Les Buddenbrook

Thomas Mann · Chapitre 18 sur 98

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Les Buddenbrook

Chapitre VII

— Ah ! oui, j’en suis persuadé, Bethsy, cela l’amuserait ! Il se réjouirait

de voir revivre sa légèreté et ses goûts libertins, non plus seulement dans

ce… coureur de Justus, mais aussi, à ce qu’il semble, chez un de ses petits-

fils… Saperlipopette, c’est toi qui me contrains à émettre ce jugement ! Il

va chez cette personne ! Il dépense son argent de poche pour cette lorette !

Il n’y entend pas malice, mais il n’en trahit pas moins des dispositions…

Des dispositions !…

Ce fut vraiment un incident malheureux ; et le consul était d’autant plus

épouvanté, que Tony, on le sait, n’avait pas une conduite parfaite. Certes,

elle avait renoncé avec les années à faire danser l’homme pâle et à rendre

visite à la mère aux poupées, mais elle rejetait sa tête en arrière d’une

manière de plus en plus provocante et manifestait, surtout lorsqu’elle avait

passé l’été dans la villa de ses grands-parents, un répréhensible penchant à

l’orgueil et à la vanité. Un jour, le consul la surprit en train de lire avec

Mlle Jungmann la Mimili de Clauren, et il en éprouva une vive contrariété ;

il feuilleta le petit volume et, sans en rien dire, l’enferma définitivement[17].

Peu de temps après, on eut vent que Tony, Antonie Buddenbrook, était allée

se promener hors de la ville, dans la seule compagnie d’un lycéen ami de

ses frères. Mme Stuht, qui, on s’en souvient, fréquentait dans le meilleur

monde, avait aperçu le couple, s’en était ouverte aux Möllendorpf à

l’occasion d’un achat de vêtements.

— Vraiment, ajoutait-elle, Mlle Buddenbrook, elle aussi, est déjà à cet

âge où…

Et Mme la sénatrice Möllendorpf avait raconté l’histoire au consul sur le

ton de la plaisanterie. Ces promenades furent interdites. Mais alors il fut

découvert que Tony allait chercher ou déposait elle-même, dans le mortier

comblant incomplètement maints arbres creux de l’autre côté du Burgtor,

une petite correspondance émanant du même lycéen, ou à lui adressée. À

cette nouvelle, il parut urgent de confier les quinze ans de Tony à une

surveillance plus sévère, celle de Mlle o Weichbrodt qui tenait pension au n 7

du Mühlenbrink.

 

CHAPITRE VII

 

Thérèse Weichbrodt était bossue, tellement bossue, qu’elle dépassait à

peine la hauteur d’une table. Elle avait quarante et un ans, mais, n’ayant jamais attaché d’importance aux agréments extérieurs, elle allait vêtue

comme une dame quasi septuagénaire. Sur ses anglaises grisonnantes,

bouffant aux oreilles, était juché un bonnet dont les rubans verts

retombaient jusqu’à ses étroites épaules d’enfant, et jamais on n’avait vu sur

sa pauvre petite robe noire quelque chose qui ressemblât, même de loin, à

une parure, si ce n’est la grande broche ovale où était peint sur porcelaine le

portrait de sa mère.

La petite Mlle Weichbrodt avait des yeux marron fins et aigus, un nez

légèrement busqué et des lèvres minces qui, serrées comme elle savait le

faire, prenaient une expression d’opiniâtre volonté. Il y avait en général,

répandue sur sa personne infime et dans tous ses mouvements, une énergie

qui, pour être comique, n’en commandait pas moins le respect. Son langage

y contribuait grandement. Elle parlait avec des mouvements vifs et saccadés

du maxillaire inférieur, un hochement de tête bref et impressionnant ; elle

s’exprimait dans une forme châtiée et pure de tout dialecte, avec clarté,

précision, en accentuant chaque consonne. Avec cela, elle exagérait à tel

point la prononciation des voyelles que les « ou » devenaient des « o » ou

même des « a », et que ce n’était pas « Bobby », mais « Babby » qu’elle

appelait son enragé jappeur de chien. Quand elle disait à une élève :

