Le grand livre de l'hypnose
Réassocier
Car vouloir quelque chose, c’est encore vouloir contrôler les tenants et aboutissants de l’expérience qui se dessinent au travers de l’hypnose. Certains, pourtant, admettent que jusqu’à présent, et malgré une farouche volonté, l’objet de leur désir leur a échappé. Plus ils essaient d’aller mieux, plus ils vont mal. C’est un immense soulagement lorsqu’ils acceptent de s’installer dans le fauteuil d’hypnose et de déposer les armes. Il s’ensuit une récupération de l’énergie jusqu’ici cristallisée dans le désir d’aller mieux, et cette énergie rendue disponible permet souvent à elle seule une amélioration spectaculaire des symptômes en quelques jours seulement, à condition que le patient accepte de continuer à garder cette position paradoxale de « laisser-aller ».
Pour aller mieux et pour guérir, il aura donc suffi de lâcher prise ?
La notion de « lâcher prise » a été largement galvaudée dans notre société et l’expression revient comme un leitmotiv dans les magazines de psychologie et les livres de développement personnel. Pour aller mieux, il suffirait de « lâcher prise ».
Le témoignage des patients eux-mêmes nous invite à prendre cette voie : « j’ai lâché ma peur, j’ai lâché mon obsession, j’ai lâché la cigarette… ».
Pourtant, lâcher prise n’est pas tant une méthode en soi. C’est plutôt la conséquence de l’expérience qui permet de guérir. Lâcher prise est impossible à appréhender sans faire une expérience décisive. La transe hypnotique sera cette expérience. Demander à quelqu’un de lâcher prise sans l’hypnose ne sera pas suivi d’effet. C’est d’ailleurs certainement ce que l’entourage répète au patient depuis des années.
Par l’hypnose, le patient peut se permettre de lâcher quelque chose qui rendait toute thérapie jusqu’ici inefficace. Par l’expérience de lâcher le contrôle, au travers de l’induction, le patient peut utiliser les forces rendues disponibles pour épouser le changement. Lorsqu’un patient atteint de pathologie chronique parvient à s’installer dans la perception élargie de l’hypnose, c’est souvent le début de la guérison.
Réassocier En définitive, en élargissant la perception pour avoir un regard exhaustif sur le contexte de vie, en lâchant la volonté de vouloir contrôler ce qui n’est pas de l’ordre de notre contrôle, et en usant de l’imagination pour exploiter des paramètres que l’on avait jusqu’alors ignorés, on en revient toujours à inciter le patient à arrêter de se tenir à distance de sa vie.
RÉINTÉGRER SA RÉALITÉ
Même si les voies d’accès sont multiples et propres à chacun, réintégrer sa réalité est l’acte thérapeutique par excellence, le sésame vers la guérison.
C’est intégrer la réalité telle qu’elle est, s’y asseoir, et la revendiquer sans aucune réserve. Le soulagement ne peut s’envisager qu’à condition de partir de là où l’on est. C’est la première étape inconditionnelle à la guérison : partir du commencement. Si le patient veut avoir une chance de s’adapter à la réalité, il faut savoir faire avec ce que cette dernière peut offrir. Cette étape implique de laisser tomber les revendications, les conflits, les regrets…
Il m’arrive fréquemment de comparer cette attitude à celle du joueur de poker. Lorsqu’on vous distribue des cartes, vous n’avez pas à vous attarder sur la pauvreté du jeu qui se trouve entre vos mains. Soit furieux vous quittez la table et abandonnez la partie sans même avoir essayé, soit vous décidez de continuer à jouer. Vous n’avez alors qu’une chose à faire : jouer le jeu avec ce que vous avez, et vous concentrer sur ce qu’il y a à faire et ce que vous pouvez faire. Si vous restez dans le regret et la plainte de la mauvaise qualité de la donne, vous ne serez pas présent au jeu et vous êtes assuré de perdre. Si, en revanche, vous décidez de rester dans la partie, vous mettez de côté vos regrets et vous tâchez de faire ce que vous pouvez, de votre mieux, avec les éléments en votre possession. Ceux qui peuvent tirer bénéfice de l’hypnose sont ceux qui décident de rester à la table du grand jeu de la Vie, et apprennent à faire ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont.
