La trinité maudite: Michael Biörn Volume 2 (French Edition)
Chapitre 40
Olivia fut surprise de trouver Lucy debout quand elle se leva. Lucy ne se levait jamais plus d’une heure avant son premier cours, et il n’était que 6 h du matin.
— Déjà réveillée ?
— C’est une façon de voir les choses, répondit Lucy, la voix pleine de sous-entendus.
— Tu viens tout juste de rentrer, c’est ça ? dit Olivia, en lançant un regard exagérément désapprobateur à sa cadette.
— Qu’est-ce qui m’a trahie ? Mes fringues d’hier ou les coulées de mascara ? demanda Lucy avec légèreté.
— Tu as dû passer une bonne nuit ! D’habitude, tu n’es pas d’aussi bonne humeur le matin.
— J’ai effectivement passé une excellente nuit…
Olivia se dépêcha de changer de sujet avant que sa sœur ne décide de lui décrire en détail sa nuit.
— J’allais faire du café, tu en veux ?
— Je veux bien. J’avais l’intention de piquer un petit somme avant les cours, mais qui a besoin de dormir ?
Lucy prit une chaise et s’assit à la minuscule table de la cuisine pendant qu’Olivia mettait de l’eau à bouillir. Elle versa ensuite deux cuillères à café bombées d’un grain finement moulu dans la cafetière à piston, un bon compromis entre sa sœur et elle. Lucy ne mettait qu’une seule cuillère pour son propre café, alors qu’Olivia l’aimait très fort.
— Michael est passé te voir hier.
— Ah bon ?
Michael était-il déjà au courant de ses mésaventures ? Il avait une façon de découvrir des choses à son sujet proche de la clairvoyance…
— Et que me voulait ce cher Michael ?
— Te mettre en garde.
— Encore ! Tu penses qu’un jour il se lassera ?
— Tu devrais le lâcher un peu, Olivia. Il essaie seulement de t’aider. Qu’a-t-il fait pour que tu le méprises autant ?
Olivia resta silencieuse. Elle n’avait pas de réponse. Michael ne lui voulait que du bien. À sa façon… et généralement avec le tact d’un officier de la Gestapo.
— Il voulait juste te prévenir qu’il serait absent quelques jours.
— C’est tout ?
— Et que tu ne dois pas aller dans les bois.
— Il devient vieux, il commence à radoter. Il m’a dit exactement la même chose au match de foot.
— Je suppose qu’il a ses raisons. Tu as une idée de ce qui se trame ?
— Non, mentit Olivia, tout en posant une tasse de café fumant et un pot de crème devant Lucy.
Et puis, était-ce vraiment un mensonge ? Elle ne savait réellement pas ce qui se « tramait », après tout, et il était inutile d’inquiéter Lucy en évoquant son nouveau fan-club de suceurs de sang.
— Parlait-il des bois en général ou juste de la forêt Gallatin ?
— Je pense que c’était seulement la Gallatin. Pourquoi tu me demandes ça ?
Olivia réfléchit un instant à la réponse à apporter. Était-ce vraiment une bonne idée d’aller camper dans les Bridger ? La chaîne de montagnes était située au nord de la ville et elle n’était pas reliée à la forêt Gallatin, qui elle était au sud de Bozeman, mais tout de même… Si les vampires l’avaient suivie jusqu’au réservoir, ils pouvaient parfaitement la suivre dans les Bridger. D’un autre côté, elle était désormais sur ses gardes. Si une voiture la suivait, elle la repérerait rapidement. Mais que faire à propos de Lucy ? Devait-elle prendre le risque de l’emmener ?
— Pourquoi tu me demandes ça ? répéta Lucy.
— Parce qu’on m’a invitée à aller camper ce week-end.
— Qui ça ? Le beau et ténébreux Matt ?
Le ton moqueur de Lucy fit sourire Olivia.
— Non ! Mais il vient aussi.
— Loin de moi l’envie de jouer les trouble-fête, sœurette, mais es-tu bien certaine que c’est une bonne idée ? Ne te méprends pas, je pense qu’il est urgent que tu baises cet Apollon, mais si Michael l’apprend, il va être fou de rage.
— Pas forcément. Nous sommes censés aller dans les Bridger et il n’a rien dit à propos de cette forêt en particulier.
— Je suppose que tu sais ce que tu fais. Mais sois prudente, je n’ai pas envie qu’il t’arrive quoi que ce soit.
Lucy était sincèrement inquiète et Olivia en fut touchée.
— Ne t’en fais pas, je ne suis pas sans défense… Et puis, tu pourrais nous accompagner et amener ta dernière conquête.
Après réflexion, Olivia était persuadée que Lucy serait plus en sécurité avec elle plutôt que seule à la maison pour tout le week-end. Si les vampires savaient où vivait Olivia et qu’ils décidaient de lui rendre une petite visite, il valait mieux que Lucy ne soit pas là pour les recevoir.
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