La trinité maudite: Michael Biörn Volume 2 (French Edition)

Chapitre 7

Les deux meufs gloussèrent en passant devant Tim, et le type qui les accompagnait lui lança un sourire en coin. C’était l’histoire de sa vie… La malédiction l’avait suivi de l’école primaire jusqu’à l’université. La fac représentait tout de même une amélioration par rapport au lycée. Ici, au moins, il n’avait plus à subir de violences physiques. Cela ne signifiait cependant pas qu’il traînait avec les gens cool… ou avec qui que ce soit d’autre d’ailleurs.

Il s’apprêtait à rentrer dans la cafétéria lorsqu’il sentit une main sur son épaule. Ce contact inattendu le fit sursauter. Il se retourna et se retrouva face à face avec le type qu’il venait de voir en compagnie des deux pimbêches, un instant plus tôt. Tim fit instinctivement un pas en arrière.

— Relaxe, mec. Je veux juste te parler, dit l’homme en levant les mains en signe de paix.

— De quoi ? demanda Tim, pas complètement convaincu.

— Allons bavarder là-bas, répondit son interlocuteur en désignant du doigt l’un des bancs du parc arboré entourant la cafétéria.

Tim n’avait aucune envie de discuter avec lui, mais toutes ces années passées à se plier aux ordres des petits caïds qui l’avaient terrorisé durant toute sa scolarité l’avaient conditionné à obéir au doigt et à l’œil.

Le tyran présumé prit place sur un banc situé à l’ombre d’un chêne et lui fit signe d’en faire autant. Tim s’exécuta et s’installa aussi loin que possible de lui.

— Je m’appelle Gregory Johnson, mais tout le monde m’appelle Greg, dit le type en lui tendant la main.

— Je suis Tim Walters, répondit-il en la lui serrant.

— Je t’ai vu reluquer ces deux gonzesses, tu sais, continua Greg d’une voix calme.

À ces mots, Tim sentit des perles de sueur froide lui rouler sur les côtes, alors que sa gorge se nouait. Il nia vivement l’accusation, tout en scrutant les environs à la recherche d’un potentiel sauveur.

Il était presque midi, et le campus grouillait d’étudiants affamés et de professeurs en route pour déjeuner. Il avait peu de chance de recevoir la correction de sa vie devant tant de témoins, mais il pouvait tout de même se prendre un bon coup de poing.

— Détends-toi, mec, j’en ai rien à battre de ces deux nanas, dit Greg d’une voix apaisante. J’essaie juste de t’aider, c’est tout…

— J’ai pas besoin d’aide ! le coupa Tim, sur la défensive, s’attirant ainsi le regard des passants.

— OK, très bien, tu n’as pas besoin d’aide. Mais dis-moi, est-ce que t’as déjà conclu ne serait-ce qu’une seule fois avec ce genre de gonzesses ?

Ne sachant trop quoi dire, Tim resta silencieux. Bien sûr qu’il n’était jamais sorti avec des filles aussi bien gaulées que ces deux-là. Il n’en avait même jamais embrassé une seule, bordel ! Mais il n’était pas près de l’admettre devant cet étranger.

— T’as pas besoin d’répondre. Mais tu peux me croire sur parole quand je te dis que je me suis tapé tellement de salopes dans leur genre que j’suis incapable de me souvenir de toutes.

Tim acquiesça. Il n’avait aucun mal à le croire.

— Regarde-moi, continua Greg, j’suis pas un beau gosse. Je ne suis ni particulièrement grand ni musclé, et pourtant, je peux me taper n’importe quelle fille. Qu’est-ce que tu dis de ça ?

Tim restait silencieux, il se disait à présent que Greg se la jouait un peu. De près, le gars n’avait rien de spécial. Il n’était effectivement pas vraiment beau, et il doutait fortement que les facultés cérébrales du vantard arrivent à la cheville des siennes.

— Tu ne me crois pas, hein ? demanda Greg, en souriant. Très bien, faisons un test. Tu choisis une femme, n’importe laquelle, et tu me la montres. Ne sois pas timide, trouve-moi un vrai challenge !

Tim décida de lui faire plaisir. Pour une fois, il serait celui qui humilie. Il scruta les alentours, jaugeant consciencieusement différentes candidates et tâchant de dénicher celle qui dégagerait Greg à coup sûr. Il ne put s’empêcher de sourire lorsqu’il dégota enfin la fille parfaite. Le type allait se prendre le râteau du siècle.

— Essaie de te taper celle-là, dit-il, en désignant discrètement une femme qui se dirigeait lentement vers eux.

Une femme magnifique d’origine africaine – ce qui ajoutait un paramètre interracial à l’équation. Le géant d’un mètre quatre-vingt-dix qui lui tenait la main devait bien peser cent quinze kilos. La cerise sur le gâteau.

— Ça, c’est un bon défi, commenta Greg, d’un air satisfait. Au boulot.

Alors que le couple passait à côté d’eux, Greg s’approcha de l’homme qu’il fixa droit dans les yeux en disant :

— J’ai envie de baiser ta copine, t’as une objection ?

Tim, stupéfait, s’attendait à ce que le géant l’assomme, mais contre toute attente, l’homme fit simplement non de la tête. La femme, quant à elle, dévisageait le colosse d’un air médusé, et elle lui aurait certainement collé une gifle si Greg ne lui avait pas attrapé la main au vol.

— Et toi, qu’en dis-tu ? lui demanda-t-il.

Elle tourna un regard haineux vers le grossier personnage, prête à lui rentrer dedans, mais son corps se détendit soudain, et elle ne protesta pas quand la langue de Greg s’immisça entre ses lèvres. Le baiser dura trente bonnes secondes, durant lesquelles les mains de Greg explorèrent librement les courbes parfaites de la jeune femme.

Ayant prouvé sans l’ombre d’un doute ce qu’il avait affirmé à Tim un instant plus tôt, Greg laissa le couple reprendre son chemin après avoir gratifié la femme d’une petite claque sur les fesses.

— Je pense que je n’ai pas besoin de la sauter pour te convaincre, si ? demanda-t-il à Tim, qui se contenta de secouer doucement la tête, perplexe.

Qu’est-ce qui venait de se passer, putain ? Qui était ce mec ?

— Et si je te disais que tu pourrais posséder le même don que le mien, continua Greg. Est-ce que tu serais intéressé ?

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