L'intégrale de la série : Les demandes en mariage (Tomes 1, 2 & 3): la trilogie complète (French Edition)

Chapitre Vingt-quatre

 

C omme l’avait annoncé le médecin, Frederick Ingram se réveilla à son heure habituelle le matin suivant, avec toutes ses capacités mentales. Il fut stupéfait de voir Miss Daventry devant la fenêtre de sa chambre, regardant à l’extérieur. Quand il essaya de bouger, il jura dans sa barbe.

— Miss Daventry, maugréa-t-il avant de s’éclaircir la gorge et de faire une nouvelle tentative. Miss Daventry, que faites-vous dans ma chambre sans chaperon, et que diable… Pardon. Laisse-moi reformuler. Que m’est-il arrivé ?

— Vous avez fait une mauvaise chute, monsieur. Vous souvenez-vous être allé chevaucher à Hyde Park hier matin ?

Elle se précipita à son chevet pour lui servir un verre d’eau.

— Oui, bien sûr, je… Je voulais sortir Melody. Elle manque d’exercice ces derniers temps. Je m’apprêtais à quitter l’espace boisé et à retourner dans l’allée, et c’est la dernière chose dont je me souvienne.

Il fronça les sourcils avant de grogner lorsqu’une nouvelle vague de douleur le frappa.

— Tenez, Monsieur. Vous buvez cela. Le médecin l’a laissé pour vous ; vous vous sentirez bien mieux après.

Miss Daventry lui apporta la potion à la teinture d’opium, ainsi que le verre d’eau, qu’il but avec obéissance.

— Comment suis-je tombé ? Qui en a été témoin ? demanda Ingram en palpant ses membres de sa main disponible avant de prendre une brusque inspiration. Ma jambe, elle semble cassée.

— Oui, monsieur. Le médecin a dit que le commandant Fitzwilliam l’avait admirablement immobilisée et qu’elle se remettra en un rien de temps.

Elle s’assit au bord du lit.

— Fitzwilliam. Il était donc présent ? Un brave camarade…

Lord Ingram tomba dans le silence, perdu dans ses ruminations. — Voulez-vous que j’aille chercher Lady Ingram pour vous ? hasarda Miss Daventry.

Non, restez un moment. Comment en êtes-vous arrivée à devenir mon infirmière ? Ma famille vous utilise-t-elle de façon scandaleuse ?

Il la regarda avec de l’amusement au fond des yeux, mais ses sourcils étaient froncés en signe de douleur.

— Et est-ce le commandant Fitzwilliam qui m’a trouvé au parc ?

— Je suis ici parce que je me suis portée volontaire.

Le regard de Miss Daventry s’abaissa.

— Enfin, Lord Worthing a proposé mes services, mais c’était le moins que je puisse faire.

— Stratford !

Ingram haussa subitement les sourcils, avant de grogner.

— J’ai un diable de mal de tête. Alors, Stratford est impliqué aussi ? Le mystère s’épaissit.

— Oui, j’étais avec Lord Worthing, confirma-t-elle avant de s’arrêter et s’éclaircir la gorge. Enfin, nous étions tous ensemble. J’étais avec Lydia et le commandant Fitzwilliam… Oh, et Mr. Braxsen. Et nous avons rencontré, tout à fait par accident, Lord Worthing et ses sœurs au parc.

— Mr. Braxsen… dit Ingram. Continuez.

— Le commandant a galopé en tête avec Lydia…

— Le commandant Fitzwilliam a chevauché avec Lydia. Cela a dû être une joyeuse poursuite.

Les lèvres d’Ingram frémirent.

— Lord Ingram, voulez-vous bien cesser de plaisanter? Je commence à croire que la blessure à votre tête est pire que ce que craignait le docteur.

Ingram replia son bras libre sur l’autre.

— Je promets d’être un auditeur exemplaire.

— Le commandant et Lydia galopaient en tête, répéta Miss Daventry, avec les sœurs de Lord Worthing non loin derrière. Je… Je ne souhaitais pas galoper et Lord Worthing est resté à mes côtés.

