Les Buddenbrook

Thomas Mann · Chapitre 39 sur 98

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Les Buddenbrook

Chapitre VI

— Alors, attends pour la troisième bonne que nous puissions un peu

disposer de cette richesse…

— Vas-tu peut-être souhaiter la mort de mon père ?… Je dis que nous

sommes des gens fortunés, que je ne suis pas venue chez toi les mains

vides…

Bien que M. Grünlich fût encore en train de mâcher, il sourit ; il eut un

sourire supérieur, mélancolique et silencieux. Cela troubla Tony.

— Grünlich, dit-elle sur un ton plus calme, tu souris, tu parles de notre

situation… Est-ce que je me trompe sur l’état de notre fortune ? As-tu fait

de mauvaises affaires ? As-tu…

Au même moment, on entendit comme un rapide roulement de tambour

contre la porte du couloir et M. Kesselmeyer entra.

 

CHAPITRE VI

 

M. Kesselmeyer entra dans la chambre en ami intime, sans être annoncé,

sans chapeau, sans pardessus, et demeura sur le seuil de la porte. Son

physique répondait exactement à la description de Tony dans une lettre à sa

mère. Il était plutôt trapu, ni gros ni mince. Il portait un habit noir, un peu

lustré déjà, et un pantalon de même couleur, étroit et court, un gilet blanc

sur lequel une longue et mince chaîne de montre s’entrecroisait avec deux

ou trois cordons de binocle. Les favoris blancs et courts qui couvraient ses

joues tranchaient sur son visage rouge et laissaient le menton et les lèvres à

découvert. Sa bouche était menue, mobile et avait un air comique ; elle ne

renfermait en tout que deux dents à la mâchoire inférieure. Tandis que

M. Kesselmeyer, les mains enfoncées dans les poches de son pantalon,

restait là, absorbé, l’air vague, absent et pensif, il avança ses deux canines

jaunes et coniques sur sa lèvre supérieure. Le duvet blanc et noir de sa tête

s’agitait doucement, bien qu’on ne sentît pas le moindre souffle d’air.

Enfin, il sortit ses mains de ses poches, se pencha en avant, laissa pendre

sa lèvre inférieure et dégagea à grand-peine un des cordons de binocle de

l’enchevêtrement général qui couvrait sa poitrine. Puis, avec une grimace

bizarre, il assujettit d’un seul coup son pince-nez, examina le couple et dit :

— Ah ! ah !

Il faut tout de suite remarquer qu’employant très souvent cette

exclamation, il avait coutume de lui donner des intonations très variées et très singulières. Il pouvait la proférer, la tête rejetée en arrière, le nez

froncé, la bouche largement ouverte, agitant les mains en l’air, et lui donner

un son traînant, nasal et métallique qui rappelait celui d’un gong chinois…

D’autres fois, sans parler d’innombrables nuances, il pouvait proférer un

« Ah ! ah ! » très bref, sans appuyer, avec douceur, ce qui était peut-être

encore bien plus drôle, car il prononçait le a d’une façon indistincte, par le

nez. Ce jour-là, il fit entendre un « Ah ! ah ! » rapide et gai, accompagné

d’un hochement de tête nerveux qui semblait annoncer une disposition

d’esprit des plus joviales, et, pourtant, il ne fallait pas s’y fier ; il faut savoir

que le banquier Kesselmeyer manifestait d’autant plus de gaieté, que son

humeur était plus perfide. Quand il sautillait, poussant des milliers de

« Ah ! ah ! », remettant son binocle et le laissant tomber, gesticulant avec

les bras, bavardant, débordant de billevesées, on pouvait être sûr que la

méchanceté le dévorait. M. Grünlich le regarda en clignant les yeux avec

une méfiance non dissimulée.

— Vous, déjà, de si bonne heure ? dit-il.

