La trinité maudite: Michael Biörn Volume 2 (French Edition)
Chapitre 50
L’ambiance était maussade dans l’appartement d’Olivia, où les rescapés de la randonnée s’étaient réunis. Installée sur le divan, Oliva était blottie dans les bras de Matt. Ses yeux rougis témoignaient de nombreuses heures passées à pleurer. Elle avait l’impression que son cœur lui avait été arraché.
Assise à côté de Jake dans une causeuse qui formait un angle de quatre-vingt-dix degrés avec le divan, Maya semblait finalement avoir abandonné l’idée de réconforter Olivia.
Ils avaient laissé Brad, qui souffrait d’une commotion cérébrale, à l’unique hôpital de la ville quelques heures plus tôt. Après avoir appris que le quarterback se remettrait complètement de sa mésaventure, aucun d’entre eux n’avait ressenti le besoin de rester à ses côtés. Ils avaient des affaires plus urgentes à régler, et retrouver Lucie se trouvait en haut de cette liste.
— Il semble clair que les vampires en ont après Olivia. On ne sait pas pourquoi, mais ça n’a que peu d’importance dans l’immédiat, dit Jake. Ce que je ne pige pas, c’est ce que les loups-garous nous voulaient, ajouta-t-il, pensif.
— Il arrive souvent que les vampires capturent des préternaturels pour en faire des chiens de garde chargés de les protéger durant leur sommeil… ou tout simplement pour s’amuser avec. Je serais étonnée que les vampires aient d’autres projets à ton égard, Olivia. Sans chercher à te vexer… dit Maya.
Olivia était trop bouleversée pour se formaliser, surtout maintenant qu’elle savait à qui elle parlait.
Ils avaient tous mis les choses à plat une heure plus tôt, chacun révélant sa véritable nature.
Maya était une princesse elfe qui avait tout de suite reconnu la nature d’Olivia, et avait mis Jake – un humain qu’elle avait rencontré à l’université de Purdue et avec qui elle sortait depuis plusieurs années – dans la confidence.
Matt, lui aussi un humain, ne s’était douté de rien à propos de ses compagnons et n’avait cessé de leur demander de le pincer dans l’espoir qu’il ne s’agisse que d’un horrible cauchemar.
— Je suis d’accord avec toi, répondit Matt. J’ai d’abord été content de voir les loups débarquer. Terrorisé, mais content. J’avais l’impression qu’ils allaient nous débarrasser de ces ordures de vampires, mais quand l’un d’eux s’est retourné vers moi… J’ai bien pensé que mon heure avait sonné. Merci Maya. Sans toi, j’étais foutu.
— Je t’en prie… Les loups-garous veulent peut-être recruter Olivia. Sa louve est plutôt costaude. Plus grande que la plupart de ceux qu’on a vus aujourd’hui. Si pour une raison ou pour une autre ils en ont après les vampires, Olivia pourrait faire une alliée bien utile.
— Comment allons-nous retrouver Lucy ? demanda Olivia, que seul le destin de sa sœur préoccupait.
Elle sortit un mouchoir en papier de la boîte posée en face d’elle sur la table basse.
— Nous devons absolument la retrouver avant qu’ils ne lui fassent du mal. Ou pire encore, ajouta-t-elle, en pensant à ce qu’elle avait elle-même enduré aux mains des garous.
— Sommes-nous certains que ce sont les vampires qui l’ont enlevée ?
Matt soulevait un point intéressant. Lucy avait disparu à la fin du combat, mais personne n’avait vu les vampires s’emparer d’elle.
— C’est la seule explication possible. Les loups n’auraient pas pu la kidnapper dans leur forme animale. Et si l’un d’eux avait repris son apparence humaine, on l’aurait remarqué. Il n’y a que les vampires qui peuvent se déplacer assez rapidement pour qu’aucun de nous ne voie quoi que ce soit, répondit Maya.
— Je pense que nous devrions retourner à l’endroit où nous avons été attaqués et tenter à nouveau de suivre leur piste, dit Olivia, consciente qu’il s’agissait davantage d’une requête désespérée que d’une réelle suggestion.
— Tu es la seule d’entre nous à posséder un odorat capable de repérer leur trace, Olivia, et tu l’as perdu après deux cents mètres alors qu’elle était encore fraîche, énonça Maya d’une voix amicale, mais ferme. Si les vampires ont grimpé aux arbres pour s’enfuir, ce qui dans l’immédiat semble être l’hypothèse la plus logique, on ne les retrouvera pas de cette façon-là.
— Tu es une princesse elfe, Maya. N’as-tu aucun moyen de la localiser ? Tu dois forcément avoir des ressources, des amis qui pourraient nous soutenir… implora Olivia.
Maya et Jake se regardèrent, mal à l’aise.
— Maya est une elfe très puissante, commença Jake. Et elle fera tout ce qui est en son pouvoir pour t’aider, mais nous ne pourrons pas compter sur l’aide des elfes.
— Pourquoi ? Pourquoi ton peuple ne peut-il nous aider à la retrouver ? demanda Olivia. Les elfes sont censés être chez eux au milieu des bois…
— Parce que mon père, le Haut Souverain, ne m’aide généralement pas beaucoup. C’est une question de principe chez lui, répondit l’elfe, visiblement gênée. Et puis j’ai fait le mur pour venir camper, et à l’heure qu’il est, il s’en sera rendu compte. Si je retourne à I-Naur-Tal chercher de l’aide maintenant, il me bouclera dans ma chambre et placera un garde devant ma porte et deux sous mes fenêtres avant que je puisse prononcer un mot.
— Je dois parler à Michael, il saura ce qu’il faut faire.
Confrontée à sa propre incapacité de protéger Lucy, Olivia n’avait plus d’autre choix que de mettre sa rancœur pour le ranger de côté.
— Qui est Michael ? demanda Jake.
— Un ami. Mon mentor, en quelque sorte. Et il se trouve qu’il est également un ours-garou. Si quelqu’un peut retrouver la piste de Lucy, c’est Michael. Son flair est mille fois plus affûté que le mien.
— Je pense que j’ai déjà entendu parler de lui, dit Maya, songeuse. D’après notre guérisseur, l’un des hommes de confiance de mon père mène une enquête aux côtés d’un ours-garou.
— Ça semble coller.
— Dans ce cas, tu ne dois absolument pas parler de moi à ce Michael. En ce qui le concerne, tu ne m’as jamais rencontrée ! Je ne peux pas prendre le risque que mon père apprenne que je suis impliquée là-dedans, Olivia. Je te serai bien plus utile s’il ne sait pas où je suis, ou ce que je fais. Crois-moi ! On va retrouver Lucy, tu as ma parole, mais ne parle pas de moi à ton ami. On est d’accord ?
Olivia acquiesça. L’idée que Michael puisse l’aider la réconfortait un peu. L’homme pouvait parfois se montrer horripilant, et vivre en sa compagnie avait été pire qu’un séjour dans un goulag sibérien, mais elle pouvait compter sur son aide pour retrouver Lucy. Michael était aussi la personne la plus utile à avoir à ses côtés dans un combat. Il ferait regretter à ces vampires le jour de leur mort.
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