« Onfont, ne sois pas si satte », tout en frappant sur la table de son index

crochu, l’effet produit était indéniable ; et quand M lle Popinet, la maîtresse

de français, sucrait trop copieusement son café, M lle Weichbrodt vous avait

une telle façon de considérer le plafond et de pianoter d’une main sur la

nappe, en disant : « Si j’étais que de vôs, je prondrais tout le socrier ! » que

Mlle Popinet en devenait cramoisie.

Tout enfant – mon Dieu, quelle enfant minuscule elle devait faire ! –

Thérèse Weichbrodt s’était donné elle-même le nom de « Sesemi ». Elle

avait conservé ce prénom déformé et permettait aux meilleures, aux plus

méritantes de ses élèves, internes aussi bien qu’externes, de l’appeler ainsi :

— Appelle-moi Sesemi, enfant, ordonna-t-elle dès le premier jour à Tony

Buddenbrook, en faisant claquer doucement sur son front un bref baiser.

J’aime qu’on m’appelle ainsi.

Quant à sa sœur aînée, Mme Kethelsen, elle s’appelait Nelly.

Mme Kethelsen, qui comptait quarante-huit ans, avait été laissée sans

ressources par son défunt mari ; elle occupait chez sa sœur une petite

chambre à l’étage supérieur et prenait ses repas à la table commune. Elle

s’habillait dans le goût de Sesemi, mais, à l’opposé de celle-ci, était longue comme un jour sans pain. Sur ses maigres poignets, elle portait des

manchettes de laine. N’étant pas institutrice, elle ignorait la sévérité,

respirait l’innocence et la gaieté contenue. Une pupille de Mlle Weichbrodt

avait-elle joué quelque tour, elle en riait de si bon cœur, qu’elle en pleurait

presque. Alors Sesemi frappait sur la table et criait « Nelly ! » avec tant

d’autorité qu’elle semblait dire « Nally », et sa sœur se taisait, intimidée.

Mme Kethelsen obéissait à sa cadette ; elle se laissait gourmander par elle

comme une enfant, et Sesemi l’en méprisait cordialement. Thérèse

Weichbrodt avait beaucoup de lecture, presque de l’érudition, et ce n’est

qu’au prix d’obscurs mais rudes combats qu’elle avait conservé la foi de

son enfance, sa religiosité positive et la certitude d’être un jour

dédommagée là-haut de sa vie difficile et effacée. Mme Kethelsen, par

contre, manquait de culture ; elle était naïve et simple d’esprit.

— Cette bonne Nelly ! disait Sesemi. Mon Dieu, elle est comme une

enfant, elle ne s’est jamais heurtée à un doute, elle n’a jamais eu à soutenir

de lutte, elle est heureuse…

Dans ces paroles, il y avait autant de dédain que d’envie, faiblesse bien

excusable en somme chez Sesemi.

Le rez-de-chaussée surélevé de cette maisonnette de faubourg rouge

brique, entourée d’un jardin joliment entretenu, était occupé par les classes

et le réfectoire, tandis que l’étage supérieur et même les mansardes

abritaient les chambres à coucher. Les élèves de Mlle Weichbrodt n’étaient

pas nombreuses, car elle n’acceptait pour pensionnaires que des élèves

assez grandes et ne faisait suivre, même aux externes, que les trois classes

inférieures ; Sesemi veillait rigoureusement à ce que sa maison ne reçût que

des jeunes filles issues de famille d’une distinction indiscutable… Tony

Buddenbrook fut, on le sait, accueillie avec tendresse ; Thérèse avait même

préparé pour le souper un « bischof », sorte de punch rouge et sucré que

l’on buvait froid et qu’elle confectionnait avec maîtrise.

