Le grand livre de l'hypnose
Pendant la grossesse
Les modifications physiques et physiologiques qui accompagnent la grossesse invitent la femme à se rendre plus présente à son corps. Elles obligent également à s’adapter pendant neuf mois à son environnement, cette adaptation se fait rapidement et est dictée par le corps lui-même.
Si l’on considère qu’une des façons de travailler en hypnose est de réassocier le patient à son corps tel qu’il est (voir le chapitre 16), il nous apparaît clairement que la grossesse induit une nécessaire présence au corps qui invite parfois les patientes à expérimenter quelque chose de l’ordre de la transe : « avec la grossesse, je fais au jour le jour », « je suis obligée de faire au rythme de mon corps, alors je dis non à tout ce qui me stresse ou me presse, car je ne peux pas le faire » , « tous les jours je prends un moment pour m’asseoir convenablement et pour toucher mon ventre, pour sentir bébé ; ça m’apaise », « avec mon mari, on prend le temps de s’asseoir l’un à côté de l’autre, et à simplement être présents, pour jouir de l’instant », « mes gestes sont minutieux, prévenants, car je sens très fort cette vie en moi, et je n’ai qu’une envie, c’est de la protéger »…
Cette hypersensibilité qui se développe lors de la grossesse favorise grandement l’entrée dans l’hypnose. C’est même le travail tout entier avec l’hypnose qui se trouve facilité dans la majorité des cas.
En revanche, si les changements qui prennent place dans le corps deviennent insupportables pour certaines, s’il est difficile d’accepter que des modifications physiques s’installent si rapidement et sans aucune volonté de la part de la femme enceinte, alors c’est qu’il existe – quelle qu’en soit la raison – un excès de contrôle et une difficulté à laisser faire le corps.
LAISSER FAIRE CE QUI SE FAIT…
Dans ce contexte, l’hypnose est une voie royale pour inviter la femme à laisser faire ce qui se fait. Reprendre contact avec le corps pour lui permettre de faire ce qu’il a à faire. Cette expérience, dont l’essence repose sur le protocole de base (voir le chapitre 17, page 251), est souvent l’occasion d’une reprise de contact avec soi-même et d’une rencontre merveilleuse avec les sensations de bébé. L’hypnose permet donc d’accepter le corps tel qu’il est.
Les modifications liées au développement de l’enfant peuvent occasionner quelques troubles (nausées, douleurs lombaires, reflux acides, jambes lourdes, etc.) qui peuvent grandement bénéficier de l’apport de l’hypnose pour atténuer l’inconfort ou pour changer la perception que l’on se fait de ces symptômes. L’hypnose leur rend leur normalité et leur caractère temporaire en les replaçant dans le contexte. Bien entendu, il sera toujours nécessaire de consulter son médecin pour déterminer clairement la cause des symptômes, et éviter de les imputer systématiquement à la grossesse. Le principe de précaution prévaut, et il peut exister de nombreuses causes à ces symptômes, notamment non liés à la grossesse en cours.
Pour les vomissements, il est possible d’utiliser des suggestions directes comme des métaphores, ou plus simplement les techniques de réification, pour calmer ou faire disparaître les symptômes. Dans certaines études, on relève un taux de réussite de plus de 80 % après trois séances d’hypnose destinées à éradiquer les vomissements gravidiques.
Hypnose et grossesses à risque
Dans le cas des grossesses à risque, potentialisant le risque d’accouchement prématuré, des techniques d’hypnorelaxation peuvent aider considérablement la patiente à prolonger le terme. Elles permettent également d’instaurer là encore une attente tranquille et positive vis-à-vis du processus physiologique. Si malgré la prise en charge médicamenteuse et non médicamenteuse, l’hospitalisation s’avère nécessaire, là aussi l’hypnose pourra prendre toute sa place en permettant de conserver une attente tranquille et optimiste quant au bon déroulement des choses.
Installer une perception calme et bienveillante d’un contexte médicalisé, apporte toujours de grands bénéfices. D’abord parce que cela prévient du stress qui perturbe le fonctionnement de l’organisme, ensuite parce que cela permet d’éviter toute empreinte traumatique de l’événement vécu.