filles issues de famille d’une distinction indiscutable… Tony
Buddenbrook fut, on le sait, accueillie avec tendresse ; Thérèse avait même
préparé pour le souper un « bischof », sorte de punch rouge et sucré que
l’on buvait froid et qu’elle confectionnait avec maîtrise.
— Encore un doigt de « beschaf », proposait-elle avec un affectueux
hochement de tête…
Et le ton était si alléchant, que personne ne résistait.
Mlle Weichbrodt trônait sur deux coussins de sofa au haut bout de table et
présidait le repas avec autorité et circonspection ; elle redressait, tendait son
corps chétif et contrefait, frappait avec vigilance sur la table, criait « Nally »
et « Babby », et mortifiait d’un regard Mlle Popinet qui s’appropriait toute la
gelée du veau froid. Une place avait été réservée à Tony entre deux autres pensionnaires ; c’étaient Armgard von Schilling, robuste blonde, fille d’un
propriétaire du Mecklembourg, et Gerda Arnoldsen, d’Amsterdam, élégante
personne, à l’aspect étranger, aux lourds cheveux d’acajou, aux yeux
rapprochés, au beau visage blanc un peu dédaigneux. En face, papotait la
Française qui avait l’air d’une négresse et portait d’énormes boucles
d’oreilles. À l’autre bout de la table avait pris place Miss Brown, la sèche
Anglaise au sourire aigre-doux, qui habitait également la maison.
Les amitiés furent promptes à se nouer, le « bischof » de Sesemi aidant.
Mlle Popinet, la nuit passée, avait eu encore des cauchemars, disait-elle. Ah,
quelle horreur ! Quand il en était ainsi, elle avait coutume de crier : « Ulfen,
Ulfen ! Dieben, Dieben[18] » avec une telle véhémence que tout le monde
sautait à bas du lit. Puis on apprit que Gerda Arnoldsen ne jouait pas du
piano comme les autres, mais du violon, et que son papa – sa mère n’était
plus de ce monde – lui avait promis un véritable stradivarius. Tony n’était
pas musicienne, pas plus que la plupart des Buddenbrook et tous les
Kröger ; elle ne pouvait même pas reconnaître les hymnes joués à l’église
Sainte-Marie…
— Oh ! la vox humana, disait Gerda, la voix humaine au timbre
splendide de l’orgue de la Nieuwe Kerk à Amsterdam !
Armgard von Schilling parlait des vaches de son domaine.
Cette Armgard avait dès l’abord produit sur Tony la plus vive
impression : n’était-elle pas la première jeune fille de qualité avec qui elle
fût entrée en contact ! S’appeler von Schilling, quel bonheur !… Les
parents de Tony possédaient la plus belle, la plus ancienne maison de la
ville, et ses grands-parents étaient des gens distingués, mais ils s’appelaient
tout simplement Buddenbrook et Kröger, ce qui était extrêmement
regrettable. La petite-fille de l’élégant Lebrecht Kröger flambait
d’admiration pour la noblesse d’Armgard et secrètement elle en venait à
penser qu’elle le porterait bien mieux, elle, ce magnifique « von ».
Armgard, mon Dieu, savait-elle seulement apprécier son bonheur ! Elle se
promenait, sans en faire le moindre cas, avec sa natte épaisse, ses bons yeux
bleus et son lourd accent mecklembourgeois ; elle n’était rien moins que
distinguée, elle n’y prétendait nullement, le sens même de la distinction lui
faisait défaut. C’est étonnant ce que le mot « distingué » était ancré dans la
petite tête de Tony ; avec une autorité de connaisseur, elle l’appliquait à
Gerda Arnoldsen.
