Le grand livre de l'hypnose
Le rôle du thérapeute
Plus ces exercices seront en adéquation avec le vécu et l’expérience du patient, plus l’intervention thérapeutique sera efficace.
Le rôle du thérapeute
Puisque son rôle n’est qu’un rôle de catalyseur, il devra se rendre disponible sans réserve au patient comme à la thérapie, pour percevoir l’élément clé qui permettra au système tout entier de basculer de la fixité au mouvement.
Paradoxalement, pour être efficace, le thérapeute doit abandonner tout jugement, toute volonté de guérir, toute planification, toute stratégie thérapeutique, et doit s’installer dans l’indifférence au résultat. Vouloir quelque chose serait encore une manière de restreindre son champ de perception, et ferait courir le risque de limiter la capacité d’expression créative du patient. Pourtant, lui seul serait en mesure de trouver une place plus adaptée à son contexte actuel, aussi délétère soit-il. Le thérapeute, par sa présence tranquille, ressent la capacité du patient à résoudre son problème, et l’invite à passer à l’action. En outre, le patient peut prendre appui sur la présence assurée du thérapeute et la tranquillité de celui qui a servi de passeur à nombre de changements thérapeutiques influera positivement sur la dynamique du changement qui se joue dans l’hypnose. Le mouvement peut alors réapparaître. Rapidement ou lentement, selon les ressources du patient et l’alchimie qui se fait entre les deux acteurs du jeu thérapeutique.
C’est parce que le thérapeute s’est rendu suffisamment présent au patient qu’il peut ressentir une inadéquation entre ce dernier et son milieu. Il lui semble alors que le patient « n’est pas là ». Il pourrait être absorbé par une inquiétude, une peur, une anxiété, et ainsi s’être rendu absent au milieu. L’hypnose ne permet pas de changer les événements. Elle ne permet pas de transformer le milieu dans lequel se trouve le patient. Ce qui change par l’hypnose ce n’est pas le milieu lui-même mais le rapport à ce dernier.
Une fois que le travail est engagé, le travail du thérapeute pourrait consister à insister sur les petits changements qui ponctuent la thérapie et qui peuvent modifier les perceptions de façon notable. Il n’est pas question de faire une hypnose spectaculaire, mais d’initier un soulagement en maintenant un lien thérapeutique de qualité, en accompagnant le patient et en respectant le rythme nécessaire à un rétablissement du mieux-être. Car si la fixité dure depuis quelque temps déjà, faire l’expérience d’une remise en mouvement des perceptions peut être vécu comme une étrangeté que le patient pourrait avoir besoin d’apprivoiser. Mais comme ces modifications s’accompagnent de soulagement et d’un évident mieux-être, très vite le goût au renouveau sera pris et la vie pourra se déployer dans toute sa splendeur.
e qu’il faut retenir
Le processus hypnotique permet de comprendre certains éléments d’installation de la pathologie.
Le processus hypnotique permet de comprendre à quel niveau l’hypnose agit pour faire basculer la perception et remettre du mouvement.
Il existe des grands principes en thérapie qui sont proposés au patient et qui sont mis en scène au travers de toute sorte d’exercices et de protocoles.
Ces principes sont l’élargissement de la perception, la réassociation, le lâcher du contrôle.
L’imaginaire peut être le moyen de mettre en scène la guérison.
Le thérapeute doit s’affranchir de toute idée préconçue pour se rendre disponible à la thérapie.
1. Jean-Marc Benhaiem, François Roustang, L’Hypnose ou les portes de la guérison, Odile Jacob,
2012.
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