La trinité maudite: Michael Biörn Volume 2 (French Edition)
Chapitre 89
Une épaisse couverture nuageuse dissimulait la lune et les étoiles, mais ni Michael ni Olivia n’avaient besoin de beaucoup de lumière pour trouver leur chemin dans la pénombre. C’était la troisième fois en quelques jours que Michael venait ici. Mais contrairement à sa dernière visite, le camp des diurnes était de nouveau érigé
Séraphin s’était bien foutu d’eux… Les vampires n’avaient probablement déserté le camp que pendant quelques heures après sa confrontation avec Ézéchiel, juste le temps que Michael et l’armée elfique constatent leur supposée fuite.
De là où ils se trouvaient, à quinze mètres de la périphérie du camp, la base de Séraphin fraîchement reconstruite était en tous points identique à l’original. Une odeur nouvelle flottait cependant dans l’air, un fumet que Michael reconnut instantanément. Un vampire vieux de plusieurs siècles, mais plus jeune que Dragos… Cette odeur-là appartenait à l’un des hommes de Silvia. Mais cette fois, il était seul ; l’aînée et ses deux compagnons n’étaient pas dans les environs. Certainement un espion chargé d’avertir Silvia si Dragos décidait de montrer le bout de son nez. Michael tourna doucement la tête de gauche à droite, agissant comme s’il étirait les muscles de son cou, mais il ne put localiser la sentinelle. Cela importait peu, de toute façon.
Il répondit au regard interrogateur d’Olivia par un imperceptible mouvement des yeux destiné à la rassurer. Il doutait que sa pupille ait détecté l’odeur du vampire, mais elle avait probablement ressenti sa propre tension.
Michael jeta un œil sa montre : 1 h 58.
— Quand faut y aller, faut y aller, dit-il avec nonchalance.
Olivia acquiesça, et tous deux se dirigèrent avec détermination vers le rocher enchanté qui dissimulait l’entrée du campement.
Ils ne furent pas déçus par le comité d’accueil qui les attendait de l’autre côté du rocher. La demi-douzaine de diurnes composant la première ligne n’avait rien de particulièrement impressionnant, mais le warlock et l’aîné qui se tenaient derrière eux compensaient largement. Contrairement à Séraphin, Dragos ne portait pas de masque, mais ses traits ne trahissaient aucune émotion.
En arrière-plan, une foule de novices n’attendait qu’un signal de leurs leaders pour attaquer. Michael doutait cependant que ces renforts s’avèrent nécessaires.
Ce n’était pas la première fois de sa vie qu’il se voyait confronté à des ennemis supérieurs en nombre. En revanche, c’était la première fois qu’il se jetait dans la gueule du loup de son plein gré.
Il n’aperçut pas Lucy parmi les novices, ce qui lui laissait espérer que la jeune femme n’avait pas encore rejoint les rangs de leurs adversaires. D’un autre côté, il aurait aimé confirmer sa présence dans le camp, histoire d’être certain qu’Olivia et lui ne s’étaient pas livrés en pâture pour rien.
— Bienvenu, monsieur Biörn, et merci d’avoir accepté notre invitation.
Le masque conférait une qualité feutrée à la voix distordue du warlock, mais n’atténuait en rien son ton ironique.
— C’est gentil à vous de nous recevoir, répondit Michael sur le même ton. J’imagine que vous n’avez aucune intention de m’expliquer pourquoi vous vous êtes donné tant de mal pour m’attirer jusqu’ici ?
— Où est Lucy ? Que lui avez-vous fait ? intervint Olivia.
Séraphin ignora cependant la jeune femme.
— Vous saviez donc que je vous voulais ici. Je suis impressionné, monsieur Biörn. Je ne vous avais pas imaginé comme quelqu’un de particulièrement brillant.
Pendant que Séraphin les distrayait, les vampires entreprenaient une manœuvre d’encerclement, mais Michael ne pouvait pas y faire grand-chose. Séraphin et Dragos restaient les adversaires les plus redoutables, de toute façon.
— Vous ne serez pas surpris si je vous dis que nous ne vous avons pas fait venir ici, vous et votre petite copine, pour votre esprit. Vos muscles, en revanche, sont d’un grand intérêt pour nous.
Michael perçut un mouvement rapide derrière lui au moment où Séraphin terminait sa phrase. Il fit volte-face, mais ne trouva qu’Olivia dans son dos. Les vampires avaient resserré leur cercle, mais demeuraient à plus de cinq mètres de distance.
— Et pourquoi avez-vous besoin de nos muscles, exactement ? demanda Michael.
Mais il n’obtint aucune réponse. À la place, il sentit la brûlure froide d’une lame de poignard lui percer la base du crâne. L’arme effilée s’enfonça dans le cerveau de Michael avec autant de facilité que si cela avait été de la gelée. Perdant déjà connaissance, il se retourna pour découvrir Olivia, sa main droite souillée de sang. La surprise fut la seule émotion que Michael enregistra avant que tout ne devienne noir et qu’il ne s’écroule au sol.
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