Ingram ravala un rire et elle le fixa sévèrement du regard jusqu’à ce qu’il arrête.

— Finalement, nous avons atteint l’extrémité de la route et, quand nous avons rebroussé chemin, quelque chose a attiré mon regard : les jambes d’un homme, partiellement dissimulées par les buissons. Je ne savais pas de qui il s’agissait, mais j’ai contourné la barrière avec Lord Worthing pour le découvrir.

— Et c’était moi, conclut Ingram. Et ma jument ? Qu’est-elle devenue ?

— Elle n’est pas retournée aux écuries, alors, après votre retour, votre palefrenier est sorti à sa recherche. Il l’a trouvée les rênes entortillées autour d’une branche, un peu plus loin dans l’espace boisé. Elle n’a aucune blessure, monsieur.

Miss Daventry l’étudia et il se sentit soudainement las, toute trace d’humour disparue.

— Dois-je dire à votre mère que vous êtes réveillé ? Elle est très anxieuse.

— Restez, demanda-t-il en attrapant son bras d’une main faible. Je me sens exténué. Vous pouvez aller chercher ma mère, mais dites-moi d’abord. Y avait-il quelqu’un d’autre dans le parc quand cela s’est produit ?

— Personne, monsieur. Seulement… Lord Delacroix est arrivé un moment plus tard.

Miss Daventry sembla lutter avec elle-même.

— Il a été d’une grande aide. Il avait un couteau dans sa sacoche de selle qui nous a servi à créer des bandes de lin pour fixer votre jambe — le commandant Fitzwilliam s’en est chargé — et Lord Delacroix a offert de se procurer les morceaux de tissu avec lesquels nous vous avons transporté. Il a même apporté des cordes.

Elle ne rencontra pas son regard.

— Et Stratford était présent tout du long ? Dès l’arrivée de Delacroix ?

— Oui, acquiesça Miss Daventry. Lord Worthing et Lord Delacroix ont aidé à vous transporter. Lord Delacroix s’est proposé de s’en charger si Stratford souhaitait partir en avant pour avertir la demeure, mais Lord Worthing a dit qu’il ne vous quitterait sous aucun prétexte, envoyant Mr. Braxsen et votre sœur se charger de cette tâche.

Ingram opina. Fais confiance à Stratford pour se charger du reste. Il saura découvrir s’il y a une piste en lien avec Delacroix. Son apparition était bien trop commode.

— Je vous remercie. Dites à ma mère de venir. Bien que, dit-il en baillant, je ne promets pas d’être éveillé quand elle arrivera.

Comme il avait prévenu Eleanor, Lord Ingram dormait à poings fermés quand sa mère arriva dans la chambre.

— Endormi, s’exclama-t-elle en se tournant vers Eleanor. Pourquoi n’êtes-vous pas venue me chercher au moment où il s’est réveillé ?

Eleanor répondit sans attendre.

— Je l’aurais fait. Il ne l’a pas permis. Il voulait d’abord savoir exactement ce qui lui était arrivé, alors je lui ai fourni tous les détails en ma possession.

Le regard de Lady Ingram retourna sur son fils, qui émit un faible ronflement, ce qui sembla la rassurer.

— Je vous remercie, Eleanor. Ce sera tout.

Eleanor quitta la chambre et fit une pause, les mains sur la rampe, se demandant s’il était trop tôt pour réveiller Lydia. Avant qu’elle ne se tourne pour s’en aller, Hartsmith, le majordome de Lord Ingram, l’appela de l’autre bout du couloir et s’avança vers elle. Il dit :

— Ma lady m’a informé que Lord Ingram s’était réveillé. Pourrais-je vous demander de lui transmettre un message de ma part ?

Le front d’Eleanor se plissa.

— Lord Ingram vient de prendre un sédatif et dort à nouveau. Pourquoi n’avez-vous pas parlé à Lady Ingram si vous souhaitiez le voir ?

Hartsmith ignora la question.

