Le grand livre de l'hypnose

Grégory Tosti · Chapitre 168 sur 182

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Le grand livre de l'hypnose

Les troubles du comportement alimentaire

d’espace la sécurise. « Au moins, si je tombe dans les pommes, je peux m’allonger par terre »,

dit-elle.

Lors de la seconde consultation, elle parvient à remplir progressivement le wagon de passagers.

Son inconfort est toujours présent mais reste gérable. Elle cherche à comprendre ce qui la rend

aussi mal dans la situation. Je l’invite à ne pas chercher à comprendre mais plutôt à laisser les

sensations se dérouler.

Lors de la troisième consultation, elle m’avoue être parvenue à entrer dans une station, mais n’a

pas réussi à prendre le métro. Pourtant, c’est la première fois depuis plus d’un an qu’elle

parvient à se balader dans les couloirs d’une station de métro parisien.

Lors de cette troisième expérience hypnotique, Émilie se retrouve – à son grand étonnement – à

revivre la scène initiale, juste avant son malaise. Elle laisse la scène se dérouler, et la séance se

passe pour sa grande partie dans le silence ; il est visible sur le visage d’Émilie, que des choses

importantes se déroulent en elle-même.

Au retour de l’expérience, à laquelle Émilie met fin de son propre chef, elle me dit avoir perçu

très intensément que le jour du malaise, elle s’est sentie piégée par le métro. N’avoir pas pu se

rendre à la réunion de travail qui était d’une réelle importance pour elle a été très dur à vivre.

Elle explique que la perte de contrôle qu’elle ressent n’est pas tant liée au métro, bien qu’il se

soit bloqué au beau milieu du tunnel, qu’à l’impuissance de ne pouvoir assurer cette réunion

qu’elle avait tant préparée et sur laquelle elle avait compté pour obtenir un avancement

professionnel.

Je demande alors à Émilie s’il est possible de laisser tomber toute exigence de performance

professionnelle. De retour dans l’hypnose, elle trouve cela difficile mais possible. Devant sa

réceptivité, je lui propose d’amplifier le phénomène en lui demandant de jouer… Il s’agit de

ressentir du plaisir à rater la réunion, pour des raisons indépendantes de sa volonté. Il faudra de

longues minutes avant que le visage d’Émilie se décrispe et qu’un sourire mutin se dessine sur

sa bouche. Elle pouffe de rire, rougit, et me confie « je crois que c’est bon ».

Nous n’aurons pas besoin de travailler plus : Émilie se présente à la quatrième consultation

pour me dire que la peur est partie.

 

Les troubles du comportement alimentaire

Que ce soit dans le contexte de l’anorexie mentale ou de la boulimie, on retrouve des éléments de transe pathologiques sur lesquels le thérapeute pourra prendre appui pour aider à faire évoluer le patient vers la guérison.

On retrouve presque à chaque fois, par exemple, une distorsion de la perception de son propre corps : la jeune fille squelettique se trouve obèse et continue à se faire vomir. On retrouve une perte de la perception de la faim et de la satiété de l’estomac : le boulimique se remplit et se remplit encore d’aliments. Dilaté, l’estomac perd peu à peu sa capacité à percevoir la sensation de plénitude qui guide notre appétit.