Stöld

Ann-Helén Laestadius · Chapitre 48 sur 86

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48 – Njealljelogigávcci

 

 

Mattias vit la voiture de police rouler à tombeau ouvert, gyrophares allumés. Direction la ville. Cela faisait à peine trente minutes qu’ils les avaient quittés chez Robert. Ce n’était pas de bon augure, il le comprenait bien. Il devait le dire à sa sœur, au cas où elle ne les aurait pas vus. Les pas lourds, tête baissée, il se dirigea vers chez elle.

Assise à la table de la cuisine, elle riait en regardant son portable. Elle avait les cheveux mouillés, tout juste lavés, elle sentait bon. Toute la cuisine embaumait.

Surtout, adopter un ton neutre. Ne pas élever la voix.

— Les flics sont partis.

— Quoi ?

Elle sourit, elle n’avait pas entendu ce qu’il disait.

— Il faut que tu appelles les flics. Ils viennent de partir.

Ça ressemblait à un ordre, il s’en rendait compte. Le sourire de sa sœur s’évanouit.

— Tu es sûr ?

— Mais oui, bon sang ! Ils viennent de passer.

Elsa enroula ses cheveux humides et les attacha à l’aide d’une pince. Le visage si triste. Il sentit l’agacement monter.

— Je t’avais prévenue ! Tu as toujours des attentes démesurées.

Le regard insistant qu’elle posa sur lui l’obligea à se retourner, à faire claquer les portes de placard, en quête d’une tasse à café. Elle se rendit alors compte que la cafetière en inox était vide et reposa la tasse avec fracas.

Son portable était en mode haut-parleur, les sonneries retentirent jusqu’à ce qu’un policier décroche.

— Je souhaiterais parler à Ljungblad. Nous venons de nous voir et je voulais savoir comment s’est passée la visite chez un suspect que j’avais signalé.

— La patrouille a été appelée en urgence.

— Qu’est-ce que ça signifie ? Il n’y a pas eu de perquisition ?

Mattias la regardait parler. Elle se levait, adoptait un air sévère, faisait de grands gestes de la main. Fendait l’air de la paume lorsque son ton se faisait tranchant.

— Vous ne comprenez pas que le braconnier va passer la fraise à neige partout ? Il va effacer toutes les traces. (C’était vain, elle soupira.) Pouvez-vous demander à Ljungblad de me rappeler ?

Elle posa le portable sur la table, s’écroula sur une chaise et appuya le front contre ses poignets.

— Maintenant il va recouvrir toutes les traces et récurer sa putain de remise. Il ne restera pas une seule trace. S’il a un congélateur là-dedans, il s’assurera de le vider.

Mattias était incapable de répondre. Il voulait partir, vite. Frapper quelque chose jusqu’à ce que ses poings saignent.

Elsa leva la tête.

— Mais… nous avons les photos. Ils ne peuvent pas ignorer des photos de traces de sang.

Mattias serra les poings, il aurait pu renverser la table. Elle se recroquevilla de nouveau.

— Il dira que c’était le lièvre. (Elle s’interrompit.) Dans ce cas il devra montrer un cadavre de lièvre, non ? Je vais le lui dire, à ce Ljungblad.

— Laisse tomber… Tu sais bien qu’ils n’y retourneront pas !

Elle détourna la tête, se leva et se dirigea vers le séjour.

— Je n’abandonnerai jamais !

Elle claqua violemment la porte.

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