— Miss Daventry, je vous demande de me tenir informé à l’instant où il se réveillera à nouveau. Si possible, avant qu’il ne prenne un sédatif et sans que Lady Ingram ne soit au courant. Voyant la confusion d'Eleanor il enchaina rapidement, je vous assure qu’il ne s’agit de rien de douteux, mais seulement ce qu’il souhaiterait me voir faire. Une possibilité que Lord Ingram avait prévu s’est produite et il a exprimé le désir que la maisonnée ne soit pas perturbée par ces détails. Comme vous et Lady Ingram l’avez veillé tour à tour et que Lord Ingram a insisté pour que Lady Ingram reste dans l'ignorance totale sur ce sujet. Je vous demande de m’informer dès qu’il sera réveillé. Je suis sûr que si vous lui mentionnez que je souhaite le voir à propos de ce sujet, vous découvrirez qu’il sera pressé de me voir.

Eleanor ne pouvait pas trouver à redire à sa demande. Si Lord Ingram était d’accord, elle s’exécuterait. Même si elle n’aimait pas le faire sans que Lady Ingram soit au courant. Mais si Lord Ingram était d’accord, il n’y avait pas lieu de s’inquiéter.

— Je vous tiendrai informé sitôt qu’il se réveillera, lui promit-elle.

Elle alla dans la chambre de Lydia et la trouva les yeux gonflés, allongée dans une obscurité presque totale.

— Je vous ai dit de sortir, hurla-t-elle.

Puis, avec un reniflement, elle ajouta :

— S’il vous plaît.

— C’est moi. Tu dois te lever et arrêter de torturer tes domestiques pleines de bonnes intentions, conseilla Eleanor en traversant la pièce et ouvrit les rideaux. Ton frère va bien. Il s’est réveillé ce matin.

Elle se retourna et adressa un sourire à son amie.

Lydia rejeta ses couvertures et s’assit.

— Il s’est réveillé ? Laisse-moi aller le voir.

Elle se rua pour enfiler ses chaussons avant que Eleanor ne puisse l’arrêter.

— Il s’est réveillé, mais la potion que le docteur lui a prescrit l’a fait dormir à nouveau. Se précipiter dans sa chambre n’a aucun sens. Ta mère est là-bas. Je pense que tu as besoin d’une bonne tasse de thé et de quelque chose dans l’estomac.

Eleanor se dirigea vers le lit.

— Je vais faire sonner ta femme de chambre pour qu’elle t’aide. À moins que tu n’aies envoyé tous les domestiques faire leurs valises.

— Je ne supportais pas qu’on me parle, dit Lydia avec un reniflement. J’étais si inquiète.

Eleanor serra son amie dans ses bras.

— Je comprends. Désormais, tu vois que cela n’a plus raison d’être. Viens, allons manger quelque chose.

Elle tendit la main vers la cloche.

Une fois que Lydia vit que son frère dormait et ne semblait plus aussi pâle que la veille, elle fut prête à prendre un petit déjeuner tardif et fit preuve d’un solide appétit. Ingram marmonna même en signe de protestation quand elle se fit trop bruyante pour qu’elle « s’arrête de bavarder et laisse un pauvre bougre dormir ». Étant donc rassurée et, sur l’insistance de sa mère, Eleanor et elle partirent chez la modiste pour récupérer les dernières toilettes qu’elle avait commandées.

— Un retour à ta routine ne pourra te faire que du bien et fera taire toutes rumeurs, avait ajouté sa mère.

 

ELLES SORTIRENT de la boutique sous le soleil de midi, Lydia portant trois boîtes à chapeau. Le valet les lui prit et les rangea dans la voiture. Il ouvrit la porte, mais leur départ fut interrompu quand quelqu’un les appela par leurs noms :

— Miss Daventry, Miss Ingram. Justement celles que je souhaitais voir. Puis-je m’enquérir du rétablissement de votre frère ?

Lord Carlton était essoufflé, s’étant précipité depuis le Brooke, d’où il avait dû les espionner.

— Vous êtes au courant de l’affaire, semble-t-il ?