Une illustration serait l’exemple du patient douloureux chronique, en attente de réparation d’un préjudice. La douleur ressentie est plus importante et aucun exercice ou antalgique n’y fera rien tant que le patient restera focalisé sur un désir de réparation et de reconnaissance par la justice ou la société, du préjudice qui a été causé. Tant que le patient ne laisse pas tomber cette revendication (par ailleurs tout à fait légitime !) toutes ses forces ne seront pas mobilisées pour la thérapie.
Si le patient a entamé des démarches juridiques en vue d’une réparation, il sera très difficile de travailler la notion de présence au travers de l’hypno-thérapie. Acceptation et lâcher prise seront mis en échec par la charge émotionnelle mobilisée par l’attente de la réparation et de la reconnaissance de la société.
Apprenez à vous voir « en en er », faites l’expérience du
fauteuil
Asseyez-vous dans un fauteuil dans lequel vous pouvez vous laisser aller complètement. Un
fauteuil dans lequel vous pourriez dormir, qui vous soutiendrait absolument.
À présent, vous allez vous laisser aller complètement pour permettre au fauteuil de vous porter
sans réserve. Sans aucune réserve. Vous allez vous laisser aller de sorte que le siège vous porte
intégralement. Vous ne devez avoir aucun effort musculaire à faire pour maintenir votre corps
dans sa position.
Laissez-vous aller : vous n’avez aucun effort à faire. Au contraire.
Ressentez que vous faites confiance au fauteuil et que vous pourriez vous endormir dedans, en
étant confiant dans sa capacité à prendre soin de vous.
Si vous parvenez à réaliser cette première étape, poursuivez.
Imaginez à présent que ce fauteuil est constitué de tous les éléments présents dans votre vie. Ce
n’est plus un fauteuil fait de bois, de plastique ou de métal, ni même fait d’accoudoirs, de
dossier ou d’appui-tête. C’est un fauteuil qui est fait des gens qui gravitent dans votre existence,
de vos différents rôles dans la société (le père, la mère, l’enfant, le professionnel, l’ami, etc.), de
votre activité professionnelle, des lieux, des gens, des choses qui partagent votre vie. Ce
fauteuil est fait de vos réussites, de vos succès, mais aussi de vos faiblesses, de vos échecs, de
vos défauts. Tout cela est mélangé et constitue votre siège.
Prenez le temps de faire comme si vous pouviez ressentir avec réalisme, que tous ces éléments
constituent le siège qui vous porte.
Ressentez que vous vous laissez soutenir par tous les éléments constitutifs de votre existence.
Ressentez que vous prenez appui sur tous les éléments qui constituent ce fauteuil : vos défauts,
vos faiblesses, vos échecs. Les relations ratées. Mais aussi les réussites, les succès, les relations
dont vous êtes fier.
Ne jugez pas. Surtout ne jugez rien de ce que vous passez en revue dans votre esprit : l’exercice
consiste à se laisser porter par les choses telles qu’elles sont.
Si vous ressentez une difficulté à vous laisser aller autant qu’au début de l’exercice, c’est que
quelque chose en vous n’accepte peut-être pas un élément de votre existence.
Trouvez votre propre façon de faire pour vous laisser aller complètement.
Une variante de cette expérience consisterait à ne remplir le fauteuil que d’éléments négatifs de votre vie : les échecs, les défauts, les choses nulles que vous n’aimez pas dans votre vie.
Il ne s’agit pas de se résigner. Il s’agit d’accepter les choses telles qu’elles sont pour pouvoir agir ensuite dans la mesure de ce qui est accessible.
Sen r la réalité de son corps
Jean-Christophe a 37 ans. Il souffre de surpoids depuis l’adolescence.
Il est passé par tous les régimes possibles et imaginables. Il lui est arrivé à plusieurs reprises de
perdre une dizaine de kilos pour les reprendre presque aussi vite. Désespéré, il a laissé tomber
les régimes et s’est résigné à être en surpoids. Il tente même de porter avec fierté sa surcharge
pondérale et joue, pour ses amis, le rôle du bon vivant jovial et un peu original.
