La trinité maudite: Michael Biörn Volume 2 (French Edition)

Chapitre 90

Silvia avait sa botte sur la gorge du loup et le canon de son fusil à pompe posé sur le crâne de l’animal lorsque son téléphone sonna. Elle hésita entre appuyer sur la gâchette et prendre l’appel, mais finit par décrocher.

— Je t’écoute ! dit-elle à la sentinelle.

— L’ours et une fille viennent de pénétrer dans le campement.

— Seuls ? demanda Silvia, surprise.

Biörn possédait une force colossale, mais elle ne l’imaginait pas capable de vaincre Dragos et son armée de novices, aussi pathétique soit-elle.

— Oui. Et si je me base sur ce que j’ai entendu de leur conversation, ils étaient attendus au campement.

Dragos attendait Biörn, et ce dernier était venu de son plein gré ? Cela ne présageait rien de bon. Que diable se passait-il ? Ses ennemis étaient-ils subitement en train de s’allier ? Elle n’avait vraiment pas besoin de ça. Avec les renforts dépêchés de San Francisco, elle gérerait le problème, mais elle n’appréciait pas le manque de clarté de la situation. Elle aimait savoir précisément quel adversaire elle combattait.

Une fois encore, elle envisagea d’envoyer son armée au campement, et une fois encore renonça à l’idée. Cela prendrait trop de temps ; trop de choses pouvaient se passer dans l’intervalle. Il était plus prudent d’attendre que Dragos revienne à la ferme.

— Reste posté, dit-elle à la sentinelle. Et tiens-moi au courant de tout développement. Si Dragos quitte le campement, suis-le. Peu importe ce qu’il en coûte !

Elle raccrocha et reporta son attention sur le loup qui gisait sans bouger à ses pieds. Elle s’abaissa, l’attrapa par la gorge, et le souleva dans les airs avant de jeter sans ménagement la bête inconsciente dans un recoin de la pièce, où trois de ses congénères grognaient sous l’œil vigilant de leurs geôliers. Silvia et ses renforts avaient pris la ferme d’assaut une heure après le coucher du soleil, surprenant les loups. Les épaisses fenêtres à double vitrage et l’odeur de Dragos qui traînait partout dans la maison avaient efficacement masqué l’approche de son armée. Se battant à trois contre un, les loups n’avaient pas eu la moindre chance.

Les vampires avaient pris grand plaisir à torturer leurs ennemis ancestraux, mais ils avaient maintenu les loups en vie, juste au cas où l’ours reviendrait. Les tuer devant Michael serait infiniment plus satisfaisant.

— Que fait-on maintenant ? demanda le chauffeur.

— Ce que nous faisons depuis une semaine… On attend que Dragos se montre.

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