— Encore un doigt de « beschaf », proposait-elle avec un affectueux

hochement de tête…

Et le ton était si alléchant, que personne ne résistait.

Mlle Weichbrodt trônait sur deux coussins de sofa au haut bout de table et

présidait le repas avec autorité et circonspection ; elle redressait, tendait son

corps chétif et contrefait, frappait avec vigilance sur la table, criait « Nally »

et « Babby », et mortifiait d’un regard Mlle Popinet qui s’appropriait toute la

gelée du veau froid. Une place avait été réservée à Tony entre deux autres pensionnaires ; c’étaient Armgard von Schilling, robuste blonde, fille d’un

propriétaire du Mecklembourg, et Gerda Arnoldsen, d’Amsterdam, élégante

personne, à l’aspect étranger, aux lourds cheveux d’acajou, aux yeux

rapprochés, au beau visage blanc un peu dédaigneux. En face, papotait la

Française qui avait l’air d’une négresse et portait d’énormes boucles

d’oreilles. À l’autre bout de la table avait pris place Miss Brown, la sèche

Anglaise au sourire aigre-doux, qui habitait également la maison.

Les amitiés furent promptes à se nouer, le « bischof » de Sesemi aidant.

Mlle Popinet, la nuit passée, avait eu encore des cauchemars, disait-elle. Ah,

quelle horreur ! Quand il en était ainsi, elle avait coutume de crier : « Ulfen,

Ulfen ! Dieben, Dieben[18] » avec une telle véhémence que tout le monde

sautait à bas du lit. Puis on apprit que Gerda Arnoldsen ne jouait pas du

piano comme les autres, mais du violon, et que son papa – sa mère n’était

plus de ce monde – lui avait promis un véritable stradivarius. Tony n’était

pas musicienne, pas plus que la plupart des Buddenbrook et tous les

Kröger ; elle ne pouvait même pas reconnaître les hymnes joués à l’église

Sainte-Marie…

— Oh ! la vox humana, disait Gerda, la voix humaine au timbre

splendide de l’orgue de la Nieuwe Kerk à Amsterdam !

Armgard von Schilling parlait des vaches de son domaine.

Cette Armgard avait dès l’abord produit sur Tony la plus vive

impression : n’était-elle pas la première jeune fille de qualité avec qui elle

fût entrée en contact ! S’appeler von Schilling, quel bonheur !… Les

parents de Tony possédaient la plus belle, la plus ancienne maison de la

ville, et ses grands-parents étaient des gens distingués, mais ils s’appelaient

tout simplement Buddenbrook et Kröger, ce qui était extrêmement

regrettable. La petite-fille de l’élégant Lebrecht Kröger flambait

d’admiration pour la noblesse d’Armgard et secrètement elle en venait à

penser qu’elle le porterait bien mieux, elle, ce magnifique « von ».

Armgard, mon Dieu, savait-elle seulement apprécier son bonheur ! Elle se

promenait, sans en faire le moindre cas, avec sa natte épaisse, ses bons yeux

bleus et son lourd accent mecklembourgeois ; elle n’était rien moins que

distinguée, elle n’y prétendait nullement, le sens même de la distinction lui

faisait défaut. C’est étonnant ce que le mot « distingué » était ancré dans la

petite tête de Tony ; avec une autorité de connaisseur, elle l’appliquait à

Gerda Arnoldsen.

Gerda était un peu à part et avait quelque chose d’original et d’étranger ;

elle aimait, malgré les protestations de Sesemi, à coiffer avec recherche sa

splendide chevelure fauve, et beaucoup trouvaient « drôle » qu’elle jouât du

violon ; « drôle », soit dit en passant, marquait une nuance très accusée de

réprobation. Mais sur ce point il fallait donner raison à Tony : Gerda

Arnoldsen était une jeune fille distinguée. Sa personne entière, précocement

épanouie, ses habitudes, les objets qu’elle possédait, tout était distingué :

par exemple, les pièces d’ivoire de son nécessaire de toilette – il venait de

Paris et Tony savait l’apprécier à sa valeur, car il y avait chez elle aussi

toutes sortes d’objets de même provenance rapportés par ses parents et ses

grands-parents, et auxquels ils tenaient beaucoup.

