La trinité maudite: Michael Biörn Volume 2 (French Edition)

Chapitre 27

La troupe partit de la cité elfique quelques minutes après minuit. La nuit était noire, mais les elfes connaissaient les bois mieux que personne, et ils n’avaient aucune difficulté à s’orienter. Michael avait identifié sur une carte la localisation précise de la base ennemie, et chacun savait parfaitement quelle direction prendre.

Les cinquante hommes que Dariel avait choisis étaient tous des guerriers accomplis, maniant l’arc et l’épée avec égale dextérité. Séraphin ne savait pas ce qui l’attendait.

Aucune route ne bordant la cité elfique, les combattants s’engagèrent dans une randonnée hors-piste de trente-cinq kilomètres jusqu’au repaire des vampires. Cinq bonnes heures de marche sur un terrain en pente.

Michael aurait souhaité partir plus tôt, mais rassembler les hommes avait pris du temps. Dariel avait de surcroît insisté pour donner l’assaut au lever du jour afin que les vampires ne puissent plus bénéficier de leur vision nocturne. L’argument de l’elfe était parfaitement raisonnable et, malgré son anxiété, Michael le savait. Ils arriveraient par conséquent au campement quelques heures avant le lever du soleil, ce qui leur permettrait de se préparer au combat.

Les elfes se déplaçaient avec une grâce céleste au milieu des bois, et personne n’aurait pu les entendre approcher. Michael faisait de son mieux pour imiter ses alliés, mais même sous sa forme humaine, son imposante carrure représentait un obstacle sérieux à l’accomplissement de cet exploit.

Ils atteignirent finalement leur destination vers 5 h 30. Ils étaient arrivés au campement par le sud et pendant un instant, Michael se sentit désorienté. S’était-il trompé ? Là où ils se trouvaient, ils auraient dû apercevoir le faux rocher qui masquait l’entrée du camp ennemi, mais aucun relief n’était visible.

Ressentant le besoin urgent de confirmer ses soupçons, Michael ôta rapidement ses vêtements et prit sa forme d’ours. Une seconde plus tard, il reniflait le sol à l’endroit où le rocher aurait dû se situer. Il avança de quelques pas et se retrouva dans une clairière déserte qu’il reconnut instantanément. Il s’y était trouvé moins de douze heures auparavant. Cependant, le camp était totalement différent. Les installations et les tentes avaient disparu, tout comme leurs occupants. La barrière invisible qui avait encerclé le campement s’était évaporée, et la trouée était à présent accessible de tous côtés. Il n’y avait plus âme qui vive.

Michael sentit une lame de rage et de désespoir monter en lui. Où étaient-ils partis ? La réponse était bien sûr évidente. Séraphin avait su que Michael reviendrait avec des renforts, et il n’avait pas voulu courir le moindre risque. Le lâche s’était enfui.

— Ils sont partis, tous partis, dit Michael à Dariel avec colère, sans même prendre le soin de renfiler ses habits, éparpillés sur le sol cinq mètres plus loin.

— Êtes-vous sûr que nous sommes au bon endroit ? Peut-être avons-nous dévié de quelques centaines de mètres…

— On n’a pas dévié. La clairière est bien là, et elle est déserte.

Dariel ordonna que l’on fouille la trouée et les chemins alentour, espérant ainsi trouver de potentiels indices que leurs ennemis auraient pu laisser derrière eux dans leur départ précipité.

Pendant ce temps-là, Michael, qui avait déjà retrouvé sa forme d’ours, décida de poursuivre la piste olfactive de Séraphin. L’odeur était encore relativement fraîche, et l’animal n’eut aucune difficulté à suivre le warlock jusqu’à un sentier boueux situé trois kilomètres à l’ouest du camp déserté. Mais l’odeur de Séraphin s’arrêta net sur un chemin de terre. Les nombreuses traces de pneus de part et d’autre de la route lui fournissaient la seule explication nécessaire.

Michael laissa échapper un hurlement qui exprimait tout à la fois sa fureur et sa peine.

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