La trinité maudite: Michael Biörn Volume 2 (French Edition)
Chapitre 43
Le ciel était dégagé, mais la température ne dépassait pas les moins trois degrés. Tim, qui ne portait qu’un blouson d’été, était frigorifié. Le blouson lui avait paru suffisant lorsqu’il avait quitté son appartement vers midi pour se rendre à son cours de physique. Mais un vent glacé venu du Canada avait fait chuter la température de quinze degrés au cours de l’après-midi.
Tim avait souvent froid depuis sa transformation, mais il s’en fichait. C’était un faible prix à payer en échange du don qu’il avait reçu : la vie éternelle ! D’autant qu’il ne s’agissait pas du genre de vie pourrie qu’il avait eu avant son changement. Il vivait désormais l’existence dont il avait toujours rêvé. Il traînait avec les gars les plus branchés, et ses nouveaux amis formaient un groupe uni, un noyau indivisible où chacun soutenait l’autre, envers et contre tout. C’était du moins l’idée qu’il se faisait d’eux.
Le succès qu’il avait avec le sexe opposé était également quelque chose de nouveau. La nuit précédente, pour la première fois de sa vie, il avait couché avec une fille. Et même pas un laideron. Non, une gonzesse magnifique.
Elle était légèrement pompette, certes, mais il avait tout de même réussi à la séduire en dépit de la concurrence féroce d’autres types au physique bien plus agréable que le sien. Et tout cela grâce à l’envoûtement. De loin le plus gros avantage associé à sa nouvelle condition de vampire.
Pouvoir prendre sa revanche sur les petites frappes qui le persécutaient depuis l’école primaire, les minets abrutis ou les connards de l’équipe de foot était quelque chose dont il avait toujours rêvé. Et à présent, cette vengeance était à portée de main.
L’envoûtement lui permettait de soumettre les autres à sa propre volonté. Il n’était clairement pas encore un expert en la matière, mais il apprenait rapidement. Greg, son mentor en ce domaine, était impressionné de voir à quelle vitesse il progressait. Bien sûr, la susceptibilité à l’envoûtement variait en fonction de la victime. Les esprits forts se montraient plus difficiles à subjuguer, et aux dires de Greg, il était encore plus compliqué d’asservir un préternaturel. Ces derniers pouvaient aussi briser l’envoûtement avec plus d’aisance que les humains, qui pouvaient demeurer sous le sort des années durant.
Perdu dans ses pensées, il s’engagea sur le passage clouté sans vérifier que les véhicules approchant l’intersection l’aient vu venir.
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Le conducteur écrasa la pédale de frein tout en assenant de grands coups de klaxon, mais il était trop tard pour qu’il puisse s’arrêter. Il ferma les paupières et se prépara à l’impact, mais celui-ci ne vint jamais. Lorsqu’il rouvrit les yeux, il vit le gamin imprudent marcher sur le trottoir opposé, apparemment indemne.
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Tim était partagé entre la peur et l’excitation. La voiture n’avait été qu’à quelques centimètres de lui lorsque le bruit du klaxon l’avait alerté du danger. Avant que son cerveau n’ait eu la moindre chance d’enregistrer la terreur, les muscles de ses jambes l’avaient projeté hors de la route à une vitesse qu’un simple humain aurait été incapable d’atteindre. Sa réaction avait été si instinctive et si rapide qu’elle avait probablement été provoquée par son système nerveux central. Comme si ce dernier avait court-circuité le cerveau pour envoyer lui-même l’ordre d’agir à ses membres, accordant ainsi à Tim la précieuse seconde qui l’avait sauvé de l’impact. Il savait très bien que la collision ne l’aurait pas tué, mais il était néanmoins content d’avoir évité le désagrément de se voir percuté de plein fouet par neuf cents kilos de métal.
La rue était heureusement pratiquement déserte. Et si les deux ou trois témoins de l’incident se repassaient la scène mentalement, ils concluraient que les réflexes fulgurants du garçon résultaient d’une soudaine poussée d’adrénaline causée par le danger imminent. Mais sur ce point-là, Tim se trompait lourdement.
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