Lydia pinça ses lèvres.

— Je crains que le contraire soit difficile. Son… Il a été transporté sur Park Lane et il est impossible de décourager la curiosité des gens…

— Quelle vulgarité ! l’interrompit-elle en tapant du pied sur la chaussée. La société ne se préoccupe que des derniers ragots.

— Je ne le contredis pas, protesta Lord Carlton. Cependant, Lord Ingram est unanimement apprécié et les membres du club veulent savoir comment il se porte.

Après une pause, Lydia s’adoucit.

— Il était réveillé ce matin. Je vous remercie de votre sollicitude.

— Se rétablira-t-il complètement dans ce cas ?

Lord Carlton leur fit un grand sourire.

— Ce serait effectivement de bonnes nouvelles.

Eleanor répondit à la place de Lydia.

— Il semblait tout à fait maître de ses esprits quand je lui ai parlé plus tôt.

— Je n’ose pas demander si vous assisterez à la réception de Mrs. Drewmont.

Cette dernière phrase était dirigée à l’attention d’Eleanor. Lydia pouvait à peine contenir son impatience de partir, fit un pas vers la voiture qui les attendait.

— Je crains que nous ne prenions pas part aux activités en société pour le moment, dit Eleanor en retour, avec un doux signe de tête pour Lord Carlton.

Eleanor suivit Lydia dans la voiture et regarda par la fenêtre tandis que Lord Carlton descendait la rue en fronçant les sourcils.

 

STRATFORD S’ ASSIT à sa table habituelle au White, celle qui semblait toujours l’attendre. Il était fatigué, s’étant porté volontaire — non, ayant insisté — pour prendre le poste de nuit avec Ingram jusqu’à ce que Miss Daventry vienne le soulager de la charge à l’aube, reposée et bienvenue dans la lumière du petit matin. La longue nuit l’avait laissé seul avec ses pensées tandis qu’il essayait d’assembler des indices. Oui, Delacroix continuait à jouer de malchance et, bien que certains se méfient de lui, il était accepté par d’autres. Selon Fitz, suivre Delacroix et Conolly n’avait jusqu’ici conduit à rien.

Fitz était retourné inspecter le lieu de l’incident et n’avait trouvé aucun indice. Il savait ce que Ingram faisait ce matin-là, mais ne se donna pas la liberté de le révéler sans l'autorisation expresse de ce dernier.

— Même si, ajouta Fitz, il m’a dit qu’il avait toute confiance en vous.

Stratford se demanda comment il allait faire la lumière sur tout cela sans pouvoir en parler avec Ingram.

— Worthing.

En s’entendant adresser la parole, Stratford leva les yeux, surpris de voir quelqu’un qu’il ne connaissait que de loin. Le rival.

— Bonjour, Carlton.

Voyant que le gentleman s’attardait, il ajouta :

— Souhaitez-vous prendre place ?

— Je pense que oui. Je vous remercie.

Lord Carlton acquiesça quand Stratford souleva la carafe face à lui et poussa le second verre vers lui. Une fois qu’il eut pris une gorgée, Carlton s’installa plus confortablement.

— La manière dont Lord Ingram a chuté de cheval est une affaire bien malheureuse. J’ai cru comprendre que son père s’était éteint de la même manière.

Il leva les yeux avec un sourire confiant, qui s’effrita quand il vit l’expression implacable de Stratford.

— Vous devez penser que je suis excessivement impertinent. Pardonnez-moi. Je viens à l’instant de rencontrer Miss Daventry et Miss Ingram.

Stratford fut surpris d’apprendre qu’elles étaient sorties et repoussa l’impulsion de demander où.

— Personne n’aime entendre parler de malchance qui suit les gens que nous connaissons, répondit-il à la place. Heureusement, dans ce cas, le médecin pense qu’il n’aura qu’une jambe cassée. Cela aurait pu être pire. Mais, évidemment, nous ne le saurons que lorsqu’il se réveillera.