Les trois jeunes filles se lièrent rapidement d’amitié. Elles étaient élèves

de la même classe et occupaient ensemble le dortoir le plus grand de l’étage

supérieur. Quels bons moments de gaieté et de délassement que ceux de

l’heure du coucher, vers dix heures ; on se déshabillait et l’on bavardait à

mi-voix, car, tout à côté, Mlle Popinet recommençait à rêver de voleurs. Elle

partageait la chambre de la petite Eva Evers, de Hambourg, dont le père,

dilettante et collectionneur, s’était installé à Munich.

Les stores rayés de brun étaient descendus, la lampe basse voilée de

rouge brûlait sur la table, un léger parfum de violette et de linge frais

remplissait la chambre et c’était une atmosphère toute de quiétude, comme

ouatée de fatigue, d’insouciance et de rêverie.

— Mon Dieu, disait Armgard, assise, à demi dévêtue, sur le bord de son

lit, avec quelle aisance s’exprime le docteur Neumann ! Il arrive en classe,

s’approche de la table et parle de Racine…

— Il a un front vaste et beau, remarqua Gerda, peignant ses cheveux à la

lueur de deux bougies, devant le miroir accroché entre les fenêtres.

— Oui ! dit Armgard vivement.

— Et c’est uniquement pour te l’entendre dire que tu as mis la

conversation sur lui ! Armgard, tu ne cesses de le regarder de tes yeux

bleus, comme si…

— L’aimes-tu ? demanda Tony. Le lacet de mon soulier ne veut

absolument pas se dénouer ; je t’en prie, Gerda… Ça va ! Allons ! L’aimes-

tu, Armgard ? Épouse-le donc ; c’est un très bon parti, il sera professeur au

lycée.

— Dieu, quels monstres vous êtes ! Je ne l’aime pas du tout. Je

n’épouserai certainement pas un professeur, mais un propriétaire rural…

— Un noble ?

Tony laissa retomber le bas qu’elle avait à la main et jeta un regard

pensif sur le visage d’Armgard.

— Ça, je ne sais pas encore ; mais il faudra qu’il possède un grand

domaine. Ah ! ce que je serai heureuse, mes enfants ! Je me lèverai à cinq

heures et mettrai la main à la pâte.

Elle remonta la couverture et leva vers le plafond des yeux rêveurs.

— Assurément, elle a la vision de cinq cents vaches, dit Gerda, en

observant dans le miroir l’image de son amie.

Tony n’était pas encore prête ; mais avant de se coucher elle laissa

retomber sa tête sur l’oreiller, croisa les mains sur sa nuque et, pensive elle

aussi, considéra à son tour le plafond.

— Naturellement, j’épouserai un négociant, dit-elle. Il faudra qu’il ait

beaucoup d’argent, afin que nous puissions avoir un intérieur élégant ; c’est

mon devoir vis-à-vis de ma famille et de notre maison, ajouta-t-elle

gravement. Oui, vous verrez, c’est bien cela que je ferai.

Gerda avait terminé sa toilette de nuit et elle brossait ses larges dents

blanches devant sa glace à main encadrée d’ivoire.

— Moi, je ne me marierai probablement jamais, dit-elle, avec quelque

difficulté, gênée qu’elle était par la poudre à la menthe. Je ne vois pas

pourquoi je le ferais. Je n’en ai pas la moindre envie. J’irai à Amsterdam, je

jouerai des duos avec papa et plus tard je vivrai dans la famille de ma sœur.

