La trinité maudite: Michael Biörn Volume 2 (French Edition)
Chapitre 71
Le soleil brillait déjà dehors lorsque Michael ouvrit finalement un œil. Il lui fallut quelques secondes pour réaliser qu’il était dans son propre lit, et par conséquent, de retour à Yellowstone. Un sentiment réconfortant accompagna cet état de fait, mais il fut de courte durée. Le voile béni de l’amnésie du réveil se leva en un instant et il se retrouva à nouveau face à ses problèmes.
Éz était toujours plongé dans le coma et Séraphin courait dans la nature, plus dangereux que jamais. Michael soupçonnait que le warlock le menait en bateau. Que la réalité était bien différente de ce que les apparences suggéraient.
Michael se leva, s’étira en poussant un son guttural, puis s’ébroua vigoureusement, ce qui fit naître un sourire de contentement sur son visage. Cela faisait tellement de bien.
Il alla jusqu’à la cuisine où une petite pendule à coucou – la seule horloge du chalet – indiquait 7 h 05. Il s’agissait quasiment d’un record pour Michael, qui restait rarement au lit passé 5 h 30, mais il n’était pas rentré chez lui avant 2 h du matin, épuisé par le long trajet.
Il se dirigea vers le téléphone à cadran accroché au mur de la cuisine et s’empara du combiné avant de le reposer, frustré. Il ne connaissait pas le numéro d’Olivia par cœur. Un autre fléau lié aux portables cellulaires. Les gens avaient les numéros de tous leurs contacts directement dans leurs smartphones et ne s’embêtaient plus à les mémoriser.
Il sortit l’objet du délit de la poche de son manteau et le connecta au chargeur branché dans une des prises de la cuisine. Le téléphone revint à la vie l’instant d’après et carillonna aussitôt pour signaler l’arrivée de nouvelles données. Michael vérifia l’écran et vit qu’il y avait cinq appels en absence et autant de messages vocaux. Un record pour lui qui ne recevait pratiquement aucun appel.
Un sentiment désagréable commença à lui tirailler le ventre alors qu’il consultait le premier message. Cela s’intensifia quand il entendit la voix d’Olivia. Dans l’état actuel de leur relation, la jeune femme ne l’aurait jamais appelé s’il ne s’était pas passé quelque chose de grave. La tension dans sa voix trahissait clairement sa détresse, mais le message ne donnait pas d’informations quant à la cause de son désarroi. Elle lui demandait simplement de la rappeler. Les deuxième et troisième messages étaient aussi d’Olivia, et parfaitement identiques au premier.
À ce stade-là, Michael s’attendait à ce que le quatrième le soit également, aussi fut-il surpris d’entendre la voix de Sheila : Michael, j’ai trouvé des choses intéressantes à propos de ton enquête. Je te donnerai les détails, mais Chicago est une piste alléchante. Plusieurs étudiants ont été portés disparus à l’université de Chicago ces trois dernières années, ça semble coller. Les données indiquent que ça s’est arrêté il y a environ six mois, ce qui correspondrait aux premières disparitions à Bozeman. Je pense que ça mérite d’y regarder de plus près. Rappelle-moi quand tu auras ce message.
Il s’agissait de la première piste concrète depuis longtemps. Mais elle devrait malheureusement attendre. Il lui fallait d’abord retrouver Olivia et découvrir quelle calamité s’était abattue sur sa protégée.
Le suspense ne dura pas puisque le cinquième message répondit à ses questions. Les paroles d’Olivia étaient hachées et il pouvait entendre ses sanglots tout au long du message : Michael, j’ai besoin de ton aide. Ils… Ils ont enlevé Lucy. Je t’en supplie, rappelle-moi.
Il appuya sur le bouton de rappel automatique et attendit, anxieux, que la connexion s’établisse, mais l’appel aboutit directement sur la boîte vocale d’Olivia. Il essaya à nouveau et obtint le même résultat. Excédé, il reposa violemment son téléphone sur la petite table étroite où il était en charge, mais torturer l’appareil innocent ne calma en rien ses nerfs.
Il alla jusqu’au téléphone suspendu au mur et composa le numéro de Cameahwait. Le vieil homme décrocha à la quatrième sonnerie.
— Cameahwait ? C’est Michael.
— Bonjour, mon ami…
— Est-ce qu’Olivia va bien ? l’interrompit-il.
Ce n’était pas le moment pour les civilités. Michael entendit la respiration lente de Cameahwait à l’autre bout du fil, mais aucune réponse ne vint.
— Cameahwait ? Est-ce qu’elle va bien ?
— Je suis désolé, mon ami. J’ai manqué à mon devoir. Nous avons perdu la trace de ton louveteau hier. Nous la recherchons activement, mais nous ne l’avons pas encore localisée. S’ils la retrouvent, tu seras le premier à en être informé.
Michael prit une profonde inspiration.
— Que s’est-il passé ?
Cameahwait rapporta à Michael tout ce qu’il savait des événements de ces derniers jours, ce qui représentait un bon nombre d’informations.
— Merci pour ton aide, Cameahwait, dit Michael, qui avait écouté attentivement le récit de son ami.
Le dernier détail était particulièrement troublant.
— Je ne pense pas qu’Olivia ait été au courant. Elle est encore jeune et très inexpérimentée, dit Michael.
— Tu as peut-être raison, mais il est aussi difficile de voir pour celui qui veut rester aveugle.
Michael garda le silence, mais il savait que le vieil homme avait raison.
— Je dois la trouver avant eux. Elle se cache sûrement quelque part. C’est juste que je ne sais pas par où commencer.
— Si le louveteau se cache réellement, je ne peux offrir aucune suggestion quant à l’endroit où chercher, répondit Cameahwait, énigmatique.
— Continue, l’encouragea Michael.
— Mais si elle a été capturée par nos ennemis, il y a un endroit où tu peux aller jeter un œil.
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