La trinité maudite: Michael Biörn Volume 2 (French Edition)
Chapitre 62
Certaines choses perturbaient encore Tim, mais Greg l’avait prévenu de ne pas poser trop de questions. Il avait d’abord pris Dragos pour le chef de leur confrérie, mais il n’en était plus aussi sûr désormais. Il avait l’impression que l’homme masqué qu’il avait vu en compagnie de Dragos était leur véritable leader.
Le campement en lui-même était intéressant, imprégné de magie que Tim ne pouvait même pas encore comprendre. Il aurait aimé passer plus de temps à s’entraîner dans la base dissimulée au cœur de la forêt, mais ses visites se limitaient aux week-ends et à quelques soirées par semaine. Il devait continuer à aller en cours ; Dragos avait fortement insisté sur ce point. Trop de disparitions ne manqueraient pas d’attirer l’attention des autorités, et les vampires n’avaient pas besoin que les flics fourrent leurs nez dans leurs affaires.
— Tu es là ! Ça fait dix minutes que je te cherche, dit Greg, en venant s’asseoir à côté de lui sur le tronc d’un arbre tombé au sol.
La jambe de Greg avait guéri depuis longtemps. La seule trace de la blessure causée par cette garce de louve était une rancune cuisante à son égard.
— Petit veinard, on m’a dit que tu as été choisi pour envoûter la bombe rousse. Le patron a des projets pour elle, alors c’est une sacrée marque de confiance. Tu n’as pas intérêt à foirer.
Tim fut pris de court par l’annonce. Jusqu’à présent, il n’avait envoûté que quelques étudiantes bien imbibées lors de soirées sur le campus, il avait de fortes chances d’échouer…
— Je te fais marcher, mec. C’est pas grave si tu merdes. Je l’envoûterai moi-même, et puis c’est tout. Envoûter la sœur de cette salope enragée ne me dérangerait pas du tout, à vrai dire…
— Où est-elle ?
— Dans cette tente, là-bas, dit Greg en indiquant une grande tente igloo à cinquante mètres de leur position. On ne lui colle plus de tranquillisants depuis hier soir, elle devrait être fraîche comme un gardon pour toi.
Ils trouvèrent la jeune femme attachée et bâillonnée sur un lit de camp, à l’intérieur de la tente. Malgré le scotch lui fermant la bouche et les traces de terre sur son visage, la gonzesse excitait toujours autant Tim.
Le sentiment n’était visiblement pas réciproque, à en juger par l’air effrayé et l’agitation de la prisonnière.
Tim s’approcha doucement d’elle, savourant l’expression de terreur dans les yeux de la rouquine. Il s’assit à ses côtés et la gratifia d’un sourire qui dévoilait des canines de plusieurs centimètres de long, qu’il avait fait sortir pour l’occasion.
— Toi et moi sommes sur le point de devenir des amis, murmura-t-il à son oreille. Tu penses que ça va te plaire d’être mon jouet ?
Des larmes coulaient à présent sur le visage de la jeune femme qui se tortillait sur le lit, ses cris étouffés par le ruban adhésif.
Tim lui empoigna la mâchoire et ramena son visage à quelques centimètres du sien, mais elle ferma les paupières, comme si elle savait ce qu’il avait l’intention de lui faire.
— Ouvre les yeux, ordonna-t-il, mais elle n’obéit pas. Tim observa Greg d’un air interrogateur, mais l’unique chose qu’il reçut de son mentor fut un petit gloussement assourdi.
— Écoute-moi bien attentivement, salope, parce que je ne vais le dire qu’une seule fois. Ouvre les yeux maintenant, ou je te violerai tout en suçant ton sang jusqu’à la dernière goutte.
Cette fois, l’argument fut suffisamment convaincant. Alors que les paupières de la fille s’ouvraient lentement, l’inéluctable regard de Tim captura ses pupilles.
*****
Lucy sentit la résignation s’emparer de son esprit. Elle avait déjà ressenti quelque chose de similaire une fois, lorsqu’elle s’était cassé le bras et qu’une infirmière lui avait fait une injection de morphine. Mais cette fois, il n’y avait pas de seringue, et la sensation était bien plus forte.
Lorsque le vampire détacha enfin son regard du sien, Lucy se sentit bien mieux qu’elle ne l’avait été un instant plus tôt. Elle ne ressentait plus de peur ou de colère. Elle ne ressentait plus rien d’autre que le désir d’obéir.
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