— Oui, oui, répondit M. Kesselmeyer, agitant en l’air une de ses petites

mains rouges et ridées, comme s’il voulait dire : « Attends un peu, je te

réserve une surprise !… » J’ai à vous parler ! à vous parler sur-le-champ,

mon cher !

Il avait une façon ridicule de parler. Il commençait par rouler à grand-

peine chaque mot dans sa petite bouche édentée et mobile. Il roulait les r

comme s’il eût eu le palais bien graissé. Les yeux clignotants de

M. Grünlich exprimèrent encore plus de méfiance.

— Venez ici, monsieur Kesselmeyer, dit Tony, asseyez-vous là ! C’est

gentil à vous de venir. Écoutez. Il faut nous servir d’arbitre. Je viens d’avoir

une discussion avec Grünlich. Voyons, dites-moi un peu : une enfant de

trois ans a-t-elle besoin d’une bonne, oui ou non ? Eh bien ?

Mais M. Kesselmeyer paraissait ne prêter nulle attention à Tony. Il s’était

assis et, tout en ouvrant toute grande sa bouche menue, il fronçait le nez et

grattait de son index ses favoris courts, ce qui faisait un bruit énervant ; par-

dessus son pince-nez, il examinait d’un air joyeux la table élégante du

déjeuner, la corbeille à pain en argent, l’étiquette de la bouteille de vin

rouge.

— Voilà, reprit Tony, Grünlich prétend que je le ruine…

Ici, M. Kesselmeyer la regarda, puis il regarda Grünlich et se mit à rire,

d’un rire inouï.

— Vous le ruinez ! s’écria-t-il. Ah ! Seigneur ! voilà qui est plaisant, qui

est des plus plaisants.

Et là-dessus il se laissa aller à un flot de « Ah ! ah ! » très variés.

M. Grünlich, visiblement nerveux, avançait et reculait sa chaise, passait

son long index entre son col et son cou et faisait glisser ses favoris jaunes

entre ses doigts.

— Kesselmeyer, dit-il, remettez-vous donc. Avez-vous perdu la tête ?

Cessez donc de rire. Voulez-vous du vin ? un cigare ? De quoi riez-vous, en

somme ?

— De quoi je ris ?… Oui, donnez-moi un verre de vin, donnez-moi un

cigare… De quoi je ris ? Alors, vous trouvez que votre femme vous ruine…

— Elle a des goûts trop luxueux, dit M. Grünlich, l’air contrarié.

Tony ne réfuta pas cette observation. Très calme, adossée à sa chaise, les

mains sur les genoux, sur les nœuds de velours de sa robe de chambre, elle

dit en avançant sa lèvre supérieure d’un air boudeur :

— Oui… je suis ainsi. C’est évident. Je tiens cela de maman. Tous les

Kröger aiment le luxe.

Elle aurait déclaré avec le même calme qu’elle était légère, emportée,

vindicative. Son sens de la famille, très ancré chez elle, l’empêchait de

croire au libre arbitre et à la responsabilité et lui faisait constater et

reconnaître ses qualités ou ses défauts avec une impassibilité presque

fataliste… sans distinction et sans effort pour se corriger. Elle était d’avis,

sans le savoir elle-même, que toute qualité, de quelque nature qu’elle fût,

était un héritage, une tradition de famille et par suite une chose vénérable,

que l’on devait respecter à tout prix.

M. Grünlich avait fini de déjeuner, et le parfum des deux cigares se

mêlait à la vapeur chaude du poêle.