Hélas, en plus de l’inconfort physique causé par la surcharge elle-même, l’estime de soi de
Jean-Christophe souffre de plus en plus, car cette image ne lui correspond pas et entretient
l’idée d’incapacité à résoudre son problème.
Sa vie sociale souffre de sa perte de confiance : il sort de moins en moins avec ses amis et il lui
arrive même de perdre ses moyens dans le contexte professionnel, où pourtant jusqu’à
maintenant il n’a pas eu à souffrir du regard d’autrui.
Jean-Christophe, désespéré, en vient à l’hypnose.
Lors de la première consultation, il relate un mode de fonctionnement typique de dissociation à
son propre corps : quand son poids atteint un certain seuil, comme il ne peut plus se supporter,
il fait abstraction de son physique. C’est alors qu’il prend plus de poids encore… Perdant la
perception de son propre corps et de ses limites, Jean-Christophe absorbe autant de nourriture
que son appétit lui ordonne d’engloutir, faisant fi de la sensation de satiété, qu’il ne perçoit
même plus par ailleurs.
Je propose à Jean-Christophe de se laisser peser de tout son poids dans le fauteuil d’hypnose.
Sa première réaction est défensive. Jean-Christophe a du mal à se laisser peser puisque
précisément, il vient chercher un moyen de perdre du poids. Je le rassure en lui indiquant que
ce n’est que la première phase du changement, qui lui permettra de donner à son esprit profond
la bonne direction à prendre pour commencer à changer.
Peu rassuré, mais tout de même confiant en raison du lien thérapeutique de qualité qui s’est
installé entre nous, Jean-Christophe se laisse peser dans le fauteuil. Je peux voir aux traits de
son visage et au tonus musculaire de ses membres qu’il commence à lâcher prise et à entrer
dans l’exercice.
Alors qu’il pensait être au maximum de l’expérience, je lui demande d’augmenter son propre
poids, sa propre densité, jusqu’à ressentir très finement la charge pondérale et la surcharge
graisseuse. D’abord dégoûté par cette perception, il se décide à se laisser plonger plus profond
dans l’expérience.
Pendant une vingtaine de minutes, j’accompagne Jean-Christophe dans la perception des
aspects de son corps qu’il déteste et je l’invite à installer de l’indifférence vis-à-vis de ces
parties.
Peu à peu, Jean-Christophe apprend à ressentir la surcharge graisseuse de façon froide,
indifférente. La colère, le ressentiment et la déception le quittent. Il accepte d’installer une
perception neutre de la surcharge, et de voir ce qu’il ressort de cette perception.
L’effet de cette séance est remarquable : après avoir annulé notre second rendez-vous, qui
devait avoir lieu quinze jours plus tard, Jean-Christophe revient un mois après la première
séance.
Il a perdu trois kilos. Il confie qu’il a retrouvé une perception très fine de son corps, et que cette
dernière semble dicter son appétit. Ainsi, il retrouve la sensation de satiété, et il lui semble
éprouver clairement le moment où les aliments qu’il absorbe « débordent » pour aller se stocker
dans la graisse.
Trois mois plus tard, Jean-Christophe a perdu une dizaine de kilos. Il a besoin de pratiquer
l’autohypnose régulièrement pour supprimer la culpabilité, et pour reprendre contact avec la
réalité. Lorsqu’il fait avec ce qu’il a, lorsqu’il habite pleinement son corps, alors c’est sans
effort qu’il régule sa prise alimentaire.
Je n’ai revu Jean-Christophe que deux ans plus tard, lorsqu’il a accompagné son épouse pour un
tout autre motif de consultation. J’ai failli ne pas le reconnaître, tant les quinze kilos qu’il avait
perdus lui rendaient un physique dynamique de jeune homme sûr de lui.
Jean-Christophe m’a confié qu’il continuait à pratiquer l’autohypnose, pour ne jamais perdre le
contact avec la réalité.
