La trinité maudite: Michael Biörn Volume 2 (French Edition)
Chapitre 88
Équipée d’une puissante paire de jumelles à infrarouge, Silvia observait la file de SUV noirs progresser le long de la route de montagne sinueuse. Les sept véhicules étaient un mélange de Mercedes classe GL et de BMW X5 : les transports de troupes de l’Alliance de l’Ouest. Et ils seraient là d’ici quelques minutes.
Les renforts avaient pris tout leur temps. Elle les avait appelés près de vingt-quatre heures plus tôt, et il ne fallait que quinze heures pour venir de San Francisco. Mais cela ne revêtait que peu d’importance. Ni Dragos ni Biörn n’avaient pointé le bout de leur nez aujourd’hui, et les morpheurs se trouvaient toujours à l’intérieur de la vaste demeure.
Il y avait cependant de fortes chances pour que Dragos et l’ours se montrent tôt ou tard – sous réserve qu’ils ne se fussent pas déjà entretués. Silvia suspectait la propriété isolée d’abriter la banque de sang de Dragos, et il était peu probable que le vampire abandonne son stock d’hémoglobine sans combattre.
De temps en temps, l’un des morpheurs jetait un œil par la fenêtre, l’anxiété clairement lisible sur son visage à travers les lentilles grossissantes, mais dans l’ensemble, tout semblait calme à l’intérieur du grand bâtiment.
Elle sentit son téléphone vibrer dans sa poche de poitrine et prit rapidement l’appel.
— Il est ici, dit la voix à l’autre bout de la ligne. Dragos ! Il est arrivé il y a un moment, mais je ne parvenais pas à te joindre.
Silvia observa l’unique barre de réseau qui vacillait sur l’écran de son téléphone.
— Les montagnes bloquent mon réseau. On aurait dû emporter des téléphones satellites… Depuis combien de temps Dragos est-il là ? Est-il seul ?
— Depuis environ deux heures. Un type l’accompagne. Un jeune. Mais c’est pas un vampire, répondit le tireur d’élite.
Silvia passait ses options en revue. Sa sentinelle ne pouvait définitivement pas s’occuper seule de Dragos, d’autant qu’il était entouré de ses nouveaux protégés. D’un autre côté, dépêcher ses renforts au campement des diurnes prendrait des heures. Et elle n’avait aucune garantie que Dragos s’y trouve encore quand ils y arriveraient enfin. Sans compter que si elle enlevait ses troupes de la ferme et que Dragos y revenait pendant leur absence, il n’y demeurerait sûrement pas longtemps. L’endroit grouillait de porteurs de peaux, et Dragos viderait les lieux sitôt le sang récupéré, mais certainement pas avant d’avoir exterminé tous les loups jusqu’au dernier…
Sa décision était prise.
— Dans l’immédiat, je ne peux t’envoyer personne. Reste où tu es et préviens-moi dès que Dragos s’en va. Laisse-moi un message si tu n’arrives pas à me joindre.
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