— Tire-t-il bien ? demanda le maître de la maison. En voulez-vous un

second ? Je vous verse encore un verre de vin… Vous vouliez me parler…

Est-ce pressé ? Est-ce important ? Ne trouvez-vous pas qu’il fait un peu trop

chaud ici ? Ensuite, je vous emmène en ville dans ma voiture. Au fumoir, il

fait d’ailleurs plus frais…

Mais, en réponse à tous ces efforts, M. Kesselmeyer agitait une main en

l’air, comme s’il voulait dire : « Tout cela est inutile, mon cher ! »

Enfin, on se leva, et tandis que Tony restait dans la salle à manger pour

surveiller la femme de chambre qui desservait, M. Grünlich fit passer son

ami par le petit salon pensée. Tordant ses favoris entre ses doigts, d’un air songeur, il marchait le premier, la tête basse. M. Kesselmeyer, fauchant l’air

avec ses bras, disparut derrière lui dans le fumoir.

Dix minutes s’écoulèrent. Tony était entrée un instant dans le salon pour

passer elle-même le plumeau bariolé sur le dessus en noyer brillant d’un

minuscule secrétaire aux pieds galbés, et elle traversa lentement la salle à

manger. Elle marchait posément, avec une dignité incontestable.

Mlle Buddenbrook n’avait rien perdu, apparemment, de sa fierté en

devenant Mme Grünlich. Elle se tenait très droite, se rengorgeant un peu, et

regardait toute chose de très haut. D’une main, elle tenait le petit panier à

clefs délicatement verni, l’autre était glissée négligemment dans la poche de

son peignoir grenat ; elle portait avec gravité son vêtement aux longs plis

moelleux, mais l’expression naïve et ignorante de sa bouche trahissait que

toute cette dignité n’était guère qu’un jeu enfantin et innocent.

Dans le salon pensée, elle avait pris le petit arrosoir de cuivre jaune pour

arroser la terre noire des plantes. Elle aimait beaucoup ses palmiers qui

contribuaient à donner à sa demeure un air de distinction. Elle tâtait avec

précaution une jeune pousse sur l’une des grosses tiges rondes, examinait

délicatement les éventails majestueusement ouverts et supprimait, çà et là,

avec les ciseaux, une pointe jaunie. Tout à coup, elle dressa l’oreille. La

conversation au fumoir avait pris, depuis quelques minutes déjà, un ton vif

et devenait si bruyante qu’on distinguait tous les mots, malgré l’épaisseur

de la porte et de la portière. On entendait M. Grünlich s’écrier :

— Ne criez donc pas ! Maîtrisez-vous donc, Dieu du ciel ! et sa voix

suave se changeait, tendue à l’extrême, en un fausset aigu. Prenez encore un

cigare, ajoutait-il avec une douceur désespérée.

— Oui, avec le plus grand plaisir, merci beaucoup, répondait le banquier.

Sur quoi, il y eut un silence, pendant que M. Kesselmeyer se servait. Puis

il ajouta :

— En deux mots : voulez-vous ou ne voulez-vous pas ? L’un ou l’autre !

— Kesselmeyer, donnez-moi un délai !

— Ah ! ah ! Eh bien non, mon cher, en aucun cas, il ne peut plus en être

question !

— Pourquoi pas ? Qu’est-ce qui vous prend ? Soyez donc raisonnable,

pour l’amour de Dieu. Puisque vous avez attendu jusqu’à présent…

— Pas un jour de plus, mon bon ! Enfin, mettons huit jours, mais pas une

heure de plus. Qui est-ce qui a encore confiance en…

— Ne prononcez pas de nom !

— Pas de nom ?… bien ! Qui est-ce qui a encore confiance en votre

honorable beau-…

— Pas de précisions ! Dieu tout-puissant, ne soyez donc pas si ridicule.

— Bien, pas de précisions. Quelqu’un a-t-il encore confiance dans la

maison en question, de laquelle dépend votre crédit ?… Combien a-t-elle

perdu dans cette faillite de Brême ? 50 000 ? 70 000 ? 100 000 ? Plus

encore ? Qu’elle ait été terriblement atteinte, les moineaux le crient sur les

toits. Tout ça, c’est une affaire de prestige. Hier, c’était… bien, pas de nom.