— Que c’est dommage ! s’écria Tony avec vivacité. Oui, que c’est

dommage, Gerda ! Tu devrais te marier ici et rester toujours avec nous…

Écoute un peu : pourquoi, par exemple, n’épouserais-tu pas un de mes

frères…

— Celui qui a un grand nez ? demanda Gerda.

Et elle bâilla avec un petit soupir plein d’une négligence de bon ton, le

miroir devant sa bouche.

— Ou l’autre, cela n’a aucune importance… Dieu, quelle installation

vous auriez ! Il faudrait la confier à Jacobs, le tapissier de la Fischerstrasse,

il a un goût incomparable. Je vous rendrais visite chaque jour…

Mais à ce moment, la voix de Mlle Popinet se fit entendre :

— Ah ! Voyons, mesdames ! Au lit, s’il vous plaît ! Assez de mariage

comme cela pour ce soir !

Tony, cependant, passait les dimanches et les vacances chez elle, dans la

Mengstrasse, ou à la campagne chez ses grands-parents. Quel bonheur de pouvoir, quand le temps était beau, le jour de Pâques, chercher les œufs et

les lièvres en pâte d’amandes dans l’immense jardin des Kröger ! Et les

grandes vacances au bord de la mer, les chambres, la table d’hôte du

Casino, le bain, les promenades à dos d’âne ! Puis, quelques années plus

tard, les affaires du consul ayant prospéré, les voyages de grande

envergure !… Quels Noëls surtout, une triple distribution de cadeaux : à la

maison, chez les grands-parents et chez Sesemi où, ce soir-là, le « bischof »

coulait à flots. Mais c’était à la maison que la veillée de Noël revêtait le

plus de splendeur, car le consul tenait à ce que cette fête sacrée fût célébrée

avec ferveur, pompe et recueillement. Une atmosphère de profonde

solennité emplissait le salon des paysages où l’on se trouvait réunis. Les

domestiques et toutes sortes de vieillards et de pauvres gens dont le consul

serrait les mains violacées se pressaient entre les colonnes de la galerie ;

soudain s’élevait au-dehors un chœur à quatre voix qu’exécutait la maîtrise

de l’église Sainte-Marie et c’était si imposant que le cœur vous en battait.

Alors, tandis que par les fentes de la porte blanche à deux battants

s’insinuait un parfum de sapin, Mme Buddenbrook lisait lentement, dans

l’antique bible familiale aux énormes lettres, le chapitre de la Nativité ; puis

un autre chœur ayant expiré au-dehors, on entonnait Mon beau sapin et l’on

se rendait en cortège solennel à travers la galerie, dans la salle, la vaste salle

aux statues et aux tapisseries ; l’arbre décoré de lis neigeux, scintillant,

resplendissant et embaumé, montait jusqu’au plafond, et la table des

présents se prolongeait des fenêtres à la porte. Cependant sur la neige des

rues, durcie par le gel, les Italiens faisaient entendre leurs orgues de

Barbarie et, de la place du Marché, arrivait le tumulte de la foire de Noël. À

l’exception de la petite Clara, les enfants prenaient part eux aussi au

réveillon dans la galerie aux colonnes ; l’on y servait en quantité

inimaginable des carpes et du dindon farci…

Notons ici que Tony Buddenbrook, au cours de ces années, visita deux

propriétés du Mecklembourg. Elle passa quelques semaines d’été auprès de

son amie Armgard dans le domaine de M. von Schilling, situé sur la côte,

de l’autre côté de la baie, en face de Travemünde. Une autre fois, elle se

rendit avec sa cousine Thilda dans le bien où M. Bernard Buddenbrook était

régisseur. Ce domaine s’appelait Ungnade, « Disgrâce », et ne rapportait pas

un liard ; malgré cela, il n’était pas à dédaigner comme villégiature.

Ainsi, les années passaient et, à tout prendre, ce fut une jeunesse

heureuse que celle de Tony Buddenbrook.

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