La trinité maudite: Michael Biörn Volume 2 (French Edition)
Chapitre 83
Séraphin observait les novices de Dragos qui s’affairaient dans le camp fraîchement rebâti. Le warlock croyait avec ferveur que la meilleure façon de dissimuler quelque chose était de le placer à la vue de tous, aussi avait-il fait reconstruire le baraquement exactement au même endroit que la première fois.
Anticipant une descente des elfes, Séraphin avait donné l’ordre de lever le camp, immédiatement après la fuite de l’ours et d’Ézéchiel. L’un des avantages de diriger une armée de vampires était que les troupes savaient se remuer.
Le regard de Séraphin se porta sur Dragos, qui parlait au téléphone à quelques mètres de là. Il devinait au son de sa voix que les nouvelles n’étaient pas bonnes.
— Cela va poser un problème, soupira Dragos, en remettant le téléphone satellite dans l’une des poches intérieures de sa tenue de jour.
Le soleil s’était couché des heures auparavant, et les rayons UV ne pouvaient de toute façon plus lui faire de mal maintenant qu’il avait rejoint les rangs des diurnes, mais l’aîné trouvait son accoutrement idéal pour le combat.
Si tout se déroulait selon le plan de Séraphin, il n’y aurait pas de combat… Mais le warlock avait appris depuis longtemps que même les projets les mieux conçus s’exécutaient rarement sans accroc.
— De quel genre de problème s’agit-il ? demanda Séraphin, qui connaissait suffisamment bien le vampire pour ne pas se faire duper par son ton serein.
— La ferme a été attaquée…
— Par qui ? s’enquit Séraphin, la voix vibrante de contrariété.
— Des porteurs de peaux et un ours monstrueux, selon mes hommes.
Le warlock fixa son regard sur un rocher de la taille d’un ballon de basket. La pierre se mit à trembler avant d’exploser en une centaine de débris qui volèrent dans toutes les directions. L’un des projectiles frappa Dragos en pleine poitrine, mais sa tenue de jour absorba en partie le choc et empêcha le granit de pénétrer sa chair.
De tels accès de colère n’étaient pas communs chez le warlock, mais il avait simplement travaillé trop dur pour échouer si près du but.
— Qui t’a fait ce rapport ?
— Gregory et Timothy. Deux de mes meilleurs envoûteurs. Je les avais envoyés aux provisions à la ferme. Lorsqu’ils sont arrivés là-bas, ils ont entendu des bruits de lutte provenant de la cave. Ils sont allés voir discrètement ce qui se passait, mais n’ont pas pu intervenir. Les attaquants étaient trop nombreux. Ils ont donc fui sans se faire remarquer et m’ont appelé sitôt à l’abri.
Le warlock regardait pensivement un groupe de novices s’entraînant au combat contre des adversaires qui maniaient des épées et des haches à double tranchant.
— Que devons-nous faire ? demanda Dragos après un moment. Devrais-je retourner à la ferme avec quelques hommes pour sauver ce qui peut encore l’être ?
Séraphin fit quelques pas, se massant doucement les tempes.
— De combien de sang disposons-nous ici ?
— Assez pour tenir une semaine. Un mois si nous nous rationnons, mais les troupes s’affaibliront rapidement à ce rythme.
— Il faudra que cela suffise. Nous nous soucierons du réapprovisionnement plus tard. Pour l’heure, j’ai besoin de toutes nos forces. Je m’attends à ce que nos invités se manifestent d’ici vingt-quatre heures, et tout doit être prêt pour leur arrivée.
Dragos acquiesça, mais Séraphin pouvait voir dans ses yeux qu’il était inquiet. Bien que l’aîné ait placé sa confiance en ses deux alliés, le warlock savait que le plan était un peu trop risqué à son goût. Séraphin demeurait cependant serein. Après cette nuit, ses pouvoirs seraient sans égal sur cette terre.
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