Gerda était un peu à part et avait quelque chose d’original et d’étranger ;
elle aimait, malgré les protestations de Sesemi, à coiffer avec recherche sa
splendide chevelure fauve, et beaucoup trouvaient « drôle » qu’elle jouât du
violon ; « drôle », soit dit en passant, marquait une nuance très accusée de
réprobation. Mais sur ce point il fallait donner raison à Tony : Gerda
Arnoldsen était une jeune fille distinguée. Sa personne entière, précocement
épanouie, ses habitudes, les objets qu’elle possédait, tout était distingué :
par exemple, les pièces d’ivoire de son nécessaire de toilette – il venait de
Paris et Tony savait l’apprécier à sa valeur, car il y avait chez elle aussi
toutes sortes d’objets de même provenance rapportés par ses parents et ses
grands-parents, et auxquels ils tenaient beaucoup.
Les trois jeunes filles se lièrent rapidement d’amitié. Elles étaient élèves
de la même classe et occupaient ensemble le dortoir le plus grand de l’étage
supérieur. Quels bons moments de gaieté et de délassement que ceux de
l’heure du coucher, vers dix heures ; on se déshabillait et l’on bavardait à
mi-voix, car, tout à côté, Mlle Popinet recommençait à rêver de voleurs. Elle
partageait la chambre de la petite Eva Evers, de Hambourg, dont le père,
dilettante et collectionneur, s’était installé à Munich.
Les stores rayés de brun étaient descendus, la lampe basse voilée de
rouge brûlait sur la table, un léger parfum de violette et de linge frais
remplissait la chambre et c’était une atmosphère toute de quiétude, comme
ouatée de fatigue, d’insouciance et de rêverie.
— Mon Dieu, disait Armgard, assise, à demi dévêtue, sur le bord de son
lit, avec quelle aisance s’exprime le docteur Neumann ! Il arrive en classe,
s’approche de la table et parle de Racine…
— Il a un front vaste et beau, remarqua Gerda, peignant ses cheveux à la
lueur de deux bougies, devant le miroir accroché entre les fenêtres.
— Oui ! dit Armgard vivement.
— Et c’est uniquement pour te l’entendre dire que tu as mis la
conversation sur lui ! Armgard, tu ne cesses de le regarder de tes yeux
bleus, comme si…
— L’aimes-tu ? demanda Tony. Le lacet de mon soulier ne veut
absolument pas se dénouer ; je t’en prie, Gerda… Ça va ! Allons ! L’aimes-
tu, Armgard ? Épouse-le donc ; c’est un très bon parti, il sera professeur au
lycée.
— Dieu, quels monstres vous êtes ! Je ne l’aime pas du tout. Je
n’épouserai certainement pas un professeur, mais un propriétaire rural…
— Un noble ?
Tony laissa retomber le bas qu’elle avait à la main et jeta un regard
pensif sur le visage d’Armgard.
— Ça, je ne sais pas encore ; mais il faudra qu’il possède un grand
domaine. Ah ! ce que je serai heureuse, mes enfants ! Je me lèverai à cinq
heures et mettrai la main à la pâte.
Elle remonta la couverture et leva vers le plafond des yeux rêveurs.
— Assurément, elle a la vision de cinq cents vaches, dit Gerda, en
observant dans le miroir l’image de son amie.
Tony n’était pas encore prête ; mais avant de se coucher elle laissa
retomber sa tête sur l’oreiller, croisa les mains sur sa nuque et, pensive elle
aussi, considéra à son tour le plafond.
— Naturellement, j’épouserai un négociant, dit-elle. Il faudra qu’il ait
beaucoup d’argent, afin que nous puissions avoir un intérieur élégant ; c’est
mon devoir vis-à-vis de ma famille et de notre maison, ajouta-t-elle
gravement. Oui, vous verrez, c’est bien cela que je ferai.
Gerda avait terminé sa toilette de nuit et elle brossait ses larges dents
blanches devant sa glace à main encadrée d’ivoire.
— Moi, je ne me marierai probablement jamais, dit-elle, avec quelque
difficulté, gênée qu’elle était par la poudre à la menthe. Je ne vois pas
pourquoi je le ferais. Je n’en ai pas la moindre envie. J’irai à Amsterdam, je
jouerai des duos avec papa et plus tard je vivrai dans la famille de ma sœur.