Partir de ce que l’on a sans rien en jeter, voilà un des leviers essentiels dans le déroulement d’une cure en hypnose.
Dans le contexte de la maladie chronique, entre autres contextes, une bonne façon de coller à la réalité est d’inviter le patient à réintégrer son propre corps, avec tout ce qu’il a de dysfonctionnel et d’imparfait.
Il y a peu, j’ai reçu en consultation un jeune patient atteint de fibromyalgie. Il se bat depuis des années avec ses douleurs, et fait bonne figure auprès de ses proches et de sa famille. Après quelques mois de réelle amélioration, le voici à bout de forces et moralement abattu. Il ne supporte pas l’état de fatigue dans lequel il est. Notre travail en hypnose a consisté à lui faire accepter qu’il existe des phases de sa maladie durant lesquelles l’épuisement prend le dessus. Il ne s’agit pas d’une acceptation mentale et intellectuelle, mais d’une intégration dans sa perception de la fragilité de son état et du besoin de repos de son corps et de son esprit.
Cette étape de la thérapie a été un tournant décisif : il a cessé de lutter contre la fatigue elle-même et s’est mis à l’écoute de son corps et de ses besoins. Sans jugement, sans reproche, sans autocritique.
Cette acceptation dans la chair lui a permis d’alterner des moments de repos et de petits plaisirs simples pour progressivement recouvrer quelques forces et avancer plus avant dans la prise en charge.
ACCOMPAGNER LA RÉASSOCIATION VOLONTAIRE
La volonté de faire fonctionner différemment le corps, et l’insupportable de la situation qui est vécue aujourd’hui est telle que le patient installe une distance avec son propre corps, comme avec sa propre vie. On peut parler de dissociation. Mais c’est une dissociation qui n’aide pas à aller mieux dans le contexte de la chronicité. Car en se séparant de son corps, en s’observant, en jugeant les parties du corps dysfonctionnelles et en cherchant à les contrôler, le patient bloque les mécanismes d’adaptation naturels du corps humain : lorsqu’on habite pleinement son corps et qu’on le laisse faire, les choses sont plus faciles et plus légères. Quand l’esprit est ailleurs, ou se tient à distance, la mécanique est grippée et le corps dysfonctionne. Les musiciens connaissent bien ce phénomène : lorsqu’ils sont présents à leur corps et à la musique, le corps joue tout seul. Les mouvements sont fluides et précis. Le rythme est parfait. Mais si le musicien se met à s’observer en train de jouer, à guetter et juger la façon dont il manie l’instrument, il perd le rythme. Le corps ne fonctionne plus de façon fluide. Le jeu est pénible, poussif, maladroit.
De la même manière, si le patient observe l’organe qui souffre, il se dissocie de son corps. Il cherche à contrôler sans succès ce qu’il repousse au loin. Il juge, critique, et ressent même de la colère envers cette partie du corps, ce qui ne fait qu’installer encore plus de distance avec lui.
Le remède viendra d’une réassociation volontaire à son corps tout entier. En étant présent à son propre corps, c’est la totalité que l’on réintègre : y compris l’organe que l’on avait eu tendance à mettre de côté car on l’accusait de mal fonctionner. Alors que nombre de thérapeutiques médicales, notamment pharmacologiques, tendent à aggraver la dissociation en proposant d’endormir la partie du corps qui dysfonctionne pour ne plus percevoir ce qui fait souffrir (avec les antalgiques ou les anesthésiques), ou encore d’endormir tout entier le patient en mettant de la confusion dans les sens par la pharmacologie (par les antiépileptiques, les myorelaxants, les antidépresseurs, etc.), l’hypnose propose d’abord de réassocier la partie du corps qui souffre pour pouvoir remettre de l’harmonie dans son fonctionnement. Ce principe est poussé à son paroxysme lorsque, malgré les médicaments, la zone continue à faire souffrir : c’est alors l’exérèse chirurgicale. C’est une dissociation irréversible. Mais même une fois l’organe enlevé, il est fréquent de constater que la douleur persiste. Ainsi, ce patient qui souffrait de douleurs du rectum et qu’aucun traitement n’avait pu soulager, aura été opéré d’une exérèse du rectum par une chirurgie lourde de conséquences. Après quelques mois de soulagement, les douleurs réapparaissent… Alors que l’organe mis en cause n’est même plus présent !
