Le grand livre de l'hypnose

Grégory Tosti · Chapitre 45 sur 182

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Le grand livre de l'hypnose

Quand le virtuel devient réel

Le thérapeute proposera donc les exercices qui paraissent les plus adaptés pour permettre au patient d’avancer dans cet apprentissage à son propre rythme.

Pour quitter le contrôle, la raison, la maîtrise, il existe des techniques. Quelques-unes sont présentées au chapitre « les inductions ». On peut user de la confusion, de l’isolation sensorielle, de la focalisation de l’attention. Le principe consiste à quitter cette perception très restreinte caractérisée par la vigilance, les apprentissages, les croyances transmises par la culture, qui limitent notre perception, pour entrer dans une zone de flou dans laquelle on quitte la réflexion pour se laisser aller dans une expérience sensorielle, caractérisée par une autre vigilance, plus vaste, une sensorialité beaucoup plus large. Cette expérience consiste en un déplacement d’un système de références à un autre système, plus plastique.

 

Quand le virtuel devient réel

Patrick Richard, anesthésiste réanimateur qui use depuis des années de l’hypnose dans le cadre de l’hypno-analgésie au bloc opératoire, propose une lecture complémentaire du processus hypnotique en définissant la veille ordinaire comme étant le « réel partagé ».

Dans le cadre du bloc opératoire en particulier, il est nécessaire de faire quitter au patient le réel partagé (celui du soin) pour l’accompagner dans un réel personnel (l’imaginaire, non partagé par l’ensemble des acteurs du bloc opératoire) dans lequel il va pouvoir passer du temps (en faisant une promenade dans un souvenir agréable par exemple) pendant que le geste opératoire est réalisé.

Lorsque le sujet entre dans le processus hypnotique, il s’ouvre par l’imaginaire, à une simulation mentale où le réel passe au second plan. Le réel devient alors « virtuel » (car passé au second plan de la perception).

On peut dire que le patient s’ouvre vers une réalité qui lui est personnelle, tout en restant dans le réel partagé. Mais ce dernier passe au second plan lorsque le patient s’absorbe dans son monde intérieur. Si le sujet accepte d’aller plus avant dans le processus, il s’absorbe tellement dans ce virtuel intérieur que ce dernier devient sa réalité. Pour Patrick Richard, à ce stade du processus, le « virtuel est devenu réel ».