Stratford remplit à nouveau son propre verre avant de croiser une jambe sur l’autre.

— Est-ce possible que vous ne soyez pas au courant ? demanda Carlton sur le ton qui semblait des plus provocateur

— Être au courant de quoi ?

Les mots de Stratford étaient aussi abrupts que la politesse le lui permettait.

— Lord Ingram s’est déjà réveillé. Miss Daventry et Miss Ingram viennent de me l’apprendre.

Stratford soupira, ressentant le poids de sa longue nuit de veillée. Il était soulagé par la nouvelle, mais impatient de mettre fin à l’entrevue avec le messager.

— C’est en effet une bonne nouvelle. Miss Ingram a-t-elle repris les mondanités ? Quand je l’ai vue pour la dernière fois, elle était escortée dans sa chambre.

— Je pense que Miss Daventry a dû la convaincre, répondit Lord Carlton. Elle possède un rare courage. Il semble que rien ne la ferait avoir besoin de sels.

Stratford, se souvenant de son sang-froid au moment de la découverte du corps inanimé de son hôte et de sa volonté de sacrifier ses propres dessous, opina en silence. Elle avait presque été bleue de froid quand ils avaient atteint la maison de ville et, bien qu’il eût souhaité la couvrir ou l’escorter rapidement à demeure, il avait été hors de question qu’il quitte Ingram.

— En fait…

Lord Carlton laissa échapper un petit rire nerveux.

— Il y a une raison pour laquelle je voulais vous parler aujourd’hui et je suis heureux de voir que nous pouvons presque converser en privé.

Il regarda les quelques tables dans la salle, occupée jusque dans ses moindres recoins. Mais aucune près de la leur.

— Oh ?

Worthing haussa un sourcil, l’invitant silencieusement à continuer. Ou, pour un homme moins courageux, à se désister.

— Voyez-vous, je me suis pris d'affection pour Miss Daventry, confessa Lord Carlton rencontrant les yeux de Stratford, avant de détourner le regard. J’en suis venu à voir en elle des vertus féminines qui me conviendraient parfaitement chez une épouse. Elle démontre une ardeur à défendre les moins fortunés. Son intelligence n'est pas à dédaigner et elle fait preuve d’une compréhension adroite à propos de chaque sujet sur lequel nous conversons. Et son sourire, eh bien… Enchaîna-t-il en riant d’une manière juvénile. Vous ne vous souciez pas d’entendre tout cela. Je ne pense pas que je doive vous convaincre de ma capacité à lui offrir un nom honorable, en plus d’une vie confortable. Mais si vous souhaitez discuter des détails, je peux faire en sorte que mon avocat rencontre le vôtre…

Stratford ne put supporter ce discours une seconde de plus.

— Bon Dieu, jeune homme. Qu'est-ce qui vous prend ? Pourquoi me dites-vous tout cela ?

Lord Carlton leva les yeux, étonné et, pour la première fois, incertain de lui-même.

— Pourquoi ? Mais car vous êtes son tuteur. Lady Jersey me l’a dit elle-même. Naturellement, je dois donc vous approcher.

— Comme Lady Jersey le sait très bien, je ne suis rien de tout ceci. Vous devez l’avoir mal comprise. C’était mon oncle, le quatrième comte de Worthing, qui était son tuteur. Je ne suis rien pour elle.

Stratford tendit la main vers la carafe, seulement pour se rendre compte que les deux verres étaient encore intacts.

Lord Carlton se pencha en avant et agrippa sa canne. Ses oreilles étaient cramoisies.

— Sauriez-vous à qui je dois adresser ma requête ?

— À la lady en question, répliqua Stratford avec une pointe d’amertume. Elle est, comme vous le savez, sous la protection de Lord Ingram pour la saison. Je n’imagine pas la tante de Miss Daventry s’opposer à votre cour et Lady Ingram s’est engagée à la voir convenablement mariée, expliqua-il forçant sa voix à être ferme

Après une pause, il ajouta rapidement :

— J’imagine que votre cour sera couronnée de succès.

OceanofPDF.com