Heureusement, si la partie qui fait souffrir n’est plus présente physiquement, il est possible, par l’hypnose, de travailler à sa « réintégration » à l’ensemble de l’individu.
Dans le cadre des douleurs des membres fantômes, également, il peut être nécessaire de travailler à faire imaginer au patient qu’il réintègre dans son corps le membre disparu. La douleur cesse alors.
C’est donc bien la réassociation de ce qui fait souffrir qui assure paradoxalement le soulagement.
Les exercices de perception du présent, qui consistent à couper la pensée logique pour en venir à seulement ressentir la présence du corps, sont des exercices de choix pour travailler sur la réassociation. Le plus souvent, lorsque les patients acceptent de jouer le jeu, c’est-à-dire lorsque les patients acceptent de cesser la rumination pendant un instant pour se consacrer uniquement à la perception de l’ici et maintenant, la perception de la douleur s’effondre pour parfois disparaître totalement. Le patient est alors invité à accepter son corps comme il est, avec ses qualités et ses défauts, ses forces et ses faiblesses, et à ne rien juger de ce qu’il perçoit. Il craignait en réassociant son corps que la douleur ne devienne insupportable, et c’est tout le contraire qui se passe. C’est lorsqu’il habite pleinement son corps que le soulagement peut venir. Pour ce faire, il faut bien entendu enlever toute émotion vis-à-vis de l’organe défaillant. Le même principe s’applique pour la totalité des éléments qui constituent son existence : c’est lorsque le patient accepte tous les paramètres de son existence et s’y installe sans critique, sans regret, sans revendication, sans jugement, qu’une nouvelle perception peut apparaître.
Lorsque le patient est tout entier à ce qu’il est et à ce qu’il fait, il n’y a plus à distinguer la pensée du corps car l’action thérapeutique viendra du corps lui-même.
Dissocié de son milieu, le patient perd sa capacité à se fondre de façon harmonieuse dans l’environnement et par conséquent la capacité de l’action juste. Le rôle du thérapeute consistera à le replonger dans le milieu dans lequel il baigne mais dont il se tient à distance.
Dans le contexte de l’anxiété par exemple, si un patient est absorbé par l’appréhension d’un examen à réussir, sa perception de ses capacités, de ses lacunes, de ses ressources et de ses faiblesses est déformée par la peur, le thérapeute pourra proposer une série d’expériences en hypnose pour lui permettre de se positionner non plus par rapport à sa peur, mais plutôt par rapport au contexte de l’événement tel qu’il est.
C’est en collant au plus près à la réalité telle qu’elle est, que le patient pourra s’y adapter au mieux.
Autant dans le contexte de la douleur aiguë, il sera utile de dissocier le patient de son environnement, autant dans le contexte psychothérapeutique et dans la prise en charge de la pathologie chronique, la réassociation à son propre corps et à sa propre vie constitue le sésame de la guérison. Il s’agit de revenir au contexte pour le laisser agir sur le corps. Lorsque le milieu agit sur l’individu, la réponse survient spontanément. Dès lors que la pensée s’en mêle ou cherche à théoriser quelque chose du problème, le patient se tient à distance du contexte et ne peut laisser agir sa faculté d’adaptation.
Par l’hypnose, le patient perçoit une façon de se placer différemment dans un contexte : ce n’est pas un repositionnement de l’ordre de la pensée ou de la raison, c’est quelque chose du corps qui réagit. En réintégrant son corps, comme il réintègre sa propre vie, le patient perçoit que son positionnement aux choses cause de la souffrance. Autant il lui était difficile d’être présent à cet inconfort en raison de la distorsion perceptive causée par la focalisation, autant dans l’expérience de l’hypnose, précédé par le thérapeute, la malposition lui paraît évidente.
a guérison suit d’elle-même