Hier, la maison en question était solide et vous mettait, sans le savoir, à

l’abri du souci… Aujourd’hui, elle est à plat et B. Grünlich est plus à plat

encore… c’est clair, n’est-ce pas ? Vous ne vous en apercevez donc pas ?

Vous êtes pourtant le premier à ressentir le contrecoup de fluctuations de ce

genre… Quelle mine vous fait-on ? Comment vous regarde-t-on ? Bock et

Goudstikker sont sans doute très prévenants et pleins de confiance ?

Comment se comporte la banque de crédit ?

— Elle m’accorde un délai.

— Ah ! ah ! Vous en êtes à mentir ? Je sais bien qu’hier ils vous ont porté

un coup. Un coup très encourageant !… Eh ! voyez-vous ?… Mais surtout

n’ayez pas honte… C’est naturellement dans votre intérêt de me faire

accroire que les autres sont calmes et rassurés comme auparavant… Hein,

mon cher ! Écrivez au consul. J’attendrai huit jours.

— Acceptez un acompte, Kesselmeyer !

— Acompte par-ci, acompte par-là ! On accepte des acomptes pour se

donner le temps de se convaincre de la solvabilité de quelqu’un ! Qu’ai-je

besoin d’expériences sur ce point ? Je sais parfaitement quelle est votre

solvabilité ! Ha ! ah ! ah !… Un acompte, je trouve cela très, très plaisant…

— Baissez donc la voix, Kesselmeyer ! Ne riez pas continuellement de

ce rire exaspérant ! Ma situation est si grave… oui, je l’avoue, elle est

grave ; mais j’ai encore bien des affaires en train. Tout peut s’arranger.

Écoutez-moi, faites attention : je vous signerai 20 %…

— Rien à faire, rien à faire… C’est trop drôle, mon cher ! Non, je suis

partisan de vendre au bon moment ! Vous m’avez offert 8 %, et j’ai

prolongé. Vous m’avez offert 12 et 16 %, et j’ai chaque fois prolongé.

Maintenant, vous pourriez m’en offrir 40, que je ne songerais pas à une

prolongation, je n’y songerais pas, mon cher !… Depuis que les frères

Westfahl, à Brême, se sont cassé les reins, tout le monde cherche à dégager

ses intérêts de la maison en question et à les mettre à l’abri… Comme je vous l’ai dit, je suis d’avis de vendre au bon moment. J’ai gardé vos

signatures aussi longtemps que Johann Buddenbrook était bon sans aucun

doute… en attendant, je pouvais ajouter au capital les intérêts en retard, et

augmenter le taux. Mais on ne garde une valeur qu’aussi longtemps qu’elle

monte, ou du moins qu’elle est ferme ; quand elle commence à tomber, on

vend… je veux dire que je réclame mon capital.

— Kesselmeyer, vous êtes impudent !

— Ah ! ah ! impudent, je trouve cela des plus plaisants !… Qu’est-ce que

vous voulez, en somme ? Vous êtes forcé de toute façon de vous adresser à

votre beau-père ! La banque de crédit est furieuse et, à part cela, vous n’êtes

pas précisément sans tache…

— Non, Kesselmeyer… je vous en conjure, écoutez-moi

tranquillement !… Oui, je suis franc, je vous l’avoue sans détour, ma

situation est grave. Vous et la banque de crédit, vous n’êtes pas les seuls…

On m’a présenté des traites. Tout paraît s’être concerté…

— Évidemment. Dans ces conditions… Mais il y a pourtant moyen

d’arranger cela d’un seul coup…

— Non, Kesselmeyer, écoutez-moi !… Faites-moi donc le plaisir de

prendre encore un cigare…

— Je n’ai même pas encore fumé celui-ci à moitié. Laissez-moi la paix

avec vos cigares ! Payez…

— Kesselmeyer, ne me laissez pas tomber maintenant… Vous êtes mon

ami, vous vous êtes assis à ma table…

— Et vous, vous ne vous êtes peut-être pas assis à la mienne, mon cher ?

