La trinité maudite: Michael Biörn Volume 2 (French Edition)

Chapitre 24

Il était presque 21 h lorsqu’Olivia et Matt sortirent du cinéma. C’était leur premier rendez-vous. En supposant qu’il s’agisse bien d’un rendez-vous… Cela y ressemblait, mais Olivia était tellement rouillée dans ce domaine qu’elle ne pouvait en être certaine.

Elle n’était sortie avec personne depuis qu’elle avait rompu avec son dernier – et premier – petit ami, quatre ans plus tôt. Les études vétérinaires lui prenant trop de temps pour pouvoir entretenir une vie privée, elle avait décidé de mettre un terme à la relation deux semaines après avoir fait sa rentrée en première année. Depuis l’enfance, elle rêvait de devenir vétérinaire et elle avait refusé de compromettre ses chances d’y arriver pour un garçon. Même si le garçon en question avait été le premier à réellement s’intéresser à elle.

Matt lui avait simplement demandé si elle était partante pour un film. Il n’était pas venu la chercher à son appartement, et n’avait pas tenté le moindre geste durant la projection. Rencard ou pas rencard ? Telle était la question.

— Tu veux aller manger un morceau ? s’enquit Matt. Il y a un resto au bout de la rue. On peut même y aller à pied, mais il commence à faire froid. Qu’en penses-tu ?

— J’ai un creux, mais je suis d’accord à propos du froid. Allons-y en voiture. Je te suis.

Ils se garèrent sur le parking déserté du resto une minute plus tard et se dirigèrent vers l’entrée. La température extérieure avait chuté de dix degrés pendant le film, et ni l’un ni l’autre ne s’était préparé à ce changement brutal.

— Je suis complètement gelée ! dit Olivia en s’installant dans un box, face à Matt.

— Moi aussi. Le trajet n’était pas assez long pour que le chauffage se mette en route et le simple fait de tenir le volant était une véritable torture. Je ne sens plus mes doigts.

— Vous buvez quelque chose ? demanda la serveuse en déposant des menus sur la table.

Olivia commanda un chocolat chaud tandis que Matt opta pour un choix plus viril, bien que moins original : du café. 

Ils passèrent les minutes suivantes à contempler le menu et lorsque la serveuse revint avec leurs boissons, ils étaient prêts à commander.

— Comment as-tu trouvé le film ? voulut savoir Matt.

— J’ai bien aimé. Il y avait de l’action juste comme il faut, avec une bonne intrigue. Je déteste les films bourrés d’exploits, avec des poursuites en voiture, des coups de feu et des explosions en tous genres qui ne sont là que pour faire oublier un scénario minable.

— Tu veux dire que tu n’as pas aimé Transformers 3  ? dit Michael, un léger sourire aux lèvres.

— Pas de commentaire ! dit-elle, en essayant de faire abstraction des deux petites fossettes qui creusaient ses joues.

La serveuse posa les plats devant eux, et ils mangèrent leurs steaks et leurs gaufres en papotant des films en général et de la façon dont la production d’Hollywood s’était détériorée au fil des ans.

Lorsque la serveuse apporta l’addition, Matt s’en empara sans laisser à Olivia la moindre chance de le faire.

— C’est pour moi !

— Merci, mais tu n’es vraiment pas obligé.

— J’en ai envie, répliqua-t-il avec ce sourire qu’elle trouvait tellement craquant.

Ils étaient sur le point de partir lorsque deux hommes entrèrent dans le restaurant et vinrent s’asseoir à la table à côté de la leur.

— Marc, c’est ça ? demanda le plus grand des deux.

Matt le regarda une minute avant de répondre :

— C’est Matt.

— Oh oui, désolé, les prénoms et moi, ça fait deux. Tu me reconnais ? Je suis assis devant toi en physique.

Matt acquiesça.

— Ça ne vous dérange pas si on s’installe avec vous ?

Avant qu’ils n’aient eu le temps de trouver une excuse, les deux hommes avaient pris place à côté de Matt et d’Olivia, les empêchant ainsi de sortir du box.

— Je suis Greg, dit celui assis à côté d’Olivia. Et voici Tim, ajouta-t-il, en désignant son ami.

Olivia hocha la tête, mais ne prononça pas un mot.

Greg semblait un type arrogant, trop sûr de lui, mais son compagnon avait l’air plus difficile à cataloguer. Il était plus réservé, et la situation paraissait le gêner.

Olivia se demanda ce que ces deux-là, que tout opposait, fichaient ensemble.

— On allait partir, dit Matt.

— Tu peux y aller, Matt. Tim veut juste faire connaissance avec ton amie.

Surprise, Olivia regarda Tim qui plongea les yeux dans les siens et la dévisagea en silence pendant ce qui parut une éternité pour Olivia.

— Si tu as quelque chose à dire, dis-le avant qu’on meure de vieillesse, dit Oliva.

Tim se tourna vers Greg, dans une attitude confuse et implorante.

— Mon ami est trop timide pour te dire ce qu’il pense, mais moi pas, dit Greg. Il te trouve vraiment bandante et aimerait te baiser dans le park…

Le direct qu’Olivia décocha au grossier individu l’expulsa de son siège et l’envoya au tapis.

Matt et Tim la regardaient, à la fois stupéfaits et admiratifs, tandis que Greg se relevait doucement en se massant la mâchoire.

Olivia se leva et se rua vers la sortie. La température extérieure avait encore chuté, mais elle ne s’en rendit pas compte. Elle atteignit sa voiture et commença à fouiller dans son sac à la recherche de son trousseau.

— C’est ça que tu cherches ?

Elle se retourna et vit Matt qui balançait ses clefs du bout des doigts.

— Tu les avais laissées sur la table. Écoute, je suis sincèrement désolé pour ces connards. Si tu n’avais pas été aussi rapide à allonger cet abruti, c’est moi qui m’en serais chargé. Tu as une sacrée droite.

Il la gratifia d’un de ses sourires à tomber, et le pouls d’Olivia commença à s’apaiser.

— Navrée d’avoir réagi comme ça. Je suppose que ce n’est pas très féminin de se battre dans un fast-food.

— Pour se comporter comme une demoiselle, il faut être en présence d’un gentleman. Avec un connard tel que lui, l’étiquette impose de répondre par une bonne droite.

Elle lui sourit tandis qu’il lui caressait tendrement la joue du dos de la main.

— Tes mains sont toujours gelées, dit-elle.

— Désolé, dit-il, en retirant ses doigts.

— Je n’ai pas dit que ça me dérangeait, rétorqua-t-elle, attrapant doucement sa main avant de la repositionner sur sa joue.

OceanofPDF.com