La trinité maudite: Michael Biörn Volume 2 (French Edition)

Chapitre 42

Michael et Leka avaient repris la route et le pick up se dirigeait à vive allure vers Bozeman, un long trajet en perspective.

— Qu’allons-nous faire à présent ? Nous n’avons rien découvert d’intéressant et nous nous sommes mis l’Alliance de l’Ouest à dos… Dariel ne va pas aimer ça, dit Leka.

— Il ne l’apprendra pas de moi, répondit Michael en souriant. Mais je ne suis pas d’accord avec toi, nous avons trouvé quelque chose de fascinant.

— Quoi donc ?

Le ton de l’elfe était un peu plus jovial.

— Ils savent qui est Dragos.

— Comment peux-tu en être sûr ? Ils ont clairement dit qu’ils ne le connaissaient pas.

— Tu peux mentir avec des mots, mais pas avec ton odeur. En tout cas, pas un vampire. Lorsque je leur ai posé la question à propos de Dragos, l’odeur a changé dans la pièce. Si vraiment ils n’avaient pas su de qui il s’agissait, elle ne se serait pas modifiée. De plus, Silvia a légèrement tressailli quand j’ai prononcé son nom.

Leka regardait par la fenêtre, les yeux fixés sur l’horizon, analysant la déclaration de Michael.

— Très bien, admettons qu’ils connaissent Dragos. En quoi cela peut-il nous être utile ? Ils ne nous ont rien dit à son sujet.

— Sauf erreur de ma part, ils ignoraient totalement sa présence dans le Montana. Je suppose qu’ils aimeraient bien savoir ce qu’il y fait. Le Montana est sous la juridiction de l’Alliance de l’Ouest, et si un vampire non affilié décide d’y recruter des novices, les aînés s’y intéresseront forcément.

— Et l’ennemi de ton ennemi est ton allié, conclut Leka, saisissant là où voulait en venir Michael.

— Quelque chose comme ça, oui. Ils ne deviendront certainement pas nos alliés au sens propre du terme, mais si l’envie leur prend de faire un peu de ménage, qui sommes-nous pour les en empêcher ? compléta Michael en passant la cinquième.

— Je saisis, mais ça ne nous dit pas comment venir en aide à Ézéchiel ou comment vaincre Séraphin.

Bien sûr, Leka avait raison. La poussée d’adrénaline provoquée par la confrontation commençait à redescendre et Michael revenait peu à peu à la triste réalité. Comment allaient-ils stopper Séraphin ? En supposant qu’ils parviennent à le retrouver, ce qui était loin d’être certain.

— Il nous faut un enchanteur. Un très bon !

— Et où vas-tu dégoter un enchanteur plus puissant que le vénérable Ézéchiel ? Parce que je n’en connais personnellement aucun.

— Je l’ignore, admit Michael, mais je sais où nous pourrions commencer à chercher.

— Où ça ?

— À Houston. Je suppose qu’il est préférable que je te redépose avant.

— En quel honneur ? Je n’ai jamais été à Houston. Pour être franc, nous, les elfes, ne sortons pas souvent de nos contrées boisées.

— Et Dariel, qu’en dira-t-il ?

— Il ne l’apprendra pas de moi, répondit Leka en souriant.

— Dans ce cas, je suppose qu’on ferait mieux d’aller tout de suite à Salt Lake. Nous ne sommes qu’à quelques heures de route, et l’aéroport est suffisamment grand pour que nous y trouvions un vol direct.

À ces mots, Michael s’imagina coincé dans un de ces sièges d’avion conçu pour des personnes de taille normale.

— J’espère que c’est toi qui invites parce que je n’ai pas d’argent, dit Leka.

— N’aie crainte, non seulement c’est moi qui paie, mais en plus, nous allons voyager en classe affaires.

L’espace supplémentaire pour ses jambes allait lui coûter une fortune, mais le compte bancaire de Michael pouvait lui permettre ce genre de folies. Les intérêts prenaient une autre dimension quand un capital restait placé des siècles durant…

— Et pourquoi penses-tu que nous dénicherons un enchanteur à Houston ?

— L’année dernière, Éz m’a dit qu’il y en avait quelques-uns là-bas. J’espère juste que l’un d’eux sera suffisamment puissant pour affronter Séraphin.

— Et tu sais comment les trouver ?

— Pas vraiment, répondit Michael, évasif.

— Tu comptes donc faire du porte-à-porte jusqu’à ce que nous tombions sur l’un d’entre eux ? Ça pourrait prendre un certain temps, étant donné que Houston est la quatrième ville du pays.

— Je pense que nous n’aurons besoin de frapper qu’à une seule porte, dit Michael d’un ton de conspirateur.

— Et de quelle porte s’agit-il ?

— Celle d’une sorcière… vraiment talentueuse.

— Et vous vous connaissez bien, tous les deux ?

— On peut dire ça comme ça, je suppose… Elle a tenté de m’assassiner il y a quelques mois de ça.

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