— Que c’est dommage ! s’écria Tony avec vivacité. Oui, que c’est
dommage, Gerda ! Tu devrais te marier ici et rester toujours avec nous…
Écoute un peu : pourquoi, par exemple, n’épouserais-tu pas un de mes
frères…
— Celui qui a un grand nez ? demanda Gerda.
Et elle bâilla avec un petit soupir plein d’une négligence de bon ton, le
miroir devant sa bouche.
— Ou l’autre, cela n’a aucune importance… Dieu, quelle installation
vous auriez ! Il faudrait la confier à Jacobs, le tapissier de la Fischerstrasse,
il a un goût incomparable. Je vous rendrais visite chaque jour…
Mais à ce moment, la voix de Mlle Popinet se fit entendre :
— Ah ! Voyons, mesdames ! Au lit, s’il vous plaît ! Assez de mariage
comme cela pour ce soir !
Tony, cependant, passait les dimanches et les vacances chez elle, dans la
Mengstrasse, ou à la campagne chez ses grands-parents. Quel bonheur de pouvoir, quand le temps était beau, le jour de Pâques, chercher les œufs et
les lièvres en pâte d’amandes dans l’immense jardin des Kröger ! Et les
grandes vacances au bord de la mer, les chambres, la table d’hôte du
Casino, le bain, les promenades à dos d’âne ! Puis, quelques années plus
tard, les affaires du consul ayant prospéré, les voyages de grande
envergure !… Quels Noëls surtout, une triple distribution de cadeaux : à la
maison, chez les grands-parents et chez Sesemi où, ce soir-là, le « bischof »
coulait à flots. Mais c’était à la maison que la veillée de Noël revêtait le
plus de splendeur, car le consul tenait à ce que cette fête sacrée fût célébrée
avec ferveur, pompe et recueillement. Une atmosphère de profonde
solennité emplissait le salon des paysages où l’on se trouvait réunis. Les
domestiques et toutes sortes de vieillards et de pauvres gens dont le consul
serrait les mains violacées se pressaient entre les colonnes de la galerie ;
soudain s’élevait au-dehors un chœur à quatre voix qu’exécutait la maîtrise
de l’église Sainte-Marie et c’était si imposant que le cœur vous en battait.
Alors, tandis que par les fentes de la porte blanche à deux battants
s’insinuait un parfum de sapin, Mme Buddenbrook lisait lentement, dans
l’antique bible familiale aux énormes lettres, le chapitre de la Nativité ; puis
un autre chœur ayant expiré au-dehors, on entonnait Mon beau sapin et l’on
se rendait en cortège solennel à travers la galerie, dans la salle, la vaste salle
aux statues et aux tapisseries ; l’arbre décoré de lis neigeux, scintillant,
resplendissant et embaumé, montait jusqu’au plafond, et la table des
présents se prolongeait des fenêtres à la porte. Cependant sur la neige des
rues, durcie par le gel, les Italiens faisaient entendre leurs orgues de
Barbarie et, de la place du Marché, arrivait le tumulte de la foire de Noël. À
l’exception de la petite Clara, les enfants prenaient part eux aussi au
réveillon dans la galerie aux colonnes ; l’on y servait en quantité
inimaginable des carpes et du dindon farci…
Notons ici que Tony Buddenbrook, au cours de ces années, visita deux
propriétés du Mecklembourg. Elle passa quelques semaines d’été auprès de
son amie Armgard dans le domaine de M. von Schilling, situé sur la côte,
de l’autre côté de la baie, en face de Travemünde. Une autre fois, elle se
rendit avec sa cousine Thilda dans le bien où M. Bernard Buddenbrook était
régisseur. Ce domaine s’appelait Ungnade, « Disgrâce », et ne rapportait pas
un liard ; malgré cela, il n’était pas à dédaigner comme villégiature.
Ainsi, les années passaient et, à tout prendre, ce fut une jeunesse
heureuse que celle de Tony Buddenbrook.
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