La trinité maudite: Michael Biörn Volume 2 (French Edition)

Chapitre14

Assises côte à côte dans les gradins, Olivia et Lucy regardaient le spectacle de la mi-temps en attendant le retour de Matt Pearson et Brad, le petit ami de Lucy, partis chercher de quoi se sustenter.

Comme chaque année, le match de football américain opposant les Grizzlys de la University of Montana aux Bob Cats de la Montana State University avait mobilisé les foules, accourues des quatre coins de l’État pour suivre l’affrontement des deux équipes rivales.

Les caprices de la météo n’auraient fait renoncer aucun fan, mais ce soir, mère Nature se montrait particulièrement généreuse envers les spectateurs, leur offrant une température clémente et un ciel étoilé.

Les yeux rivés sur le terrain où deux étudiants déguisés en Blues Brothers jouaient au chat et à la souris avec la police du campus, Olivia attendait patiemment le retour des garçons et le début de la deuxième mi-temps.

— Ce n’est pas Michael, là-bas ? s’enquit Lucy, indiquant d’un signe de tête un type costaud se dirigeant vers elles.

— C’est bien lui, répondit Olivia, pas particulièrement enchantée.

Michael les rejoignit une minute plus tard et salua Lucy avant de se tourner vers Olivia.

— Je peux m’asseoir ? demanda-t-il en désignant la chaise vide de Matt.

— Cette place est prise. Nos copains sont partis chercher à manger. Ils ne devraient plus tarder.

— Dans ce cas, je leur rendrai leur place dès leur retour, dit-il en s’installant.

— Comment m’as-tu trouvée ?

— Je suis allé chez toi. Tes voisins m’ont dit que tu étais venue voir le match. Ça fait vingt minutes que je fais le tour du stade à ta recherche.

— Qu’est-ce que tu veux ?

C’était à présent à la fanfare de l’université de faire le show sur le terrain, et Michael dut élever la voix pour se faire entendre.

— Je dois partir quelque temps en mission. Je ne devrais pas être long, mais je souhaitais te prévenir. Au cas où tu aurais besoin de me joindre.

— Merci pour l’info. Tu peux t’en aller tranquille, je n’aurai pas besoin de toi, répondit-elle avec dédain.

— Je voulais également te mettre en garde.

— Me mettre en garde à propos de quoi ? De ce qui m’arriverait si je ne savais pas tenir ma langue à propos de certaines choses ? Ou de ce que tu me ferais si par malheur je tuais quelqu’un en ton absence ?

Elle s’était exprimée à voix basse, mais son langage corporel trahissait sa colère.

— Tu sais déjà tout ça. C’est d’autre chose dont je voulais t’entretenir.

Olivia se détendit un peu.

— Il s’est passé de drôles de choses dans le coin, dernièrement. Plusieurs étudiants ont disparu sans laisser de traces, continua Michael.

— J’en ai entendu parler, oui. L’un d’eux était dans le cours d’anglais de Lucy.

— Ce n’est pas tout. Il y a aussi eu une attaque de vampire au sud de la ville.

— Un vampire ? Tu en es sûr ?

Michael lui avait appris beaucoup de choses à propos des autres espèces préternaturelles et surnaturelles, mais il ne s’était pas particulièrement étendu sur le chapitre des vampires, et ce n’était ni le lieu ni le moment pour le faire.

— Aucun doute là-dessus. Et je te parle d’un vampire très puissant.

— Comment le sais-tu ?

— Il s’en est pris à une princesse elfe, mais peu importe. Là où je veux en venir, c’est qu’il faut que tu sois prudente. Ne va pas dans la forêt Gallatin tant que je ne t’ai pas donné mon feu vert. Et surveille tes arrières et ceux de ta sœur. Si tu te retrouves dans une situation dangereuse, enfuis-toi, ne te bats pas. C’est compris ?

— Compris.

Même à ses propres oreilles, sa réponse ne sonnait pas particulièrement convaincante, mais Olivia s’en moquait. Michael pourrait déjà s’estimer heureux si elle ne choisissait pas de faire exactement l’inverse de ce qu’il venait de lui dire, juste par principe.

Elle eut des remords à cette pensée. Il essayait simplement de la protéger, pourquoi n’arrivait-elle pas à lui en être reconnaissante ?

— On se verra dans quelques jours. Fais attention à toi.

Il se leva et partit, saluant Lucy au passage.

Alors qu’il s’éloignait du stade, il lui sembla détecter une faible odeur de vampire, mais il n’aurait pu le jurer. Les effluves de nourriture qui émanaient des stands étaient tellement forts et le parfum des vampires si léger qu’il ne pouvait en être certain. Les jeunes vampires, en particulier, ne sentaient quasiment pas.

Michael inhala profondément, mais il ne décela au bout du compte rien d’anormal.

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