— Oui, oui… mais ne me retirez pas votre crédit en ce moment,

Kesselmeyer !…

— Crédit ? du crédit encore par-dessus le marché ? Est-ce que vous

n’auriez pas un grain ? un nouvel emprunt ?…

— Oui, Kesselmeyer, je vous en conjure… peu de chose, une

bagatelle !… J’ai besoin seulement de faire quelques versements et de

distribuer des acomptes par-ci par-là pour m’assurer à nouveau le respect et

la patience… Soutenez-moi et vous ferez une bonne affaire ! Comme je

vous le disais, j’ai une foule d’affaires en train… Tout s’arrangera… Vous

savez que je suis actif et ingénieux…

— Oui, vous êtes un fat, un maladroit, mon cher ! Voudriez-vous avoir

l’extrême bonté de me dire ce que vous allez encore inventer ? Peut-être

allez-vous découvrir quelque part au monde une banque qui vous donnera une seule pièce blanche ? ou un autre beau-père ? Ah ! non. Votre plus beau

tour de force, vous l’avez derrière vous. Ces choses-là ne se font qu’une

fois. Tous mes compliments ! Hein, ma haute considération !

— Parlez plus bas, que diable !

— Vous êtes un sot ! actif et ingénieux, soit ; mais toujours au profit

d’autres gens. Vous n’êtes certes pas scrupuleux et pourtant vous n’en avez

jamais tiré avantage. Vous avez commis des friponneries, vous avez

escroqué un capital, uniquement pour me payer 16 % au lieu de 12. Vous

avez jeté toute votre honnêteté par-dessus bord et n’en avez pas retiré le

moindre profit. Vous n’avez pas plus de conscience qu’un chien de boucher

et pourtant vous êtes un malchanceux, un niais, un pauvre fou. Il y a des

gens comme cela ; ils sont très comiques. Pourquoi, en somme, avez-vous

une telle peur de vous en remettre pour toute cette histoire au monsieur en

question ? Parce que vous ne vous sentez pas à votre aise ? parce qu’il y a

quatre ans tout n’était pas en règle ? tout ne s’est pas passé proprement,

hein ? Craignez-vous peut-être que certaines choses…

— Bon, Kesselmeyer, j’écrirai. Mais s’il refuse, s’il me laisse tomber…

— Oh ! ah ! ah ! Alors, nous ferons une petite faillite, une petite faillite

très amusante, mon cher ! Cela ne me touche pas, pas le moins du monde.

Moi, personnellement, je suis déjà à peu près rentré dans mes frais, grâce

aux intérêts que vous avez grattés çà et là, et, dans la masse des créanciers,

j’ai la priorité, mon cher. Et puis, écoutez, j’y trouverai toujours mon

compte. Je connais à fond votre ménage, mon très cher. J’ai déjà dressé un

inventaire à l’avance, il est dans ma poche… Ah ! ah ! je veillerai à ce

qu’on ne m’escamote ni une corbeille en argent, ni un peignoir.

— Kesselmeyer, vous vous êtes assis à ma table.

— Fichez-moi la paix avec votre table !… Dans huit jours, je viendrai

chercher la réponse. Je vais en ville. Un peu d’exercice me fera du bien.

Bonjour, mon cher ! Bonne et joyeuse matinée !

Là-dessus, M. Kesselmeyer parut se lever et partir. On entendit son pas

saccadé et traînant dans le couloir et on pouvait se le représenter, fauchant

l’air de ses bras.

Lorsque M. Grünlich entra dans le petit salon pensée, Tony était là, son

arrosoir de cuivre à la main, et le regardait dans les yeux.

— Que fais-tu là ? Qu’est-ce que tu as à me fixer ainsi ? dit-il en

montrant les dents, agitant les mains dans le vide et balançant son buste.